Nouveau venu sur la scène
death metal mélodique, je tâcherai de me montrer ouvert pour évoquer
Hindrance, premier EP de la formation lorientaise. Ouvert et clément car il faut avant tout respecter le travail qu’a nécessité la mise en boîte de ces quatre compositions, dont un clip pour « Rude Awakening », j’y reviendrai ultérieurement.
Concernant les aspects positifs, je pourrais déjà dire que l’enregistrement s’avère soigné avec notamment un juste équilibre entre chaque instrument : le clavier, bien que central, n’est jamais invasif, les guitares savent se mettre en évidence lors des parties instrumentales, le chant occupant quant à lui l’exacte place nécessaire : couplets, refrains, le
frontman ne cherche jamais à trop en faire. Cela peut sembler être une évidence mais comme il arrive que les groupes masquent l’indigence de leurs compositions par un
flow continu de vocalises, l’usage maîtrisé de ces dernières tend à démontrer que le groupe a confiance en ses riffs. Enfin, si
ÆLORN campe toujours sur des mid-tempos, peu importe que ce soit un choix stylistique ou une carence technique ne permettant pas encore de jouer plus rapidement, on entend que les musiciens sont en recherche constante d’accroches, de mélodies sans jamais sombrer dans le fossé du
metalcore. J’apprécie franchement l’intention.
En revanche, mes faveurs métalliques n’iront guère au-delà des écoutes nécessaires à la rédaction de cet article. En effet, outre le fait que le
mélo death n’est que rarement ma tasse de thé, le caractère extrêmement convenu de
Hindrance ne m’incitera pas aux prolongations. Les riffs saccadés, les duels de guitares, les envolées de clavier, les paroles que l’on reprend virilement le poing levé, même si le chant reste constamment agressif, tout cela manque encore trop d’identité, de débordements, l’application à proposer quelque chose de professionnel semblant parfois prendre le pas sur le fait que c’est avant tout de
death qu’il s’agit et qu’il n’est donc peut-être pas nécessaire de sonner de façon aussi lisse. Il faudrait vraiment muscler le jeu.
Un mot également sur la vidéo de « Rude Awakening » : c’est une opinion personnelle, je n’accroche pas du tout à cette mode de faire danser des femmes dans la nature afin d’illustrer des musiques plus ou moins extrêmes. Déjà lorsque c’était
ALCEST pour « Flamme Jumelle », je trouvais ça, au mieux, casse-pompon bien que cohérent avec ce que propose
Neige depuis maintenant plusieurs années mais là je ne comprends pas le projet artistique derrière les plans très « Nature & Découvertes », en dépit d’une esthétique léchée qui rend le clip attractif. Évidemment, c’est à mettre au crédit de la formation qui démontre ainsi son attention à proposer un ensemble qualitatif avec des moyens probablement limités.
Aussi, revenons vite à la musique qui a donc pour elle la rigueur (mais pas encore la vigueur), la précision ainsi que la volonté de bien faire des musiciens mais qui va devoir, d’une, se débarrasser de ses influences encombrantes, deux, gagner en technicité afin de varier (donc d’accélérer) les tempos, trois, s’épaissir, acquérir un peu de masse musculaire afin de s’imposer dans un registre où, du moins en France, les représentants demeurent rares. Il y a une place à prendre.
ÆLORN n’en est qu’au début de sa carrière, il a donc tout le temps d’évoluer, d’accroitre l’intensité voire de devenir un fier représentant du
metal hexagonal. En l’état, c’est encore trop frais pour tirer des conclusions, d’autant que le niveau affiché (les solos sont particulièrement réussis) ne ferme pas la porte à de futures jolies surprises.
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