Duelliste - Au-delà de la nuit
Chronique
Duelliste Au-delà de la nuit
L’an dernier, je n’ai pas pris le temps de faire la chronique du premier album du Français DUELLISTE. J’ai pourtant pris celui d’en acheter le CD, sorti fin juillet chez l’Italien dépressif War Against Yourself Records. Et pour me faire plaisir, je me suis aussi offert le t-shirt. Vous imaginez donc bien que le projet m’avait plu. Bonne nouvelle : une suite est déjà sortie et me permet, cette fois-ci, de ne pas laisser filer l’occasion de présenter sa musique.
Avant tout, je vais être sincère : je ne vais pas vendre du rêve. DUELLISTE n’est pas un groupe qui chamboulera la scène, et il ne trouvera un écho que chez une petite partie des amateurs de black metal que nous sommes. Mais ceux qui seront sensibles à ses résonances risquent d’avoir du mal à en décrocher. Et c’est précisément ce qui m’est arrivé, pour trois raisons principales : les vocaux, le piano et les ambiances. Oui, j’aurais aimé avoir trois rimes en « o » et faire un parallèle avec le « métro, boulot, dodo », mais ça ne fonctionnait pas. Ce sera donc « vocaux, piano, ambiances ».
Les vocaux sont sans doute l’élément le plus polémique. Ils sont extrêmement raclés. En lisant ça, vous avez peut-être déjà une idée du rendu. Eh bien poussez encore d’un cran le raclement de gorge que vous imaginez pour approcher réellement l’effet des vocaux de Carcasse Enchaînée (le nom du bonhomme derrière le projet, également à l’œuvre dans l’autre groupe, tout aussi underground et sympathique, CACHOT D’EFFROI). C’est simple : il chante tout de manière ultra-raclée. On a même l’impression que tous les mots qu’il utilise contiennent des « r ». Par exemple, il chante :
« Dans les lueurs de la grande cité auréolée d'honneur
Je vois les flammes resplendirent, une lueur incandescente »
Mais on entend :
« Rans res rueurs re ra rande riré auréorée r'horreur
Re rois res frarres rerprenrirent, une rueur incanrerrenre »
Le piano est très présent, sans être omniprésent, et il apporte une touche particulièrement naïve. Des notes mélodiques qui peuvent sembler simplistes, mais qui fonctionnent justement à merveille parce qu’elles ne sont jamais sophistiquées. Elles se rapprochent de celles que nous a léguées FEAR OF ETERNITY en son temps et, sur moi, cela fonctionne toujours aussi bien. Et en plus, il est l'acteur principal sur un intermède et l'outro.
Enfin, les ambiances. Les textes nous plongent dans un monde en ruine où la foi, le pouvoir et l’honneur sont détournés, et où l’homme reste prisonnier de sa propre corruption malgré ses rêves de grandeur. Cependant, ce sont surtout des impressions de vide, de froid, d’isolement et de nostalgie qui dominent. Les accélérations ne sont pas rares, et le rythme devient parfois plus conquérant, mais toujours porté par des mélodies qui empêchent tout emballement stérile.
Pour ma part, je suis une nouvelle fois convaincu par DUELLISTE. J’aime sa noirceur mélancolique, tout comme ses partis pris très marqués, qui en rebuteront certains. Il me manque encore quelques passages vraiment marquants pour en faire un album qui m’accompagnera durablement dans les mois à venir, mais, en ce mois de mars 2026, je le fais tourner en boucle sans réelle lassitude, aimant même beaucoup son côté « reine des neiges du black metal ».
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2 COMMENTAIRE(S)
citer | Sosthène a écrit : De belles allitérations en "r" !
Et malgré le fait que j'aime le groupe, je n'exagère que légèrement. |
citer | De belles allitérations en "r" ! |
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2 COMMENTAIRE(S)
31/03/2026 03:07
Et malgré le fait que j'aime le groupe, je n'exagère que légèrement.
30/03/2026 18:41