chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
422 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

D.R.I. - Violent Pacification

Chronique

D.R.I. Violent Pacification (EP)
Oui cette pochette antimilitariste de Kevin Bakos est magique, elle qui au-delà de simplement représenter un soldat américain embrochant un bébé cuit à point reprend surtout ce panneau signalétique aujourd’hui mythique présent dès la démo de 1983 et bizarrement absent de Dirty Rotten. C’est d’ailleurs elle (l’illustration) qui orne le splendide t-shirt joyeusement acquis lors du passage de D.R.I. au Gibus (Paris) en 2017 et qui m’a valu de me faire quelques années plus tard un ami à usage unique, le temps d’un après-midi d’été au Parc de la Tête d’or à Lyon. Entre gens de bon goût, on se reconnaît vite, la discussion est aisée, lui portait un textile MUNICIPAL WASTE et sa meuf était plutôt gironde…

Si, sur le fond, rien n’a changé du côté des DIRTY ROTTEN IMBECILES entre la parution de l’EP précédent et ce brillant Violent Pacification, la forme, elle, a fait un pas de géant. Certes, les compositions sont toujours aussi expéditives (moins 6 minutes pour à peine quatre pièces) mais la musique s’est fortement densifiée. Adieu les errances un peu bruitistes, les larsens mal maîtrisés du poivrot en roue libre, les solos à l’emporte-pièce, autant d’éléments qui avaient évidemment leur charme mais qui, sur la durée, risquaient de rapidement montrer leurs limites stylistiques. Par conséquent, le ton reste résolument punk mais l’approche se montre désormais plus massive, notamment grâce à l’arrivée à la basse de Josh Pappé, futur membre de GANG GREEN, une figure mythique du hardcore américain. Ainsi, sans faire de la psychologie de bazar, un simple coup d’œil sur le découpage de l’objet physique suffit pour comprendre la dualité qui est désormais celle du quatuor. D’un côté, le morceau éponyme qui, avec ses près de trois minutes, est le plus long jamais composé. Il dessine à gros traits grossiers les contours encore vagues de ce que deviendra le groupe à partir de Crossover, plus métallique et surtout davantage axé sur du mid tempo. De l’autre, trois pistes en forme de crachat pamphlétaire, moins dégoulinantes que par le passé (meilleure production, jeu de guitare précis, chant canalisé) mais dont la moindre note, la moindre intervention vocale donne envie de déclencher une bagarre de saloon ou tout simplement de fracasser son clavier d’ordinateur sur la gueule d’un collègue mal-aimé ayant le malheur de passer à portée de main alors qu’on est en train de faire de l’œil à la nana de la compta.

Parce qu’avec les Américains, même si le discours est toujours engagé, le verbe haut, je n’ai jamais perçu leur musique comme fondamentalement hostile ou pessimiste. Il y a une sorte de sautillement intérieur, une forme de révolution joyeuse qui rend l’écoute immédiatement sympathique car accrocheuse, brute, une discussion entre personnes censées. Bien sûr, on pourra ne pas être du même bord politique, ne pas défendre les mêmes causes mais si l’on se place sur un plan strictement musical, D.R.I. réussit là où des dizaines d’autres ont échoué : me faire aimer le punk hardcore américain des années 80. Peut-être parce que le style est plus anglais qu’autre chose ? Peut-être parce que nous sommes plus proches d’un THE EXPLOITED ou d’un DISCHARGE ? Probablement. Également parce que même si l’on perd ici les revendications bruitistes du noise rock qui, je l’avoue, faisaient beaucoup pour l’intérêt que je portais à l’EP précédent, cet accroissement de la dimension thrash au sens NUCLEAR ASSAULT du terme, même si pas encore totalement mature (de même que sur le Dealing With It! à venir d’ailleurs), donne pourtant dès 1984 toutes les raisons de s’enthousiasmer : des riffs simples, séduisants, des ambitions clairement affichées, une posture affirmée, un son unique, enfin une identité reconnaissable entre toutes les autres : tu trouves la formation dès que Kurt Brecht ouvre la bouche.

Il est maigre cet EP, atteint de rachitisme, il donne pourtant parfaitement le ton de la suite tout en clarifiant une chose : D.R.I. n’est pas là pour blaguer, son nom volontairement rédhibitoire masque une réelle intelligence car, s’il fallait encore le rappeler, ces mecs seront les pionniers d’une fusion thash / hardcore, bien avant M.O.D., peut-être sur des pistes similaires à SUICIDAL TENDENCIES, sans le talent d’un Rocky George bien entendu.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
D.R.I.
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
D.R.I.
D.R.I.
Crossover - 1982 - Etats-Unis
  

formats
  • Vinyl / 0 - Dirty Rotten Records

écoutez
tracklist
01.   Violent Pacification  (02:56)
02.   Running Around  (00:57)
03.   Couch Slouch  (01:25)
04.   To Open Closed Doors  (00:31)

Durée : 05:49

line up
voir aussi
D.R.I.
D.R.I.
Crossover

1987 - Metal Blade Records / Roadrunner Records / Death Records
  
D.R.I.
D.R.I.
Dirty Rotten EP (EP)

1983 - Dirty Rotten Records
  
D.R.I.
D.R.I.
Dealing With It!

1985 - Death Records
  
D.R.I.
D.R.I.
4 Of A Kind

1988 - Metal Blade Records
  

Essayez aussi
Blindside
Blindside
A Thought Crushed My Mind

2005 - Solid State Records
  
Planes Mistaken For Stars
Planes Mistaken For Stars
Up in Them Guts

2004 - No Idea
  
High Vis
High Vis
Guided Tour

2024 - Dais Records
  
Venomous Concept
Venomous Concept
Poisoned Apple

2008 - Century Media Records
  
Bas Rotten
Bas Rotten
Surge

2020 - Indépendant
  

Appalling Spawn
Freedom, Hope & Fury (The S...
Lire la chronique
Sépulcre
Cryptic Temple Of Otherworl...
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Octobre 2026
Jouer à la Photo mystère
Wormphlegm
Tomb Of The Ancient King
Lire la chronique
Sacrilegious
Brutality Incarnated
Lire la chronique
Saturnian Grief
Ghost Ship (EP)
Lire la chronique
Lugubrious Garment
In The Wide Vale Of Uncreat...
Lire la chronique
Mutation
Esoteric Order Of Debauchery
Lire la chronique
Combat Shock
Nightmare Fuel
Lire la chronique
HateSphere
Guillotine
Lire la chronique
Noothgrush
Violations Of Consensual Re...
Lire la chronique
The Young Gods
L'Eau rouge
Lire la chronique
Violent Omen
Locomotive of Chaos
Lire la chronique
Rorcal
Mahre
Lire la chronique
Egregore
It Echoes In The Wild
Lire la chronique
Ritual
Fathomless Vacuity
Lire la chronique
Taufpatin
Les Malfaisances de la Tauf...
Lire la chronique
Amanite
The Dance Of The Datura
Lire la chronique
Flammene Fra Nord
Flammene Fra Nord
Lire la chronique
Victims Of Contagion
Egregore
Lire la chronique
Deathcult
Cult Of The Dog
Lire la chronique
Viscerated
Rotting Golgothan Remains (EP)
Lire la chronique
Staghelm
Natura Semper Praevalet
Lire la chronique
Forteresse
Métal Noir Québécois
Lire la chronique
Tårfödd
En Känsla Av Hopplöshet
Lire la chronique
Ablazen Winds
Kingsblood / Burning Script...
Lire la chronique
Razorvoid
Into The Void
Lire la chronique
Nihilism
Psalms of Misanthropy
Lire la chronique
30 Years of Humanity is the Devil
Integrity + Ringworm + Worl...
Lire le live report
Bras d'Honneur
Hate Speech
Lire la chronique