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Eternal Evil - Forever Feared

Chronique

Eternal Evil Forever Feared
Sans faire trop de bruit et à la force du poignet la formation menée par le duo Adrian Tobar Hernandez / Tobias Lindström est devenue un des noms importants de la nouvelle scène suédoise, tant ses deux premiers et redoutables albums ont montré de grandes qualités musicales ainsi qu’une certaine évolution mais sans pour autant quitter sa ligne de conduite initiale. Car après avoir proposé à l’origine un Thrash sombre et survitaminé la bande a ensuite lorgné vers des terrains propices au Heavy, et de fait on se demande bien désormais ce qu’elle va nous proposer sur ce troisième opus, où l’on trouve une fois encore du changement du côté de la basse et de la batterie… des postes visiblement difficiles à conserver autour du duo originel. Jusqu’à présent tout cela n’a jamais contrarié la marche en avant du combo même si aujourd’hui pour la première fois on a comme l’impression que les gars ont eu du mal à accoucher de ce disque, qui sonne moins spontané que les précédents et qui contient même quelques expérimentations hasardeuses ainsi qu’une construction générale finalement assez ressemblante sur le fond et la forme.

Attention on n’est bien loin du ratage intégral car ça reste d’un très bon niveau mais néanmoins on ressent comme un léger essoufflement du fait de titres moins marquants malgré le contenu global assez positif, et aussi de quelques accents mélodiques bien tentés mais qui tombent un peu à côté de leur sujet. Cependant pour l’instant rien à signaler de négatif pour le démarrage intitulé « The Darkened Sphere » particulièrement incisif et virulent qui sent les années 80 à mort en lorgnant largement vers les premiers METALLICA et MEGADETH, tant ça joue vite en continu sans pratiquement ralentir la cadence. Si quelques courtes cassures permettent d’éviter une certaine linéarité on est ici dans une vision frontale, débridée et sans concessions du style dans ce qu’il a de plus primitif avec en prime ici une écriture accrocheuse à l’énergie permanente idéale donc pour commencer ce long-format de la meilleure des façons… ce que « A Soul To Cope » va continuer en gardant la même base et renforcée ici par des passages en mid-tempo redoutables et parfaits pour headbanguer ainsi que de quelques ralentissements bienvenus. C’est donc virulent certes mais aussi plus équilibré dans la démarche et ça fait encore parfaitement le boulot en balançant des missiles à foison avec une rage qui ressort dans chaque note, ce qui sera poussé à son paroxysme avec le très court et furibard « Eyes Of Wrath » qui sent le Punk à foison en ne débandant pas un instant et proposant même quelques blasts radicaux pour annihiler toute tentative de résistance. Dans ces moments là force est de reconnaître que le quatuor est absolument inarrêtable ne laissant que ruines et désolation derrière lui, tant c’est radical et surtout délicieux à écouter vu que ça n’en fait pas trop avec juste ce qu’il faut pour densifier son propos et ainsi mieux accrocher l’auditoire… ce qu’il réussit encore aisément avec l’entraînant et dynamique « Triumph Through Pain » (qui donne encore envie de se dandiner) et l’implacable conclusion « I Know, The Fire Burns Inside » particulièrement homogène, et où la pression monte constamment. Car après nous avoir gratifiés d’arpèges doux et frissonnants l’ensemble va progressivement gagner en pression comme en intensité, allant ainsi du médium remuant et addictif jusqu’à des passages enlevés où ça balance en mode cavalcade de guitares particulièrement aguicheur et plaisant.

Tout cela sans être donc original (et même si ça sonne quand même comme du recyclage) arrive néanmoins à attirer l’auditeur dans ses filets sans qu’il n’y trouve rien à redire, tant une fois encore le rendu y est imparable et l’on en redemande… en revanche on sera plus mitigé concernant « Forever Feared » aux accents Heavy très réussis au milieu d’accélérations brutales, mais où l’on regrettera clairement une durée vraiment excessive qui dessert franchement l’ensemble qui n’avait pas besoin d’être aussi rallongé. Mais si cette plage passait encore correctement malgré ses petits défauts on sera nettement plus circonspects concernant « Stain Of Roses » qui nous la joue presque façon Power Ballad entre SCORPIONS et BON JOVI, mais n’arrive jamais à captiver tant on se demande ce qui est passé par la tête des gars. En effet si le départ avec ses douces notes en réverb’ et sa voix presque chuchotée n’avaient rien d’engageants la suite jouée de façon quasiment instrumentale reste désespérément bridée sans parvenir à décoller, montrant que ses auteurs feraient bien mieux de rester en format bas de plafond et énervé plutôt que de vouloir essayer de concurrencer Klaus Meine, Jon Bon Jovi et consorts. Même constat que d’aller à l’essentiel et garder ses fondamentaux quand on écoute « The Mountain’s Gaze » au démarrage apaisé quasi-similaire que la composition précédente, et qui malgré la volonté de rester sur la virulence exacerbée se casse la gueule en ajoutant un break mélodique qui tombe comme un cheveu sur la soupe ne faisant ainsi que casser la dynamique… sans jamais que celle-ci ne réussisse ensuite à retrouver sa place. En effet tout du long d’une deuxième partie ça se traîne inexorablement, et l’on ne peut que regretter que les bonnes intentions entendues en guise d’ouverture ne soient pas restées jusqu’au bout tant ça finit par sonner bancal et mitigé.

On pourrait dire d’ailleurs cela de l’ensemble de cette galette une fois arrivé au bout de l’écoute qui laisse un sentiment de légère déception, tant le tout sonne moins spontané et créant un rendu un peu contre-nature regrettable vu qu’à certains moments on a le sentiment que c’est forcé et sans jamais parvenir à être cohérent en continu. Néanmoins il ne faut pas être trop dur avec cet enregistrement qui a quand même suffisamment de bonnes choses pour parvenir à son objectif… nous vider la tête et évacuer les ondes négatives présentes en chacun de nous, et de ce côté-là le contrat est totalement réussi ce qui est un moindre mal. N’ayant heureusement pas poussé le délire aussi loin que ses compatriotes de SARCATOR (avec le très moyen « Alkahest ») le groupe devra quand même se reprendre la prochaine fois au risque de perdre son statut et l’intérêt qui lui est porté, car si on dit souvent que la simplicité ça a du bon ici cela s’est pleinement vérifié et éviter les chemins de traverse mal maîtrisés sera sûrement nécessaire pour ne conserver finalement que le meilleur… à savoir une musique rugueuse, instinctive et menée tête en avant en ne se posant pas de questions, la base du genre comme on aime l’écouter en boucle et sans sourciller.

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Eternal Evil
Black/Thrash Metal
2026 - Listenable Records
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  4.29/10

plus d'infos sur
Eternal Evil
Eternal Evil
Black/Thrash Metal - 2019 - Suède
  

tracklist
01.   Prelude
02.   The Darkened Sphere
03.   A Soul To Cope
04.   Forever Feared
05.   Eyes Of Wrath
06.   Triumph Through Pain
07.   Stain Of Roses
08.   The Mountain's Gaze
09.   I Know, The Fire Burns Inside

Durée : 39 minutes

line up
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