Great Dane Records semble poursuivre son OPA sur la scène
death metal italienne puisqu’après la réédition discutable d’un point de vue artistique d’
EXHUMAN ainsi qu’un
BLOODFIELD peu inspiré, le label nous propose à présent une compilation de
DEAD TWILIGHT, duo vraisemblablement composé des frères
Bellante et épaulé par une batterie programmée, élément rarement à la faveur des groupes à l’exception de
PUTRID PILE ou de quelques rares élus.
Généralement, lorsqu’on publie un
best of, c’est qu’il y a une matière conséquente derrière ou alors des raretés disséminées à regrouper. Ici : trois démos, trois LP, tous parus entre 2006 et 2023. Est-ce que cela suffit pour justifier ces dix-huit titres pour plus d’une heure de musique ? Allez, sincèrement, était-il bien nécessaire ce
Endless Prophecy ? Déjà, nous pourrons apprécier la pochette d’une inspiration largement supérieure à celle d’
About the Prophecy (2020) où un nuage en forme de
Monster Munch surplombait une montagne, pour ne rien dire de la bizarrerie absolue qu’est la peinture de
Fall of Humanity (2023)… Passons, le graphique n’étant pas la seule motivation à l’achat.
Passons également sur cette boîte à rythmes artificielle qui mécanise de trop le propos alors que le duo ancre son style dans un
brutal death sale, cette sortie étant en fait comme son nom l’indique la concaténation des albums
Endless Torment (2015) et
About the Prophecy évoqué précédemment. Bon, à mon niveau l’intérêt me semble assez limité parce que compte tenu de la rudesse du style, de son absence absolue de subtilité, l’écoute intégrale en une seule passe s’avère largement au-dessus de mes forces, je ne suis pourtant pas bégueule. Peut-être est-ce une chic initiative pour les collectionneurs ? Je ne saurais le dire. Je ne sais d’ailleurs pas vraiment à qui s’adresse ce disque en définitive. À priori, ce devrait être des types comme moi : des gus qui apprécient les trucs pervertis et dégoulinants (oui, comme la chatte à qui tu sais) mais cette musique me semble cruellement manquer de discernement. La faute à des blasts de gros bourrins qui finissent par me filer mal au crâne, une voix régulièrement sursaturée (cela se pratique mais c’est épuisant), des riffs interchangeables d’une composition à l’autre, nom de dieu c’est à croire que je n’aime pas le
death pour écrire des choses pareilles ! Bon sang de bonsoir, je reste totalement hermétique à ce que me propose la fratrie alors qu’elle ne ménage pas ses efforts pour violenter les masses. C’est (très) violent, l’ambiance poisse sérieusement, je n’arrive pourtant pas à tolérer durant une heure ces tapis de BPM (« Aharit ha-yamim » par exemple) tout en reconnaissant que si jamais la formation jouit d’une notoriété
underground, même confidentielle, elle est totalement légitime. C’est juste qu’au lieu de prendre les albums l’un après l’autre, le label me les fourre tous les deux de force dans le gosier et que comme le style s’avère monolithique en diable j’aurais tendance à considérer que vingt minutes, c’est déjà beaucoup. Là il faut être attentif soixante minutes, c’est trop pour mon cerveau de rongeur et je n’aime pas vraiment fractionner les écoutes. Pour le dire autrement, même un album pris isolément est au-delà de mes capacités d’attention.
Cela étant, je sens bien que je fais ma chochotte. Voilà une maison qui prend le pari d’intéresser les foules avec un obscur combo italien dont le seul plaisir se trouve dans la trépanation, je devrais me réjouir. Car indépendamment de mes griefs de petit joueur, je reconnais que
DEAD TWILIGHT possède l’art et la manière de fabriquer des steaks hachés à la chaîne et que son approche transpire l’obscurantisme des pires abattoirs européens. Je n’y arrive cependant pas. Morceau après morceau, je passe vite en espérant une étincelle, espoir laminé encore et encore par les riffs de
Luca ainsi que le chant révulsif de
Marco. Et si je comprends la volonté de porter à la connaissance de tous cette vilaine pustule
death metal, le format m’apparaît totalement démesuré au regard de la patience de l’auditeur lambda qui, après quinze minutes de
shuffle, aura saisi la totalité des tenants et aboutissants de ce
Endless Prophecy.
En somme, aujourd’hui, je doute qu’il subsiste encore des formations géniales dont personne n’aurait entendu parler, qu’elles soient issues des années 80, 90 ou 2000. Là, ok
DEAD TWILIGHT charbonne durement pour faire entendre sa méchanceté, ok les sorties de ces deux LP se firent à l’époque en indépendant,
Great Dane reprenant le flambeau à compter de
Fall of Humanity et rachetant certainement le fonds de commerce au passage mais où est mon intérêt d’auditeur ? Je passerais cette parution au tamis de Socrate, le rejet serait immédiat car si elle est « vraie » (la formation existe, ce n’est pas une IA), le « bon » s’avère discutable. Quant à l’utilité…
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