chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
63 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Immolation - Close To A World Below

Chronique

Immolation Close To A World Below
Nous sommes en 2000. Le chiffre symbolique a été atteint (et dépassé) sans encombres et sans trop de dommages, si l'on excepte la disparition programmé de quelques sectes millénaristes et de millions de litres d'alcool (sans oublier les cachets d'aspirines du lendemain). Point de bug informatique, ni d'Apocalypse ou de torrents de sang, pour un peu on serait presque déçu… Ce passage supposé au nouveau Millénaire (qui n'a en réalité pas débuté en 2000, mais passons) par rapport à la date d'anniversaire de l'ami JC, n'a pas échappé à la perspicacité d'Immolation, qui entame cet album par un laconique

« Didn't you say… Jesus was coming ? »

Et c'est parti pour un voyage interminable au plus profond des entrailles de l'Enfer, direction plein Sud en sortant du Paradis… Ames sensibles et à la vocation religieuse affirmée, prière de rester sur la bordure du quai et de n'entrez sous aucun prétexte…

Jamais auparavant un album de Death Metal n'avait éveillé de tels sentiments chez moi. Pour moi le Death était avant tout un bon défouloir, voire dans ses aspects les plus mélodiques une évasion certaine et toute aussi agréable. Mais c'est véritablement avec cet album d'Immolation (mon premier du groupe) que j'ai découvert une autre facette du genre, une facette beaucoup plus sombre et étrangement attirante que le groupe de Gore / Grind / Death basique.

Tout cela tient déjà à des riffs hors du commun, marque du fabrique du groupe depuis ses débuts, et qui aurait pu s'affirmer déjà sur « Failures for Gods » si la production de l'album en question permettait de les entendre distinctement.. Rob Vigna, compositeur principal du groupe, a en effet un style de « riffing » très particulier, que je n'ai retrouvé encore dans aucun autre groupe, et qui dégage réellement quelque chose de bien plus poisseux et méphitique que tout autre riff supposé « malsain ». Loin de se limiter à ça, le groupe aime également inclure des mélodies lancinantes, qui sont à des lieux de la petite ritournelle joyeuse qu'on écoute en boucle en pensant à des prairies ensoleillés en plein mois d'Août. Ici, l'image la plus appropriée serait plutôt une plaine désertique et stérile, longée par le Styx, le fleuve de l'oubli (pour rester dans les références mythologiques et infernales).

C'est donc dans un voyage vers les abysses les plus profondes que nous entraîne Immolation, qui démarre dès le premier blast de « Higher Coward ». Fini la production poussive de « Failures for Gods », le groupe renoue avec Paul Orofino mais se dote enfin d'un son à la mesure de sa musique, puissant et ravageur. Ross Dolan est toujours magistral au chant, cette façon qu'il a d'aligner les paroles sur un ton implacable et de façon posée, sans hurler d'aucune façon… comme s'il nous lisait un livre à la conclusion fatale et irrémédiable, est tout simplement formidable. Le jeu de batterie d'Alex Hernandez est également à souligner, tant il ne ressemble à aucun autre : son utilisation constante des fûts, les signatures rythmiques improbables des riffs de Vigna auxquels il s'adapte systématiquement avec brio… on parle rarement de lui mais ce batteur mérite bien des éloges.

Et au milieu de tous ces musiciens, il y a ces 8 titres, comme toujours chez Immolation. La brutalité la plus pure s'exprime sur « Higher Coward », « Furthest from the Truth » ou « Put My Hand in the Fire », qui gardent cet esprit immédiat de brutalité inhérent au genre pratiqué, mais n'oublient jamais le break en milieu de titre qui pose mélodie lancinante sur solo torturé, accompagné de l'implacable Dolan qui proclame : « Put My Hand in the Fire / Put my Head in the Flames / I can believe /I know it hurts / My Skin is melting / I know it's real / My skin is melting / And it feels so right… » (1min55 sur “Put my Hand in the Fire”). Certains titres sont presque “groovy” en comparaison, notamment ce “Lost Passion” dont le riff d'intro rythmerait à merveille la progression d'une procession funéraire…
Le « tube » de l'album sera sans conteste « Father…you're not a Father », alignant refrain mémorable, rythmiques impressionnantes (écoutez le passage entre 1min30 et 1min54) et une surprenante accélération blastée à l'intensité remarquable.
De tous ces moments d'éclats, mon passage préféré est sans conteste la toute fin de « Fall from a High Place », de 3min24 jusqu'au terme du titre, ou se mêlent roulements de batterie interminables, mélodie lancinante, riffs de fin du monde, et Dolan répétant en boucle « Hang me high above all and nail me to forever / Never let me fall from this highest of places »..

L'album aurait aussi bien pu se conclure sur un tel titre qu'il aurait déjà été dans mon panthéon personnel du genre, mais Immolation fait encore mieux en proposant en guise de voyage final le titre éponyme, qui s'étend sur pas loin de 8 minutes et dont la lente progression jusqu'au climax final est tout bonnement savoureuse. La toute fin du titre, tel une sombre conclusion sans espoir de retour, associe elle aussi le schéma « mélodie hypnotique / déchaînement du batteur / descente progressive du volume sonore », nous entraînant irrémédiablement avec elle au fond du gouffre, gouffre au fin fond duquel certaines « choses » nous invitaient à les y rejoindre depuis… depuis le début de cet album magistral tout simplement.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

9 COMMENTAIRE(S)

Chri$ citer
Chri$
03/12/2008 21:21
note: 9.5/10
je réécoute cet album, il me fout tjs des frissons meme des années après...la marque des grands albums.
Ander citer
Ander
17/06/2008 23:50
note: 9/10
Pas grand chose à ajouter, chro très complète.

J'adore la façon de chanter de Ross Dolan avec ce côté implacable (raaah ces textes anti-chrétiens :twistedSourire, et ses espèces de hallement à la fin de chaque phrase qu'il prononce...

Et effectivement Father, You're Not A Father est vraiment un hit en puissance raaah cette accélération et ce riff avant le solo! Hail

Par contre j'épprouve déjà un sentiment de lassitude à l'écoute de cet album, peut-être parce que je connaissais pas mal de titres avant de l'acheter!

Allez prochaine étape: Dawn Of Possession! Une chronique est prévue d'ailleurs? C'est le seul qui manque à ton tableau de chasse Chris!
Backstaber citer
Backstaber
28/11/2005 10:37
Il est mortel certes mais pas incroyable comme peuvent l'être les deux précédents !

Magle ?
Chri$ citer
Chri$
27/11/2005 20:13
note: 9.5/10
il est mortel "Unholy Cult", déconne pas Breton! Moqueur
chronique bientot
Backstaber citer
Backstaber
27/11/2005 18:10
Mais qu'est ske vous avez tous avec "Unholy Cult" ? :/

Il est très bon certes mais ça annonce un peu la bous e de "Harnessing Ruins" à savoir une redite de plans de "Close to ..."

Mais bon il est bandant kan même ! Headbang
pj666 citer
pj666
27/11/2005 17:49
Sacré ambiance en effet sur cet album et sur Unholy Cult, vraiment excellent !!
GanjannibaL citer
GanjannibaL
27/11/2005 16:07
note: 8.5/10
Le meilleur album d'Immolation avec le Unholy Cult m/
Scum citer
Scum
27/11/2005 14:58
Encore un autre album figurant sur la liste d'attente.
Ah ce Father You're Not A Father... Superbe m/
Backstaber citer
Backstaber
27/11/2005 14:56
Headbang

Plus puissant que "Failures ..." mais moins poisseux et tortueux !

mais putain kc'est bon !!

9/10

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Immolation
Death Metal
2000 - Metal Blade Records
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs : (39)  8.65/10
Webzines : (17)  8.88/10

plus d'infos sur
Immolation
Immolation
Death Metal - 1988 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Higher Coward  (05:00)
02.   Father, You're Not A Father  (05:03)
03.   Furthest From the Truth  (04:26)
04.   Fall From A High Place  (04:37)
05.   Unpardonable Sin  (04:34)
06.   Lost Passion  (05:40)
07.   Put My Hand In The Fire  (04:12)
08.   Close To A World Below  (08:19)

Durée : 41:51

line up
parution
6 Novembre 2000

voir aussi
Immolation
Immolation
Hope And Horror (EP)

2007 - Listenable Records
  
Immolation
Immolation
Here In After

1996 - Metal Blade Records
  
Immolation
Immolation
Majesty and Decay

2010 - Nuclear Blast Records
  
Immolation
Immolation
Providence (EP)

2011 - Scion Audio Visual
  
Immolation
Immolation
Shadows In The Light

2007 - Listenable Records
  

Essayez aussi
Lvcifyre
Lvcifyre
Svn Eater

2014 - Dark Descent Records
  
Oraculum
Oraculum
Always Higher (EP)

2017 - Invictus Productions
  
Entrapment
Entrapment
Lamentations Of The Flesh

2014 - Soulseller Records
  
Drawn And Quartered
Drawn And Quartered
Return Of The Black Death

2004 - Moribund Records
  
Deathcult
Deathcult
Beasts Of Faith

2016 - Invictus Productions
  

Odraza
Rzeczom
Lire la chronique
Ectoplasma
White-Eyed Trance
Lire la chronique
Violence Gratuite
EPonyme (EP)
Lire la chronique
Laetitia in Holocaust
Fauci Tra Fauci
Lire la chronique
Winter Deluge
Degradation Renewal (EP)
Lire la chronique
Nekrovault
Totenzug : Festering Peregr...
Lire la chronique
Infestment
Human Altar (Démo)
Lire la chronique
Naglfar
Cerecloth
Lire la chronique
Asofy
Amusia
Lire la chronique
Helfró
Helfró
Lire la chronique
Infestment
Maggots In Your Brain (Démo)
Lire la chronique
Serment
Chante, O Flamme de la Libe...
Lire la chronique
Unearthly Trance
V
Lire la chronique
Kurnugia
Forlorn And Forsaken
Lire la chronique
Misanthrope
Lire l'interview
Iku-Turso
Pakana
Lire la chronique
Massacre
From Beyond
Lire la chronique
Bâ'a
Deus Qui Non Mentitur
Lire la chronique
Hellsodomy
Morbid Cult
Lire la chronique
No/Más
Last Laugh (EP)
Lire la chronique
Groupe Mystère
Album mystère
Lire la chronique
Esoctrilihum
Eternity Of Shaog
Lire la chronique
Amyl And The Sniffers
Big Attraction & Giddy Up (...
Lire la chronique
Sodomisery
The Great Demise
Lire la chronique
ACxDC
Satan Is King
Lire la chronique
Dynfari
Myrkurs Er þörf
Lire la chronique
Hyems
Anatomie des Scheiterns
Lire la chronique
Massacre
Back From Beyond
Lire la chronique
Abhorrence
Evoking The Abomination
Lire la chronique
Resent
Crosshairs
Lire la chronique