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Scour - Gold

Chronique

Scour Gold
Il faut bien l’admettre, le line-up est dingue, tellement dingue que cela devient pénible de tout citer : à la basse, John Jarvis (AGORAPHOBIC NOSEBLEED ; PIG DESTROYER), à la batterie, Adam Jarvis (MISERY INDEX ; PIG DESTROYER ; LOCK UP), aux guitares Derek Engemann (ex-CATTLE DECAPITATION) et Mark Kloeppel (MISERY INDEX), Phil Anselmo au chant. Et depuis 2016, à un ou deux intervenants près, tout ce petit monde s’exerce aux joies du black metal, d’abord avec trois EP (« Grey » ; « Red » ; « Black ») puis enfin avec un véritable album via ce « Gold » quasi messianique. Allons, reste mesuré dans tes propos mon petit bonhomme…

Parce qu’évidemment, il y a au moins une chose qui ne pourra jamais être enlevée à la formation, c’est de savoir jouer de la musique extrême sur des tempos rapides. Tu n’as pas une paire de Jarvis dans ta manche pour la jouer petit bras ou tenter des tempos au ralenti. Nope. Tu blastes comme un porc, ce n’est pas grave de ressembler à MARDUK ou au DARK FUNERAL du temps de sa flamboyance, voire bizarrement à ANTAEUS pour le côté chaotique ainsi que le chant régulièrement grave, puisque les mecs sont tous très au-dessus du panier moyen de la ménagère de moins de cinquante ans. Donc, sur le papier, tu te régales, tu t’en fous plein la margoulette et c’est marre, « Gold » devient un LP goldé, voilà tout. Et c’est vrai qu’en écoutant ces treize compostions, j’ai rapidement tendance à avoir la main qui descend vers la braguette pour me tripoter le Kojak. Sauf que…

Sauf que je suis un sale petit peine à jouir. Parce que même si tous les musiciens sont des brutes accomplies dans leur domaine, le black, cela n’a jamais été vraiment leur créneau. Certes, Anselmo a officié dans VIKING CROWN (et l’on ne peut pas vraiment dire que les deux albums parus furent des réussites) et les autres musiciens ont tellement traîné leurs savates un peu partout que, dans le lot, il y a bien une ou deux formations de black mais il est difficile d’affirmer que les mecs sont du sérail. Nous les connaissons surtout pour leurs carrières grind ou death, c’est déjà énorme, mais pas forcément suffisant pour s’acheter un habit black metal. Car le fond du sujet est exactement là pour moi : en écoutant « Gold » je me régale d’un très bon album de musique radicale, très radicale même étant donné la virulence des rythmes et des vocaux, mais je n’ai à aucun moment le sentiment de parcourir un album de black metal. Du death black moderne à la limite, du grind black sur les bords mais même en blastant à la vitesse d’un « Panzer Division Marduk », le chant d’Anselmo n’est jamais autre chose que ce qu’il est : meilleur dans le guttural (bien meilleur même) que dans le criard, et encore le criard me semble sonner davantage comme du sludge crade que véritablement du black.

En soi ce n’est pas et ça ne devrait pas être un problème. De toute façon, avec une formation pareille et un label tel que Nuclear Blast Records en support, tu as la garantie que le groupe sera sur toutes les affiches de festival de l’année. C’est normal car ce « Gold » il est très costaud sur ses appuis, sauf qu’il a été pensé par des mecs qui ont aujourd’hui entre quarante et soixante ans. Pourquoi je dis cela ? Non pas par jeunisme, ce serait mal venu de ma part, mais parce que quel que soit le bout par lequel tu prennes l’album, tu pourrais trouver cent fois plus radical à mettre en face. La facette grind ? Inutile de chercher bien loin, le catalogue Lixiviat Records est à disposition. Et même les groupes dont les musiciens ici présents sont issus sont largement meilleurs dans ce registre. Le black alors ? Aucun groupe de brutal black ne se serait permis le solo à la guimauve d’« Infusorium » et si tu es un fan de ce genre, je doute que SCOUR t’excite réellement car malgré tout le respect que j’ai pour ces messieurs, le propos me semble assez superficiel, n’allant pas au-delà du désir d’expérimenter un style supplémentaire, et ce même si c’est parfaitement exécuté (« Coin »). Enfin, si j’ai envie de me farcir du bon death grind, bah je ressortirai mes vieux MISERY INDEX, indétrônables.

En définitive, il me gêne un peu cet album de SCOUR. Les protagonistes seraient inconnus, j’aurais pris une branlée. Cela ne m’aurait pas empêché de faire la moue face à l’appellation black metal mais l’intensité générale m’aurait aidé à relativiser. Néanmoins au regard des personnes en présence, je me sens obligé de minorer la surprise, la principale venant in fine des vocaux de Phil Anselmo, parfois méconnaissables. Je le trouve cependant bien plus impressionnant dans ses growls que dans les parties hurlées, prépondérantes évidemment. Il demeure que les fessées sont nombreuses (« Invoke »), souvent cuisantes, et qu’en écrivant cet article j’ai le sentiment d’intenter un mauvais procès à SCOUR car, bien entendu, la question de l’intégrité ne se pose à aucun instant. Pourtant, aussi bon que l’on soit, avoir envie de se frotter à un genre n’est en rien une garantie d’y réussir. Certes, la technicité assurera une forme d’excellence, les types ont tous au moins vingt à trente ans de pratique derrière eux, évidemment que ça envoie du super lourd, mais tu as beau exceller, il y a des limites. Anselmo est magnifique dans PANTERA et DOWN, il a fait de belles choses avec SUPERJOINT RITUAL mais pour moi ça n’a jamais été un chanteur de black metal, idem pour les autres musiciens. Je ne vais pas refaire leurs palmarès mais il y a, à mon avis, une frontière entre avoir la capacité de jouer un style musical et avoir la fibre pour jouer un style musical. Les meilleurs dans leurs registres respectifs, ce sont ceux où cette fibre se ressent, ceux où tu as le sentiment qu’ils ne pourraient jouer rien d’autres, que c’est dans leur ADN. Or, ici, l’ADN des mecs il est trop dilué, cela s’entend moins dans des groupes grind death ou stoner mais c’est en revanche flagrant sur une musique aussi marquée que le black. Pas impressionné (bon, si, un peu tout de même).

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Scour
All-Star Black Metal
2025 - Nuclear Blast Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (1)  7.5/10
Webzines : (3)  7.57/10

plus d'infos sur
Scour
Scour
All-Star Black Metal - 2015 - Etats-Unis
  

formats
tracklist
01.   Cross  (02:16)
02.   Blades  (02:34)
03.   Infusorium  (03:47)
04.   Ornaments  (01:54)
05.   Coin  (03:30)
06.   Evil  (02:47)
07.   Devil  (02:55)
08.   Contaminated  (02:24)
09.   Hell  (02:33)
10.   Invoke  (03:14)
11.   Gold  (04:00)
12.   Angels  (02:07)
13.   Serve  (03:23)

Durée : 37:24

line up
parution
21 Février 2025

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