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Temple Of Dread - Dreadspawn Dominion

Chronique

Temple Of Dread Dreadspawn Dominion
Même s’il garde sa bonne habitude de repasser rapidement en studio après chaque nouvel album le combo de Spiekeroog a néanmoins récemment procédé à quelques nouveautés attendues, tant une certaine routine s’était installée avec le temps… et avec elle des disques pas mauvais en soi mais qui finissaient par devenir trop ressemblants et interchangeables. Du coup après n’avoir été à l’origine qu’un simple projet studio le groupe s’est enfin lancé sur scène pour une série de concerts débutée peu avant la sortie de l’agréable « God Of The Godless », au point aujourd’hui d’intégrer à plein-temps autour du trio originel les deux musiciens de session qui les ont accompagnés en live. Evoluant donc désormais sous la forme d’un quintet TEMPLE OF DREAD a de quoi clairement (et enfin) passer un cap, tant il a les éléments pour y parvenir autour des vieux briscards locaux qui le composent en interne et dont la nouvelle alchimie peut les pousser plus loin… et surtout les faire sortir ainsi d’un mode pilotage automatique de plus en plus présent avec les années, et ce même si ce sixième opus ne va rien révolutionner en soi avec la même base musicale initiale et pochette dessinée par Paolo Girardi.

Cependant si tout cela reste sans surprises notables force est de reconnaître que l’apport des nouveaux venus va immédiatement se faire sentir, car ce nouveau cru est clairement l’un des meilleurs sortis par la formation qui retrouve ici de l’allant et de la puissance, et qui hormis quelques petits plans un peu répétitifs va s’écouter aisément avec un grand plaisir. Il faut dire qu’une fois passée la douce introduction acoustique on va être projeté immédiatement vers quelque chose d’hyper remuant au dynamisme de dingue via le redoutable et énervé « Dreadspawn Dominion » qui ne va faire aucune concession, tant ça joue sur une vision simple et rudimentaire où la vitesse est reine. Proposant donc un rendu entraînant à l’écriture directe et sans chichis cette première plage offre également quelques moments en médium (histoire de headbanguer comme il se doit), et complétés par quelques ralentissements courts mais efficaces afin de densifier un rendu imparable et qui défoule… tout ça avant la continuation sous le nom de « Born To Rot » qui reprend les mêmes bases avec la même réussite, tout en offrant plus de noirceur bienvenue. Car outre des parties écrasantes mises plus en avant l’ensemble propose plus de variations et même quelques blasts ravageurs pour faire bien mal aux cervicales, et dévoiler ainsi deux facettes en totale opposition pour renforcer l’homogénéité générale tant ça ne cesse de jouer aux montagnes russes.

Bref on est emballés par ce démarrage impeccable et agressif où l’on sent que les mecs ont plus travaillé leur sujet sans pour autant lâcher leur ligne de conduite, ce qui se confirme une fois encore avec le très bon « Hybrid Horde Eternal » qui pousse la lenteur plus fortement en lorgnant quasiment vers le Doom dans sa partie centrale, bien calé entre les deux extrémités basées sur l’explosivité contagieuse où l’envie d’en découdre est instantanée, offrant donc là aussi un rendu implacable qui file une pêche d’enfer immédiate. D’ailleurs même quand les gars varient un peu leur propos le résultat reste totalement cohérent et d’une redoutable efficacité, la preuve encore avec « Blood Pyre » aux légers accents Heavy aussi bien dans les riffs que dans sa façon de proposer plus de médium rythmique (même si ça n’oublie pas d’accélérer frontalement comme brutalement), sans que cela ne nuise à la puissance globale de l’écriture un peu différente du reste mais néanmoins en totale cohésion. Nul doute donc que le dernier tiers de cette galette nous offre une panoplie assez large des Allemands allant du bon gros défouloir brutal et bas de plafond « Rites Of Blasphemy » (et dont le riffing de départ n’est pas sans rappeler du vieux SLAYER) jusqu’aux réguliers allées et venues de « Artisan Of Oblivion », tout ça avant les atmosphères et la lumière mélancolique de « Infernal Eternity » presque incantatoire et où le deuil est de rigueur. En effet sur ce dernier point nulle trace de longues explosions de vitesse mais plutôt une porte ouverte vers de nouveaux horizons, tant ça va lorgner vers des sensations doomesques sur fond de rendu tribal et d’un long solo lumineux où la mélancolie n’est jamais loin… et après un début de plage d’une grande opacité la lumière fait son œuvre sans dépareiller par rapport au reste. On sent donc qu’une nouvelle vision se profile dans le futur pour les Teutons qui en sortant un peu des sentiers battus réussissent à garder leur cohérence, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé à l’instar d’un sentiment de répétition dû notamment à une durée excessive.

C’est ce qui se produit une fois encore ici avec « Death March » qui varie trop peu pour arriver à captiver en permanence, surtout que ça finit par ronronner un peu à cause d’un petit manque de couilles… ce qui n’est pas le cas de « Scorched By Cosmic Fire » plus entraînant mais dont les plans joués en boucle tournent très rapidement en rond, sans qu’on ait en plus le sentiment d’arriver à accrocher à cette exécution assez quelconque finalement. Mais heureusement ce ne sont que les deux seules compositions où le ressenti est plus faible car pour le reste on valide totalement cette galette brûlante qui défoule comme il se doit, et au résultat largement satisfaisant qui sera idéal pour les fortes températures estivales.

Retrouvant donc de l’intérêt ainsi qu’une énergie décuplée l’entité bénéficie également d’une nouvelle jeunesse, celle qui faisait son charme à sa création avant de s’étioler doucement mais sans jamais disparaître totalement, et c’est donc peu dire que cet ajout en interne a été largement bénéfique pour tout le monde. Comme quoi il suffit parfois de pas grand-chose pour relancer la machine et revenir sur des bonnes bases avec une motivation exacerbée, prête ainsi à entamer une seconde carrière qui s’annonce sous de bons auspices si ça reste comme cela. Alors oui ça ne changera rien et ça ne sera jamais du classique incontournable mais vu que désormais la bande a enfin trouvé les endroits où s’exprimer avec le public cela ne pourra lui amener qu’un supplément de notoriété, surtout qu’ici il y a de quoi s’enthousiasmer et de taper du pied frénétiquement… comme quoi tout n’est pas perdu et si rien n’était foncièrement raté lors de ses dernières sorties ce cru 2026 est au contraire franchement enthousiasmant et largement positif dans les grandes lignes.

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1 COMMENTAIRE(S)

Sosthène citer
Sosthène
24/08/2026 18:24
Une très honnête formation de deuxième division !

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Temple Of Dread
Death Metal
2026 - Testimony Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  7.14/10

plus d'infos sur
Temple Of Dread
Temple Of Dread
Death Metal - 2017 - Allemagne
  

tracklist
01.   Wings Of Immortality (Intro)
02.   Dreadspawn Dominion
03.   Born To Rot
04.   Hybrid Horde Eternal
05.   Death March
06.   Blood Pyre
07.   Scorched By Cosmic Fire
08.   Rites Of Blasphemy
09.   Artisan Of Oblivion
10.   Infernal Eternity

Durée : 40 minutes

line up
parution
7 Août 2026

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