chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
146 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Brozerz - Des mots...pour des maux

Chronique

Brozerz Des mots...pour des maux (Démo)
Des mots pour décrire les maux de notre monde, c’est bien. Mais des mots pour rédiger un article, ce n’est pas mal non plus. Or, ceux-ci me manquent un peu au moment d’attaquer ma petite bafouille concernant BROZERZ, un duo grind qui nous propose en cet an de grâce 2025 son premier EP composé de cinq titres pour la durée modique d’un peu moins de dix minutes. Un guitariste, un batteur, deux voix qui échangent des meuglements d’hommes en colère, c’est simple, radical, sans faux-semblants.

Oh, nous n’écouterons pas le duo de Saint-Denis pour des questions de prouesses techniques, ni même pour la philosophie des propos : travailler à vélo, lister les impacts de la cocaïne, hurler à l’amour du prochain, se demander si nous ne serons pas les migrants de demain, revenir sur le procès de Mazan, autant de sujets aussi politiques que sociétaux qui mériteraient chacun des pages de développements mais cela, BROZERZ n’en a cure. Il aboie des messages clairs, nets, précis, avec des mots de tous les jours traitant des maux de tous les jours : exploitation, viol collectif, drogue, rien qui ne prête à sourire dans ce disque pourtant étrangement positif dans sa façon d’aborder les sujets, sans chichis, sans moraline à deux balles, sans jugements non plus. Juste un constat : celui d’une société qui schlingue, quel que soit le bord politique, situation probablement unique dans l’histoire du pays et de l’Europe de façon plus générale. Tu es de gauche ? Le monde pue. Tu es de droite ? Il pue également, ni plus ni moins, sans doute différemment, les raisons de la nausée varient mais l’éternel retour du concret vient te fourrer encore et encore les naseaux dans la fosse à purin. « Pas d'argent, pas de manger, pas de maison, pas de raison, pas d'abri, pas d'ami, pas de rang, pas de répit, pas de rêve, pas de couleur, pas de trêve, pas de chaleur, pas de je t'aime, pas d'emblème, que des problèmes » chantait LOFOFORA en 1996. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Rien. Qu’est-ce qui a empiré ? Tout. Ainsi se retrouve-t-on avec deux types qui prennent leur pelle et leur seau et qui, avec leurs petits moyens d’ouvriers de la musique extrême, tentent de creuser dans le sable un trou assez profond pour enterrer tous les malheurs de la société. Mais c’est un puit sans fond qu’il faudrait, des charniers de la taille d’un continent, des mégatonnes de chaux vive pour que la pourriture disparaisse enfin, cesse d’empuantir l’atmosphère.

Cinq titres désagréables comme une visite chez le dentiste, cinq titres pour te dire que si tu n’es pas un violeur camé tu vaux déjà mieux que beaucoup de tes congénères, cinq titres juste pour cracher un trop plein de bile à la gueule d’un monstre qui n’a pas de visage, autant pisser contre le vent et pourtant il le faut, ce n’est pas bien grave si tes godasses sentent la veille pisse, c’est encore une odeur de sainteté comparée à celle de la merde environnante, un blason plus noble qu’une légion d’honneur, le signe distinctif d’une résistance, une souillure digne, tout comme puer de la gueule ou sentir fort de sous les bras. Je parle encore musique là ? Plus vraiment, parce que BROZERZ n’en est pas vraiment non plus, davantage un manifeste brut, une fusée de détresse impossible à distinguer dans un ciel saccagé par les bombes au phosphore blanc entremêlées de feux d’artifices tirés depuis les yachts de luxe le long des côtes de Dubaï.

Musicalement, l’approche oscille donc entre du grind hyper basique et le crust punk, le tout propulsé par ces deux voix, l’une plutôt gutturale, l’autre davantage hurlée, hystérique, lassée et blasée de tout, dont l’écœurement absolu suinte de chaque mot prononcé, avec l’économie stylistique de ceux qui savent que, quoi qu’il en soit, de longs discours ne convaincront jamais personne plus qu’un seul slogan martelé. Technique de propagande ? Evidemment, mais sans vulgarité obscène, juste un ras-le-bol, un bras d’honneur, en revanche je ne suis pas d’accord avec le « tu mourras seul » du morceau « La peur change de camp ». Je préfèrerais un retour du pilori, des expositions en place publique, des humiliations infamantes avant effectivement une mort de solitaire, sans souffrance, comme un animal malade que l’on pique dans une salle vétérinaire de campagne pour finir ensuite dans la fosse commune, celle des sans noms, des oubliés, des petites crottes scélérates.

J’ai quand même souri durant l’écoute parce que le « Aimez-vous », bah il me faisait vachement penser au « taisez-vous ! » de Finkie dans l’émission « Ce soir (ou jamais) » en 2013 mais c’est certainement le seul moment où j’ai eu envie de blaguer parce que le reste du temps j’ai un peu la tête dans le sac quand même. Alors c’est sûr que si l’on écoute de la musique pour oublier les tracas du quotidien, BROZERZ n’est pas le remède, il est lui-même l’une des causes de la sinistrose, que d’autres appelleront « lucidité » et quand bien même nous pourrions discuter sur l’approche qu’a le groupe des problèmes qu’il met en musique, nous finirions par nous rejoindre sur le constat commun de la médiocrité environnante, du culte de la bassesse ainsi que d’une explosion de perversité dont même les pires décadents des siècles passés n’auraient pu rêver. Allez, je me suis bien débarbouillé les oreilles, maintenant, que puis-je faire pour améliorer le tableau ?

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Brozerz
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Brozerz
Brozerz
Grind - 2024 - France
  

formats
tracklist
01.   VELOTAFER  (00:46)
02.   PERLIMPIMPIN  (00:55)
03.   AIMEZ-VOUS  (01:43)
04.   MIGRANTS DE DEMAIN  (01:49)
05.   LA PEUR CHANGE DE CAMP  (01:52)

Durée : 07:05

line up
parution
17 Janvier 2025

voir aussi
Brozerz
Brozerz
Démo II Nous Deux (Démo)

2025 - Indépendant
  

Essayez aussi
Leng Tch'e
Leng Tch'e
The Process Of Elimination

2005 - Relapse Records
  
Lock Up
Lock Up
Pleasures Pave Sewers

1999 - Nuclear Blast Records
  
Rotten Sound
Rotten Sound
Cycles

2008 - Spinefarm Records
  
Lock Up
Lock Up
Hate Breeds Suffering

2001 - Nuclear Blast Records
  
Warfuck
Warfuck
This Was Supposed to be Fun

2018 - Lixiviat Records
  

Fatal Realm
Of No Consequence (Single)
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Gormoth
Winterfall
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Innumerable Forms
Pain Effulgence
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
Suicidal Madness
Nous sommes déjà morts
Lire la chronique
SoulReapers
Melody of Chaos
Lire la chronique
KEN Mode
Void
Lire la chronique
Sardonic Allegiance
Coast II (EP)
Lire la chronique
Nyctophilia
Stargazer
Lire la chronique
KEN Mode
Null
Lire la chronique
Perfidious
Savouring His Flesh
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Castle Rat
The Bestiary
Lire la chronique
Ectospire
Spiritual Dismemberment (EP)
Lire la chronique
Defamatory
Path Of No Return
Lire la chronique
Buried Souls
Here Comes the Void (EP)
Lire la chronique
Ruinous Power
Extreme Danger: Prototype W...
Lire la chronique
Kirottu
Barren
Lire la chronique
Chaos Inception
Vengeance Evangel
Lire la chronique
Enthroned
Ashspawn
Lire la chronique
Filthcrawl / Peine Kapital
Split (Split-tape)
Lire la chronique
KEN Mode
Entrench
Lire la chronique
Dead Twilight
Endless Prophecy (Compil.)
Lire la chronique
Karévana
夜明けの空へ – To the Dawn Sky...
Lire la chronique
Collier d'Ombre
Autumnal Fortress
Lire la chronique
Caronte
Spiritus
Lire la chronique
The Body
All The Waters Of The Earth...
Lire la chronique
Various Artists
Judgment Night (Music From ...
Lire la chronique