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Idiot Child - The First Breath Is the Beginning of Death

Chronique

Idiot Child The First Breath Is the Beginning of Death
Découvert tout récemment grâce à un excellent split, les deux titres qui y étaient proposés m’ont donné l’envie de connaître davantage la personnalité torturée des Suédois d’IDIOT CHILD, choisissant donc de façon totalement arbitraire de m’intéresser, plutôt qu’au premier éponyme, au deuxième LP, « The First Breath is the Beginning of Death », qui a la particularité de proposer deux pochettes différentes : l’une pour la version indépendante, l’autre pour celle parue chez Bent Window Records. Autant la seconde dégage une espèce d’horreur expressionniste dérangeante, autant la première ne cache rien du respect que semble porter la formation à EYEHATEGOD, ces photos anthropométriques dans les coins ne pouvant que rappeler l’illustration du célèbre « Take as Needed for Pain ».



La pomme, surtout quand elle est pourrie, ne tombant jamais loin de l’arbre, il va de soi que les fans de la première heure des Américains n’auront aucune raison de se plaindre de cet album dont les dix titres (plus la reprise d’« Attitude » de SEPULTURA) portent tous les stigmates du sludge et de la gangrène à son stade vert noirâtre. Pourtant, réduire le quintette à cette comparaison ne rendrait absolument pas compte du contenu réel de ces près de quarante minutes de torture auditive. En effet, si le tempo se veut évidemment aussi pesant que moite, notamment grâce au boulot incroyable d’Isak Svensson à la basse (« Narco Mud »), la formation développe des influences qui me semblent bien plus étendues que le metal, lorgnant plus que de raison sur le hardcore ainsi que le noisecore, notamment dans les dissonances des guitares. J’irais même jusqu’à dire qu’il y a un peu de grunge ultra cradingue, par exemple lors du riff introductif monstrueux de « I Am a Disease », l’un des temps forts du disque.

Par-dessus ce bourbier, véritable cimetière des claustrophobes, se hisse le chant saccagé de Mikey Engelberger, le frère ainé du batteur, hélas décédé en août 2024, ce qui précipitera la fin de la formation… Sa voix, proche de Mike Williams dans ses hurlements blasphématoires, sait cependant se faire plus variée, atteignant l’intensité du death metal (« Pollution »), ou alors se distordre telle un Steve Austin halluciné venu du froid, avec toute la haine dont était capable un vocaliste qui œuvrait également en parallèle dans des formations de black metal (GLORIFIERA, OFFERSTIGEN), aussi confidentielles soient-elles.

Le final fini aux larsens aigres de « Sludgewater » illustrera parfaitement tout ce qu’a essayé d’atteindre le groupe durant cet album : souiller en permanence, écraser, avilir l’auditeur, avec une réussite insolente. Il n’y a guère qu’« Attitude » qui me laissera plus circonspect, la copie trop fidèle n’arrivant pas à égaler l’épaisseur suffocante de l’originale, ajouter de la distorsion sur les instruments et le chant ne faisant que verser un peu de saleté sur un morceau déjà parfait en soi (oui, j’adore « Roots », c’est mon album favori des Brésiliens après « Arise »).

Même si cette chronique ne changera rien au destin brisé (ça c’est mon côté amateur des téléfilms « Combats de femme » sur M6) d’IDIOT CHILD, il reste encore la possibilité de se repaître de ce disque abyssal, dénué d’espoir, de joie, de pitié et uniquement concentré sur l’éradication du sain, du beau. Et comme les membres semblent être jeunes (le batteur a vingt-quatre ans), il y a fort à parier qu’ils finissent par poursuivre l’aventure, probablement sous un autre nom mais si les ambitions sont les mêmes, il faudra être au rendez-vous. En effet, si j’occulte le deuil légitime d’une perte encore récente, je peine à croire qu’un tel talent pour l’ignominie se termine ici car, à mon goût, IDIOT CHILD redonne au sludge son parfum initial, celui des égouts, des marécages, des trucs qui macèrent, et je prends alors conscience de l’inanité de tant de groupes se revendiquant de cette étiquette mais qui sentent l’air wick là où la moindre note devrait puer la décomposition.

Pas un grand disque mais un disque fort, prenant, qui te fait ressentir des émotions désagréables. À rebours, je suis fan.

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Idiot Child
Sludge Metal
2024 - Indépendant
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  7.33/10

plus d'infos sur
Idiot Child
Idiot Child
Sludge Metal - 2021 † 2024 - Suède
  

formats
tracklist
01.   Stalemate  (02:54)
02.   Pathetic Animal  (03:29)
03.   Twice Is Not Enough  (01:48)
04.   Lifeless  (02:54)
05.   Subhuman Bondage  (02:39)
06.   Narco Mud  (03:41)
07.   Power on Misery  (04:42)
08.   Pollution  (03:26)
09.   I Am a Disease  (04:12)
10.   Sludgewater  (05:42)
11.   Attitude (Sepultura cover)  (03:19)

Durée : 38:46

line up
parution
19 Avril 2024

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