« Hey, Sakrifiss,
SAIDAN, c’est comme
ENTERRE VIVANT ! C’est un groupe étranger passionné par la culture japonaise. »
Ce n’est pas faux. En revanche, le résultat est totalement différent, car ce ne sont ni les mêmes aspects de la culture japonaise qui sont mis en avant, ni les mêmes influences musicales qui sont privilégiées. Même si quelques points communs peuvent être relevés, les deux formations comptent bien plus de différences que de similitudes. C’est un peu comme deux amoureux de la France : l’un fasciné par la vieille chanson française, l’autre par la French Touch ; l’un passionné par l’art de la pétanque, l’autre par le rugby.
ENTERRE VIVANT et
SAIDAN se distinguent de la même manière : le premier s’intéresse davantage au Japon traditionnel et historique, tandis que le second puise son inspiration dans son versant moderne, plus proche des mangas.
Si certains ne connaissent toujours pas
SAIDAN, il faut d’abord les féliciter d’être passés à côté d’un groupe qui s’est pourtant imposé en seulement six ans et est même devenu l’un des visages du black metal des années 2020, aux côtés de
TRHÄ ou de
BLACKBRAID. Trois groupes qui comptent énormément de fans, mais qui partagent aussi la même nationalité : américaine.
SAIDAN est porté par Splatterpvnk, épaulé à la batterie par Hundosai, alias Hunter Valentine, alias Ahravorna de
VAMPIRSKA. Un premier album s’est fait remarquer en 2021, mais c’est surtout le deuxième, sorti en 2022, qui a explosé les compteurs. Le succès s’est poursuivi en 2024 avec
Visual Kill: The Blossoming of Psychotic Depravity, et il se confirme une nouvelle fois avec le petit nouveau :
Fangdriller: Scars Beneath Memory's Wrist. Et pour prouver que je ne sors pas ces affirmations directement de mon trou de balle magique, je renvoie à des sites de référencement comme Rate Your Music. Les quatre albums ont été notés par 758, 1123, 1951 et 1127 personnes à ce jour. Et si l’on compare avec certaines grosses sorties de l’année :
MAYHEM : 1522,
DARKTHRONE : 1337,
THE RUINS OF BEVERAST : 1311, ELLENDE : 1075,
GAEREA : 803,
DIMMU BORGIR : 573 (!!!),
KËKHT ARÄKH : 655…
Difficile, dans ces conditions, de nier que
SAIDAN fait désormais partie des groupes les plus écoutés et les plus commentés de la scène actuelle. Il n’avait donc aucune raison de bouleverser sa formule, et
Fangdriller s’inscrit clairement dans la continuité de ses prédécesseurs. Ces dix compositions restent donc toujours aussi surexcitées, proposant un black metal ultra-rythmé et moderne, mais avec une production qui demeure très organique, très lo-fi. Une nouvelle fois, des incursions de mélodies heavy, thrash, voire électro viennent enrichir l’ensemble, tout en conservant cet esprit survitaminé. L’ensemble reste une nouvelle fois ancré dans une thématique japonaise. Attention toutefois : le rapprochement musical pertinent avec ce pays vient de sa scène contemporaine. Ne cherchez toujours pas d’éléments ou d’instruments traditionnels (pour ça, c’est
ENTERRE VIVANT, rahahahah) !
Quant à l’histoire, elle suit Junko, une étudiante isolée et déprimée, loin de chez elle. Hantée par la solitude et une profonde mélancolie, elle devient la proie idéale d’un culte mystérieux nommé Ethereal Blood. L’album explore son cheminement émotionnel, sa vulnérabilité et sa descente dans ce piège. Ceux qui voient des métaphores partout y liront sans doute un parallèle avec Splatterpvnk, qui a déjà évoqué ses propres luttes contre la dépression, la solitude et la quête de sens face à la dureté du quotidien.
Si certains ont peut-être déjà fini par se lasser du style de
SAIDAN, la plupart devraient saluer ces 47 minutes, qui mêlent une nouvelle fois avec efficacité une approche très personnelle à un Japon résolument otaku…
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20/07/2026 23:05