chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
339 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Blackwater Holylight - Not Here Not Gone

Chronique

Blackwater Holylight Not Here Not Gone
Vous vous souvenez de ces moments dans les séries pour adolescents de la fin 90 / début 2000 où les protagonistes avaient vécu des moments forts en tension et partaient se ressourcer chacun de leur côté, regard au loin, pause dans le récit, une musique enveloppante et émotionnelle se chargeant d'illustrer la pesanteur et l'importance du moment ? C'est à la nostalgie que j'ai pour ces passages que s'adresse Blackwater Holylight.

Ho, cela n'est qu'une part de ce que joue le projet de Portland. Mais « How Will You Feel », « Involuntary Haze » et « Fade » correspondent exactement à cette sentimentalité, suffisamment pour y voir une ligne rouge, entre ceux qui refuseront l'expérience, écœurés d'avance, et ceux qui ont gardé un souvenir un peu tendre de ce genre d'histoire de rite de passage. On a pu citer un syncrétisme entre rock psychédélique, doom metal, indie rock et shoegaze au sujet de Not Here Not Gone ; si ces liens ne sont pas totalement infondés, je pense davantage à une direction artistique qu'à un mélange des genres pour lui-même, esthétique où le rouge domine, un rouge cocon, liquide, habillant l'atmosphère – Pourquoi s'embêter à chercher d'autres images quand celle de Magdalena Wosinska utilisée pour illustrer l'album dit tout ce qu'il y a à savoir ?

Car Blackwater Holylight ne se laisse pas encapsuler aussi facilement. Il peut faire penser à King Woman en cela, son doomgaze tenant davantage d'un coup de blues où le bourdon s'essaye au metal (on frôle même l'épopée romantique sur « Heavy, Why? » et son violon sorti d'un album de My Dying Bride) qu’à un simple mélange entre doom metal et shoegaze , la voix fragile de Sunny Farris faisant relier des points entre la formation et My Bloody Valentine, voire l’évanescence de Slowdive. Il y a plus d’une surprise ici, à l’image de ce dernier morceau indomptable et écrasant, montrant que derrière la douceur peut se cacher quelques horreurs. Le ton suave prédomine mais s’avère presque étouffant par moments, une lourdeur où le feu des sentiments rencontre une froideur métallique, celle d’une production ample et opaque à la fois (que l’on doit à Sonny Diperi, s’étant déjà occupé de Hell et Mizmor mais aussi Emma Ruth Rundle, Protomartyr ou Nothing, soit la personne parfaite pour tel son où les monolithes lévitent).

Les dames – car il n’y a que des femmes dans Blackwater Holylight – jouent constamment de clair-obscur sur Not Here Not Gone. Entre élans pop mélancoliques (« Involuntary Haze » ou « Void To Be ») et orage prêt à craquer sous la chaleur ambiante (« Spades » ; « Bodies »), il y a plus à gratter que ce qui peut paraître un brin superficiel au départ pour un habitué des atmosphères cotonneuses. La batteuse Eliese Dorsay est à ce sujet celle qui surnage, son jeu se faisant étonnamment nerveux pour une œuvre de ce type. Un balancier constant entre subtilités (comme les incursions électroniques de « Giraffe ») et menace s’annonçant frontalement (les guitares de « Heavy, Why? »).

Si Not Here Not Gone avait été un premier album, il aurait pu avoir les honneurs de figurer dans les découvertes de l'année. Pas de bol, il est le quatrième longue-durée d’un projet qui a profité d’un hiatus de quatre ans pour parfaire sa copie, les précédents contenant des platitudes qui ne se rencontrent que peu ici (« Fade » ; « Mourning After »). Blackwater Holylight trouve le long de ces quarante-six minutes un équilibre qui permet de passer outre un style déjà exploré par d’autres avec plus de largesses. Un retard au démarrage qui n’est pas si grave, tant s’étant cassé les dents à jouer le jeu des caresses hypnotiques alors que le quatuor parvient à en tirer la majeure partie du temps des nuances enivrantes. Puis, il n'est jamais trop tard pour apprendre de ses erreurs et trouver sa voie, comme n'ont cessé de nous le dire les séries adolescentes d'une certaine époque, justement. Quelque part entre Messa et Dawson.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Blackwater Holylight
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Blackwater Holylight
Blackwater Holylight
Doomgaze - 2016 - Etats-Unis
  

vidéos
Heavy, Why?
Heavy, Why?
Blackwater Holylight

Extrait de "Not Here Not Gone"
  

tracklist
01.   How Will You Feel  (05:37)
02.   Involuntary Haze  (04:55)
03.   Bodies  (04:15)
04.   Heavy, Why?  (04:02)
05.   Giraffe  (01:15)
06.   Spades  (03:03)
07.   Void To Be  (05:35)
08.   Fade  (05:37)
09.   Mourning After  (04:40)
10.   Poppyfields  (07:07)

Durée : 46:12

line up
parution
30 Janvier 2026

Pisscorpse
Precipice of Death
Lire la chronique
Iron Maiden
Senjutsu
Lire la chronique
Dimmu Borgir
Grand Serpent Rising
Lire la chronique
Red Hot Chili Peppers
The Uplift Mofo Party Plan
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness Of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique
To the Lions Tour 2026
Himinbjorg + Putrefaction o...
Lire le live report
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Paterna Spirituum
Pieśni pogardy
Lire la chronique
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Despondency
Matriphagy
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Apolaustic
No Plenitude Without Suffering
Lire la chronique
Vargrav
Dimension: Daemonium
Lire la chronique
Putrefaction of Rotting Corpses (P.O.R.C.)
Sociopatia
Lire la chronique
Deftones
Koi No Yokan
Lire la chronique