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Desaster - Kill All Idols

Chronique

Desaster Kill All Idols
Désormais quinquagénaires mais toujours aussi fringants les inamovibles Markus Kuschke et Volker Moritz continuent de faire vivre leur vaisseau amiral avec la même envie sans changer quoi que ce soit à leur ligne de conduite, ce dont tout le monde s’accommode très bien. Car malgré le temps qui passe on sait par avance à quoi s’attendre avec eux… surtout que la qualité est toujours au rendez-vous, à l’instar de ce dixième album qui fait suite au réussi « Churches Without Saints » malgré son manque de titres forts. S’il a un peu ralenti l’allure du côté de ses sorties en revanche le quatuor reste redoutable avec son Black/Thrash simple, rugueux et agressif... et ce nouveau cru en est un élément de plus qui sans se placer en haut de sa désormais longue discographie a tout ce qu’il faut pour faire passer un bon moment… surtout qu’avec ses trente-sept minutes au compteur il est le disque le plus court du groupe depuis le redoutable « Satan’s Soldiers Syndicate » en 2007. Pas le temps donc ici pour tergiverser et c’est tant mieux tant parfois la formation a eu tendance à s’étirer trop inutilement dans un passé encore récent, ce qui fait que ce « Kill All Idols » est parmi ce que les gars ont fait de plus direct et rentre-dedans depuis un bon moment… comme un clin d’œil à leurs débuts, un sentiment renforcé par cette pochette délicieusement rétro qui sent bon les vieilles démos et Ep autoproduits.

Si on reste loin d’un son rudimentaire de cave et de plans ultra-primitifs force est de reconnaître que le contenu ici présent n’a rien à envier aux précédentes sorties, même si on va avoir droit à deux compositions hyper courtes et dans la droite ligne de ce qu’a sorti la bande au début des années 90. En effet le morceau-titre et « They Are The Law » vont être expédiés en à peine plus de cent-vingt secondes sans qu’on ait eu le temps de se retourner ou de réfléchir, tant ici l’énergie déployée lorgne franchement vers le Punk avec le riffing minimaliste et une batterie rudimentaire qui joue sur la vitesse quasiment de façon continue. Et si la première de ces deux plages va trouver le moyen d’offrir un peu de variations par l’apport de courts plans bridés et remuants la seconde ne va pas baisser d’un iota, offrant même un court solo décharné et joué à l’arrache en renforçant donc ce ressenti crade et puant où tout est taillé pour la scène. Avant tout cela on aura aussi été très satisfait de l’écoute de « Great Repulsive Force » simple et efficace dans son exécution, où ça va alterner entre brutalité primale et parties plus lourdes et inquiétantes idéales pour secouer la tête, et proposer ainsi un soupçon d’accents épiques du plus bel effet. Si ceux-ci vont être mis plus en avant sur le varié et excellent « Emanation Of The Profane » (où le mid-tempo est à l’honneur comme les cassures régulières), c’est surtout sur le sauvage et magnétique « Towards Oblivion » qu’ils vont se mettre définitivement en selle et exploser au grand jour. Car après un démarrage qui sent bon Eddie Van Halen (« Eruption ») la suite va franchement nous emporter dans un univers digne de « Mad Max » aux accents DESTRÖYER 666 affirmés hauts et forts, vu que ça va être entraînant entre rapidité et médium au milieu d’une froideur extrême et une haine communicative où le terme d’équipée sauvage n’est pas usurpé. Figurant sans doute dans le haut du panier de cette galette ce patchwork jouissif montre que l’âge n’a pas d’impact sur ses auteurs qui continuent à avoir la pêche comme l’inspiration… et nul doute que tout cela va aisément trouver sa place sur scène très rapidement, tant il y a tout pour faire un carton dans la fosse comme auprès du public.

Néanmoins il faut rester vigilant et ne pas trop s’enthousiasmer tant on sait que les gars ont la fâcheuse tendance à parfois s’assoupir en cours de route, en proposant quelque chose de plus plan-plan et moins inspiré… c’est le cas ici de « Ash Cloud Ritual » et « Stellar Remnant » qui s’ils sont loin d’être ratés manquent d’un truc pour qu’on arrive à véritablement accrocher bien que cela reste cohérent et convaincant, mais ça se traîne un peu trop et devient même légèrement poussif à vouloir abuser des ralentissements. En revanche on pourra clairement passer l’interminable « Fathomless Victory » qui n’arrive jamais à décoller en proposant les mêmes idées en boucle et sans parvenir à captiver, la faute à un manque criant de variété rythmique (ça reste désespérément calé en mode sénateur) conjugué à un côté bourratif dont on ne retient pas grand-chose finalement.

Mais heureusement cela ne sera que passager vu qu’au final on a de quoi être largement satisfaits du rendu proposé, d’ailleurs entre tout cela « Throne Of Ecstasy » va mettre en avant tout le panel de jeu de ses auteurs pour remettre une pièce dans la machine, qui se relance totalement et prouve que les anciens ont toujours leur mot à dire au sein de la scène d’outre-Rhin toujours inusable et pas encore décidée à rendre les armes. Alors oui DESASTER reste et restera toujours un outsider local et cet enregistrement n’atteindra jamais les sommets, mais ça se place dans la moyenne de ce qu’ils ont proposé jusqu’à aujourd’hui via des disques sans véritables fausses notes et relativement homogènes. Si effectivement ici c’est un peu inégal les bons points compensent largement les petites erreurs évoquées précédemment, et l’on ne tiendra pas compte du sentiment de recyclage éculé qui fait partie du charme des Teutons qui offrent exactement ce qu’on attend d’eux. En tout cas après plus de trois décennies d’existence il est rare encore d’offrir de la nouveauté si attrayante, tant d’autres grands noms d’Allemagne ne sont plus capables d’offrir cela depuis longtemps (KREATOR, DESTRUCTION), et rien que ça c’est déjà beaucoup finalement… et de fait on ne peut que féliciter l’entité pour cela car ça n’est pas donné à tout le monde. Preuve donc de son talent malgré la reconnaissance qui lui a toujours manqué… sans que cela n’ait eu d’impact sur son envie d’en découdre vu qu’elle a une carrière que beaucoup peuvent envier, et qu’elle est sans doute loin d’être terminée à l’heure actuelle.

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Desaster
Black/Thrash
2025 - Metal Blade Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  7.86/10

plus d'infos sur
Desaster
Desaster
Thrash/Black - 1988 - Allemagne
  

tracklist
01.   Great Repulsive Force  (03:41)
02.   Emanation Of The Profane  (04:03)
03.   Towards Oblivion  (04:31)
04.   Kill All Idols  (02:27)
05.   Ash Cloud Ritual  (04:27)
06.   Fathomless Victory  (06:58)
07.   Throne Of Ecstasy  (03:29)
08.   They Are The Law  (02:14)
09.   Stellar Remnant  (04:11)
10.   Idol's End (Outro)  (03:06)

Durée : 39:07

line up
parution
22 Août 2025

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