chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
383 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Morbid Angel - Gateways To Annihilation

Chronique

Morbid Angel Gateways To Annihilation
Gateways To Annihilation est le deuxième album avec Steve Tucker au chant et il marque également le retour d'Erik Rutan dans le groupe, celui-ci ayant auparavant pris une pause pour créer son joyau de haine éternelle. Après un Formulas To The Flesh synonyme de dévastation sonore, les quatre anges morbides vont explorer de nouveaux horizons musicaux. Le groupe aurait pu tomber dans la facilité et nous sortir un Formulas part 2. Il n'en est rien et c'est une excellente nouvelle. On peut considérer que Formulas (appelons-le FFTTF car je suis flemmard) a légèrement préparé le terrain, car il introduisait quelques ralentissements salvateurs au milieu de ce déchaînement musical. Ces changements sont confirmés et ce dès le début de l’opus.

Après une intro des plus étranges (on dirait une armée de canards marchant au pas), « Summoning Redemption » entame les hostilités. Le premier constat est clair, le son est ultra carré et encore plus puissant que sur tout les autres albums du groupe. Le recours à des guitares à 7 cordes y est pour beaucoup. Les riffs sont très tranchants et surtout d'une lourdeur assez irréelle. Il arrive qu'un même riff soit joué avec un léger décalage. L'effet est saisissant, du fait de la puissance du son, ce qui permet de créer une atmosphère unique pour chaque titre. Deuxième constat, le tempo est considérablement ralenti. Ne vous attendez pas non plus à entendre du doom dépressif et suicidaire, mais là où FFTTF partait au quart de tour, Summoning Redemption démarre sur un mid-tempo écrasant appuyé par un riff d’une puissance phénoménale. Le groupe ralentit tellement le tempo qu'il en arrive à jouer un morceau d'inspiration quasi doomesque : « He Who Sleeps ». Ce titre est une des expérimentations du groupe. Ici, tout n'est que lenteur redoutable mené par un chant d'outre-tombe. Ce n’est toutefois pas comparable avec un titre comme « God Of Emptiness », le côté désespéré laisse place à une annihilation totale de toute esprit. La fin du morceau est apocalyptique, les cloches raisonnent, tel une fin proche et inexorable, sur un riff pachydermique tandis que Pete Sandoval bat la mesure de manière magistrale.

Mais rassurez-vous (j’en vois qui restent sceptiques), Trey Azagthoth ne met pas pour autant la brutalité et la rapidité de côté. « To The Victor, The Spoils » et « Opening Of The Gates » (avec son intro coup de poing très efficace) montrent que le groupe maîtrise toujours les tempos soutenus (fallait-il encore le démontrer ?) grâce à l'incroyable dextérité de Pete Sandoval et ce, malgré un son de batterie un peu trop synthétique à mon goût. Les morceaux sont entrecoupés d’impressionnants duels guitaristiques entre Erik Rutan et Trey Azagthoth comme on n’en avait pas vu depuis Altars Of Madness. Notons que Trey sait oublier la guitare pour se mettre au chant sur « Secured Limitations » comme il l’avait fait sur FFTTF avec un style très black métal bien mieux maîtrisé, qui rend à merveille avec la voix puissante de Steve Tucker. Le morceau s'achève dans un long solo caractéristique de Trey avec son unique touche cosmique, tel une longue descente aux enfers. Lugubre et morbide à souhait.

Autre fait qui mérite d’être souligné : le chant. Beaucoup l’on critiqué sur FFTTF alors qu’il était très approprié pour ce genre d’album chaotique et redoutable. David Vincent est certainement le plus grand chanteur que Morbid Angel ait jamais connu et ce pour beaucoup, mais Steve Tucker n'a rien à envier à son illustre prédécesseur. Bien que n'évoluant pas tout à fait dans le même registre, son chant a gagné en maturité, plus rauque et plus compréhensible que sur FFTTF, ce qui renforce la noirceur et la puissance (notez comme ce mot revient souvent) des compos. C'est d'ailleurs lui qui a pris la plume sur certains titres, nous livrant des textes intenses et forts, ce qui change de l'inspiration sumérienne souvent récurrente dans le groupe. Gateways To Annihilation n’est donc pas l’album provenant de l’imagination fertile de son leader Trey Azagthoth, mais bien une œuvre composée par le groupe lui-même.

Le reste des titres ne déroge pas à la règle, la rapidité n’est plus systématique, bien que toujours présente par moment. Morbid Angel joue avec les rythmes saccadés et lents comme sur « At One With Nothing » ou encore « I » avec son break excellent. Le temps de respirer (plus ou moins) sur l’inquiétant instrumental « Awakening » qui fait beaucoup penser à « Melting » présente sur Domination, et l’album s’achève avec « God Of Forsaken » (rien à voir avec une quelconque suite de l’immense « God Of Emptiness »), de facture classique mais au combien efficace.

Force est de reconnaître que Gateways To Annihilation est incontestablement l'album le plus sombre de la discographie des américains. On pouvait s’attendre à une nouvelle démonstration de brutalité mais le groupe prend intelligemment tout le monde à contre-pied. Avec cet album, Morbid Angel nous dévoile une nouvelle facette, celle d'un groupe qui n'est que plus destructeur et redoutable quand il ralentit le tempo. C’est un mélange savamment dosé de purs moments de brutalité, de lourdeur suffocante et d’obscurité d’une profondeur comparable à celle de Covenant bien que ce dernier soit beaucoup plus mystique et occulte. Gateways To Annihilation emmène le death métal dans des contrées lointaines et lugubres, bien loin des albums à la brutalité peu inspirée et insipide. Tout simplement du grand art.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

3 COMMENTAIRE(S)

Jimmy Jazz citer
Jimmy Jazz
23/11/2016 21:40
note: 7.5/10
Découvert Morbid Angel avec la sortie de cet album. Le côté rouleau compresseur est assez jouissif lors d'une écoute des titres au coup par coup mais l'album complet d'une traite je m'ennui. Je lui préfère l'agressivité et le tranchant d'Heretic.
Ander citer
Ander
24/04/2006 16:49
note: 9/10
Pas d' accord, même si je suis moins emballé que Scum vis à vis de cet album, faut tout le lui reconnaître une certaines générosité à nous proposer de superbes soli que je qualifierais de cosmique. Une voix bien puissante, de très bons riffs, et une batteries très correct même si j' ai connu Pete Sandoval plus inspiré, achèverons de me persuader qiue GTA est un excellent album.

8 sur 10 après seulement une écoute. Gros sourire

Ha merde, j' allais oublier j' adore Secured Limitations, certainement la song qui m' a le plus marqué avec Summoning Redemption et la sublime I.
Silenced-Self citer
Silenced-Self
22/10/2005 20:54
Un album que j'avais acheté au prix fort et dont je me suis débarassé sans aucun regret (c'est le seul qui m'ait fait ça). Pourtant le Death est mon style de predilection mais là rien à faire; je comprends vraiment pas l'engouement pour ce groupe.
Pour moi tout simplement chiant à mourir. Effectivement la lourdeur des riffs est bien là Clin d'oeil

Par mesure de courtoisie je ne noterai pas cette chose.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Morbid Angel
Death Metal
2000 - Earache Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (45)  8.49/10
Webzines : (14)  8.09/10

plus d'infos sur
Morbid Angel
Morbid Angel
Death Metal - 1984 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Kawazu  (00:35)
02.   Summoning Redemption  (07:17)
03.   Ageless, Still I Am  (05:18)
04.   He Who Sleeps  (04:05)
05.   To The Victor the Spoils  (03:43)
06.   At One With Nothing  (04:34)
07.   Opening Of The Gates  (05:15)
08.   Secured Limitations  (05:40)
09.   Awakening  (01:21)
10.   I  (03:50)
11.   God Of The Forsaken  (03:50)

Durée : 44:28

line up
parution
17 Octobre 2000

voir aussi
Morbid Angel
Morbid Angel
Abominations Of Desolation

1991 - Earache Records
  
Morbid Angel
Morbid Angel
Formulas Fatal To The Flesh

1998 - Earache Records
  
Morbid Angel
Morbid Angel
Illud Divinum Insanus

2011 - Season Of Mist
  
Morbid Angel
Morbid Angel
Domination

1995 - Earache Records
  
Morbid Angel
Morbid Angel
Kingdoms Disdained

2017 - Silver Lining Music
  

Essayez aussi
שְׁאוֹל
שְׁאוֹל
Sepulchral Ruins Below The Temple (EP)

2014 - Invictus Productions
  
Apparition
Apparition
Feel

2021 - Profound Lore Records
  
Witchrist
Witchrist
Vritra (EP)

2015 - Iron Bonehead Productions
  
Corpus Offal / Undergang
Corpus Offal / Undergang
Corpus Offal / Undergang (Split 7")

2026 - Extremely Rotten Productions
  
Church Of Disgust
Church Of Disgust
Weakest Is The Flesh

2022 - Hells Headbangers Records
  

Sledgehammer
Destroy/Rebuild
Lire la chronique
Messalina
Golden Wounds (EP)
Lire la chronique
Gadget
Coerced (EP)
Lire la chronique
Coffret de bijoux
Lose Myself in You
Lire la chronique
Barren Canyon
A Virulent Steam
Lire la chronique
Ablation
Lethal Abuse (EP)
Lire la chronique
Xorsist
Aberrations
Lire la chronique
DGS
Delusional Grasp Of Sanity
Lire la chronique
Brånd
Tåg & Nåcht
Lire la chronique
Neurosis
An Undying Love For A Burni...
Lire la chronique
Converge
Hum Of Hurt
Lire la chronique
Anasarca
Achlys
Lire la chronique
Pisscorpse
Precipice of Death
Lire la chronique
Iron Maiden
Senjutsu
Lire la chronique
Dimmu Borgir
Grand Serpent Rising
Lire la chronique
Red Hot Chili Peppers
The Uplift Mofo Party Plan
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness Of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique