chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
342 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Trouble - Trouble

Chronique

Trouble Trouble
Où Trouble met les compteurs à zéro et se réinvente. L’histoire est connue : alors auteur de trois albums fermement ancrés dans un doom teinté de heavy metal alliant Black Sabbath et Judas Priest, Trouble se fait approcher par Rick Rubin et son label, Def American Records. Une entrée dans la cour des grands non négligeable pour la bande, après une carrière chez Metal Blade ayant eu plus un succès d’estime que populaire. Run to the Light aurait même pu sonner le glas de la formation, pas loin de jeter l’éponge après des critiques le concernant moins dithyrambiques qu’au sujet de ses prédécesseurs, des soucis internes qui paraissaient jusque dans les paroles de la formation, les addictions d’Eric Wagner ou les départs successifs de membres, notamment à la batterie (la démission de Jeff Olson ayant créé une valse de remplacements pour s’arrêter ici à Barry Stern, décédé en 2005).

On comprend alors l’envie de remettre les choses à plat, même si l’arrivée de Rick Rubin dans l’équation n’y est parait-il pas étrangère. Trouble renomme son premier album Psalm 9, s’affiche désormais sans utiliser d’autres illustrations de sa musique que lui-même – une photographie que je trouve à la fois datée, kitsch et mémorable, celle de metalleux fiers de vivre à rebours d’années 80/90 regardant en avant – et affirme une volonté de continuer à servir la cause Sabbathienne tout en cherchant sa propre voie. Cela se ressent énormément sur certains titres expérimentaux, comme « E.N.D. » (pour Eternal Narcotic Depression) et son groove qui esquisse ce que Pantera réalisera la même année avec son Cowboys From Hell mais aussi « The Misery Shows (Act II) » et ses tentations psychédéliques entre Pink Floyd et les Beatles (ces derniers auront une place prépondérante dans la suite Manic Frustration).

Mais que l’on ne croit pas pour autant que Trouble répond aux sirènes de la modernité : comme le suggère le morceau-fleuve est ses emprunts au rock seventies, cet album reste volontairement rétrograde, guidé par une foi moins présente dans les paroles – les drogues et leurs effets prenant plus de place – et toujours palpable dans la musique. La formation y croit dur comme fer, notamment dans cette production signée Rick Rubin qui va parfaitement à cette évolution stylistique gardant du doom un ton désespéré et entêtant – on peut penser au Pentagram des débuts sur « At The End Of My Daze » par exemple. Tous les membres donnent l’impression de vouloir casser la baraque sur ces quarante-deux minutes, chacun étant discernable, pleinement audible malgré un son cru, grésillant avec délice pour qui aime voir les racines rock et garage se montrer derrière son metal. Cela donne l’impression d’écouter une succession de moments de bravoure, à commencer par le titre « Psychotic Reaction » et ses riffs dansants et plombants, de ceux que Cathedral ne se lassera pas de composer à partir de The Ethereal Mirror. Il est loin d’être le seul, les twin-guitars de « The Wolf » et « R.I.P. », les tempos plus doom de « A Sinner’s Fame » et « Black Shapes Of Doom » ou bien encore la balade susmentionnée « The Misery Shows (Act II) » présentant ce que la bande sait faire de mieux, à savoir composer des titres « bigger than life ». De quoi redonner envie d’écouter du metal pour des années, avec cet album retournant régulièrement dans la platine.

Il y a également le chant d’Eric Wagner, encore plein de la hargne des trois premiers albums mais essayant déjà d’autres tessitures, plus claires et altières, notamment sur les passages les plus rock. Une éclaircie qui se développera davantage par la suite mais qui, ici, n’offre qu’un petit contraste avec un ton essentiellement sombre. L’élévation de tempo à l’échelle globale n’a en effet pas fait changer Trouble dans ce qu’il exprime : si l’on a encore des ponts vers la religion comme planche de salut (« Heaven On My Mind » ; « All Is Forgiven »), c’est bien la menace, la rage et la mort qui se partagent le gros du festin, « The Wolf », « Black Shapes Of Doom » ou « R.I.P » conservant cette acidité typique du projet – et de son leader à la voix particulièrement mordante.

En fait, je ne trouve rien à critiquer sur cet album, au-delà des questions de goût et de style (on reprochera à l’époque à Trouble d’abandonner le doom metal ici, ce qu’il fera d’autant plus sur le successeur Manic Frustration). Une fois les chapelles oubliées, il est clair que le talent de composition de la bande a monté d’un cran, abandonnant une part de sa radicalité formelle pour être encore plus marquant d’un point de vue musical. On pourra regretter que Trouble quitte le doom pur jus avec cet album. Il signe pourtant là un classique du metal au sens large.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Trouble
Heavy / Doom Metal / Hard Rock
1990 - Def American Recordings
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Trouble
Trouble
Heavy Metal / Hard Rock / Stoner - 1978 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   At The End Of My Daze  (03:12)
02.   The Wolf  (04:33)
03.   Psychotic Reaction  (03:14)
04.   A Sinner's Fame  (04:17)
05.   The Misery Shows (Act II)  (07:20)
06.   R.I.P.  (04:08)
07.   Black Shapes Of Doom  (03:46)
08.   Heaven's On My Mind  (04:08)
09.   E.N.D.  (02:23)
10.   All Is Forgiven  (05:11)

Durée : 42:19

line up
parution
13 Février 1990

voir aussi
Trouble
Trouble
Manic Frustration

1992 - Def American Recordings
  
Trouble
Trouble
Run To The Light

1987 - Metal Blade Records
  
Trouble
Trouble
The Skull

1985 - Metal Blade Records
  
Trouble
Trouble
Psalm 9

1984 - Metal Blade Records
  

Noothgrush
Violations Of Consensual Re...
Lire la chronique
The Young Gods
L'Eau rouge
Lire la chronique
Violent Omen
Locomotive of Chaos
Lire la chronique
Rorcal
Mahre
Lire la chronique
Egregore
It Echoes In The Wild
Lire la chronique
Ritual
Fathomless Vacuity
Lire la chronique
Taufpatin
Les Malfaisances de la Tauf...
Lire la chronique
Amanite
The Dance Of The Datura
Lire la chronique
Flammene Fra Nord
Flammene Fra Nord
Lire la chronique
Victims of Contagion
Egregore
Lire la chronique
Deathcult
Cult Of The Dog
Lire la chronique
Viscerated
Rotting Golgothan Remains (EP)
Lire la chronique
Staghelm
Natura Semper Praevalet
Lire la chronique
Forteresse
Métal Noir Québécois
Lire la chronique
Tårfödd
En Känsla Av Hopplöshet
Lire la chronique
Ablazen Winds
Kingsblood / Burning Script...
Lire la chronique
Razorvoid
Into The Void
Lire la chronique
Nihilism
Psalms of Misanthropy
Lire la chronique
30 Years of Humanity is the Devil
Integrity + Ringworm + Worl...
Lire le live report
Bras d'Honneur
Hate Speech
Lire la chronique
Feast of Brutality Tour
Darkall Slaves + Deflesher ...
Lire le live report
Drudkh
Thaw (EP)
Lire la chronique
Miroir, mon beau miroir...
Lire l'interview
Uncle Acid And The Deadbeats
Shapes Of Midnight
Lire la chronique
Dissimulator
Artifice Dissolves
Lire la chronique
Firtan
Helios
Lire la chronique
Enterré Vivant
Kurogoku (黒獄)
Lire la chronique
Appear Disappear Tour
The Young Gods
Lire le live report
Mortal Decay
Sickening Erotic Fanaticism
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Octobre 2026
Jouer à la Photo mystère