Unviâr - Disglaç
Chronique
Unviâr Disglaç
Quel froid, On se unviar un peu ! Je sais, je n’utilise pas le mot correctement… C’est un nom et pas un verbe, et en plus ça signifie « hiver ». Bravo à celui qui a fait la remarque ! Il comprend donc le frioulan. Le frioulan, c’est la langue de cette région du nord-est de l’Italie, coincée entre la Vénétie et la Slovénie. J’imagine que peu d’entre nous sont calés sur l’histoire de cette zone géographique, mais sachez qu’elle possède une identité culturelle très distincte. Le groupe italien UNVIAR vient évidemment du Frioul, et il en est tellement fier qu’il a décidé d’axer son premier album de black metal sur ce thème. Le nom du groupe signifie donc « hiver », et celui de son album, Disglaç, se réfère au dégel. Sans surprise, les titres des morceaux suivent cette logique : "Nevere", qui désigne un « lieu de neige » et évoque le froid, la montagne ou la nature hivernale du Frioul, ou encore "Ritîr", qui symbolise « le retrait », l’isolement ou la méditation.
Ce groupe fait donc partie de ceux, nombreux, qui choisissent de parler de leur terre, de leurs racines précises, comme par exemple BRZASK avec Der Wanderer im Riesengebirge il y a tout juste quelques semaines. C’est une thématique qui apporte une identité et une personnalité certaines, à condition que la musique parvienne à créer des images fortes. Il est essentiel que les compositions imposent des paysages et des ambiances fidèles à ceux du lieu évoqué. Or, je n’ai pas eu l’impression que cela fonctionnait pendant ces 45 minutes. Je reconnais que les quatre membres maîtrisent leurs instruments et savent construire leurs morceaux, mais je ne peux pas dire clairement à quoi pourrait ressembler le Frioul. Je n’ai pas été transporté dans leurs contrées, et je n’ai pas non plus été poussé à m’y intéresser davantage.
La réussite de ces cinq compositions tient toutefois à leur équilibre entre puissance et douceur, créant ainsi un album où la « force tranquille » domine. Certains passages se montrent très nerveux – avec des vocaux sombres et habités – tandis que des riffs plus clairs viennent contrebalancer l’ensemble. Le problème, c’est que l’équilibre est bon sans être marquant. Les morceaux sont bien construits, mais il leur manque cette étincelle qui les rendrait indispensables. C’est un peu rageant, mais la « force tranquille » dépasse parfois la frontière de l’ennui, sans doute parce que les structures restent trop similaires durant de longues minutes. Les titres s’étirent un peu trop, entre 7 min 30 et 11 min 30.
Ce premier album est honnête, sérieux, bien travaillé. Mais ce premier album est aussi mesuré, trop sage, et manquant de souffle.
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