Je crains qu’il ne me soit difficile de montrer un quelconque enthousiasme à l’égard de ce nouvel effort des Suédois de
ROT FESTER, après un premier timide coup de semonce lancé en 2024 avec l’EP
Condone and Condemn. Non pas que le
Death Row en question soit un mauvais disque, loin de là, c’est juste que ces cinq titres basiques de
death metal laissent un arrière-gout fadasse une fois la première bouchée avalée.
Le quatuor, formé autour de vieux briscards de leur scène nationale, pratique un style qui ferait passer
GOREFEST pour un monstre de technique et, globalement, la formation essaie de jouer sur différents tableaux même si son
riffing demeure rudimentaire contre vents et marées.
D’un côté, il y a la dimension ultra simpliste des secondes divisions bataves ou allemandes : chant guttural d’ours mal léché, riffs de débutant premier cycle d’un conservatoire déprécié de province, mid-tempos balourds. De l’autre, il y a la volonté d’intégrer à presque chaque composition un peu de mélodie, au sens suédois du terme. Cela passe notamment par des solos soignés, des refrains qu’on imagine mémorisables (« Death Row »), des mélodies à deux guitares… Et parfois, par-dessus ce mélange déjà moyennement convainquant, un réflexe purement
rock ’n roll se greffe afin d’égayer le tout.
Pourtant, impossible d’affirmer que la formation est décevante car, avec « Another Storm Brewing », elle sait montrer une facette plus aguichante. En effet, grâce à un rythme quasiment
doom stoner où la voix profonde de
Daniel Tjernberg semble enfin être dans son élément,
ROT FESTER nous prouve qu’il peut avoir de bonnes idées, voire surprendre son auditoire. De plus, le
mastering ayant été assuré (de même que le précédent) par
Dan Swanö, un mec qui sait comment faire sonner le
metal, même lorsqu’il est quelconque, on se retrouve avec une excellente production, granuleuse à l’image d’une musique pas très propre sur elle mais où les clichés sont trop nombreux (« Prisoner of War » par exemple).
Il reste que si l’on passe parfois un bon moment, et je pense notamment à « Rot Fester » qui fonce tête baissée sans aucun discernement, cette parution me fait néanmoins davantage penser à un délire entre potes qu’à un projet abouti ayant vocation de perdurer, de se développer. C’est sûr, ce n’est pas cette sortie qui nous filera une migraine à force d’essayer de comprendre les structures et ça se déguste tel un encas lourdingue qu’on finit par laisser de côté, un peu comme quand un mec bourré qu’on ne connaît pas vient taper la discute au bistrot. Cela peut être évidemment la chic rencontre mais aussi s’éterniser de trop. Ici, une fois admis que le premier et le dernier titre sont de bons morceaux, le reste navigue inlassablement dans les eaux internationales du convenu, même pas vraiment marrant à cause d’un délire
gore particulier ou d’une petite singularité attachante…
M’étant acquitté de mon devoir, je vais à présent pouvoir me tourner vers des horizons meilleurs, sans acrimonie, les Suédois mettant beaucoup d’énergie et de
groove dans leur
death metal primitif mais je n’imagine pas qu’il y ait à ce stade matière suffisante à l’écriture d’un album.
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