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Miscreance - Reminiscence

Chronique

Miscreance Reminiscence
Si vous êtes comme moi friands de Death Metal technique, je ne pense pas me tromper en affirmant que vous aussi vous attendiez ce nouvel album de Miscreance avec énormément d’impatience. Il faut dire que sans rien révolutionner, le groupe italien avait su faire l’unanimité grâce à une relecture particulièrement enthousiasmante d’une formule vieille de plus de trois décennies. Une formule développée à la fin des années 80 par des groupes tels que Death, Atheist, Cynic, Nocturnus ou bien encore Pestilence qu’il avait su reprendre à son compte en évitant de tomber dans la parodie ou l’hommage éhonté.

Solide mais certainement pas téméraire, c’est seulement après avoir gagné ce succès d’estime auprès d’un public de connaisseurs que Season Of Mist a choisi de s’intéresser de près à la formation lui offrant ainsi, en plus d’un contrat en bonne et due forme, la promesse d’un rayonnement plus large qu’avec le très discret Unspeakable Axe Records (notamment ces deux dernières années durant lesquelles le label n’a effectivement rien sorti de nouveau). Une collaboration scellée par la sortie le mois dernier de Reminiscence, un deuxième album illustré pour l’occasion par une certaine Mona Shiraz, artiste iranienne à l’univers bien éloigné des sphères du Metal extrême. Si personnellement je préférais le travail plus coloré de James McCarthy sur Convergence, le groupe a en tout cas le mérite de proposer des illustrations qui sortent des sentiers battus signées par des artistes qui justement n’ont pas leurs entrées dans ces univers qui nous intéressent ici.

Produit avec soin par Marino De Angeli, propriétaire et opérateur du Majestic Studio, ce deuxième album marque également l’arrivée sur disque du bassiste Jean Claude Rossignol, un jeune italien (quoi que laisse entendre ce blase assurément très franchouillard) qui en 2022 remplaçait Emiliano Zinà parti voguer vers de nouveaux horizons. Mais Reminiscence est surtout la confirmation de tout le talent de nos quatre Italiens. Un talent exprimé avec une aisance encore plus évidente tout au long de ces neuf nouvelles compositions absolument délicieuses.
Dès le premier coup d’oeil ce nouvel album s’inscrit pourtant comme le digne successeur de l’excellent Convergence avec des morceaux aux durées similaires et surtout toujours très standards (entre deux et cinq minutes, pas davantage), un contenu idéalement chargé avec un total de neuf nouveaux morceaux pour une durée approximative de trente-sept minutes et la présence, comme sur son prédécesseur, d’un titre instrumental en guise de conclusion ("Mirage"). De fait, ne cherchez pas sur ce deuxième longue-durée un soupçon de fraîcheur ou de nouveauté car il n’y en a pas vraiment. Alors pourquoi autant d’enthousiasme me direz-vous ? Eh bien encore une fois, parce que le niveau technique global, la qualité d’écriture et l’inspiration dont font preuve les Italiens tout au long de l’album ont ici été poussés encore plus en avant. Certes, la formule est exactement la même - celle d’un Death Metal thrashisant aux atours techniques et progressifs particulièrement prononcés - mais une fois encore tout semble aujourd’hui encore un petit peu plus "abouti" et cela même si Convergence était un album déjà particulièrement mature.

On va donc se régaler ici des mêmes atouts à commencer par cette production équilibrée aux sonorités cliniques. Un aspect froid mais néanmoins organique (merci d’avoir conservé la place de cette basse toujours aussi sexy et parfaitement audible) qui donne un côté à la fois vivant et aéré à l’ensemble. D’un point de vue des compositions, si le groupe donne le sentiment de ne pas s’éterniser avec des titres relativement courts pour le genre (tout l’inverse d’un certain Cryptic Shift en somme), personne n’aura l’outrecuidance d’affirmer que la musique des Italiens manque de profondeur ni même d’audace. Qu’elles fassent moins de trois minutes ("The Moaning Hill") ou plus de cinq ("Synaptic Cortex Dissection" et "Oracle’s Rift"), chaque titre est pour Miscreance l’occasion d’exprimer tout son talent grâce à des enchevêtrements de riffs complexes et extrêmement vifs qui ne semblent jamais boursoufflés, de leads et autres solos mélodiques tout aussi inspirés et exceptionnels, de structures vivantes mues par cette envie d’aller toujours là où on ne les attend pas, de lignes de basse hyper dynamiques et groovy et de galopades thrashisantes diablement entraînantes avec, cerise sur le gâteau, quelques coups de boutoir plus soutenus dispensés avec force et panache ici et là. Sur ce tableau déjà particulièrement engageant vient se poser enfin la voix du batteur Andrea Feltrin. Un chant âpre et parfois à bout de souffle qui continue de faire écho aux voix de Chuck Schuldiner et Martin Van Drunen pour un hommage définitivement complet à ces quelques groupes précurseurs. N’oublions pas non plus ces petits arrangements plus ou moins discrets que l’on peut entendre tout au long de l’album comme par exemple ces percussions tribales qui le temps de courtes séquences apportent un petit peu d’exotisme ("Trait d’Union", "Scalp Ceremony", "Oracle’s Rift", "Symbiosis"), ces quelques brins de voix mélodiques / déclamées / étranges et mystérieuses ("Vision", "Scalp Ceremony", "The Moaning Hill", "Zenith Of A Dyign Sun", les murmures et autres voix lointaines de "Mirage" (qui en aucun cas ne sont à considérer comme des paroles)) et ces quelques riffs passés à travers des pédales / effets plus "Rock" (les derniers instants de "Synaptic Cortex Dissection", le pont de "Symbiosis" aux alentours de 1:55, l’entame de "Mirage" qui aurait certainement pu trouver place sur une récent album d’Elder ou sa conclusion acoustique...). Bref, Reminiscence est un album incroyablement riche. Une réussite de plus pour un groupe italien en pleine démonstration.

Oui, ce deuxième album, très attendu, vient répondre à toutes nos attentes et ce avec l’art et la manière. Celui-ci n’entend absolument pas révolutionner le genre mais avec sa production naturelle et organique, ses partis pris discrets mais bel et bien présents, son bagage technique réjouissant, sa relative brièveté et son degré inspiration toujours aussi élevé, Miscreance se joue de tous les codes du genre afin de nous les resservir à sa sauce avec une aisance et un feeling particulièrement convaincants l’un et l’autre. Bref, assurément l’une des plus belles sorties estampillées Death Technique (thrashisant) de l’année. Ne passez pas à côté.

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8 COMMENTAIRE(S)

coreandcoupdate citer
coreandcoupdate
04/10/2026 20:41
MoM a écrit :
Après, je ne sais pas si tu as vu, mais Mindwork a sorti Adrift : j'ai beaucoup aimé cet album !


Je l’ai ajouté dans la liste de mes écoutes à venir Sourire
MoM citer
MoM
04/10/2026 20:22
coreandcoupdate a écrit : MoM a écrit :
Contrarian prépare aussi ce qui semble être un "morceau album"...


Après l’écoute d’un tiers du promo, je lâche l’affaire : bâillements sur bâillements ce nouveau Contrarian.
Je te souhaite des oreilles moins rugueuses que les miennes, sinon tu risques de t’ennuyer toi aussi…


Ecoute, j'ai été séduit par le single, donc j'ai plutôt hâte Gros sourire Après, je me souviens que pour "Their Worm never Dies", la version promo était dégueulasse : le mix rendait ça infect et plat. J'ai été surpris quand la version officielle était sortie.
Après, je ne sais pas si tu as vu, mais Mindwork a sorti Adrift : j'ai beaucoup aimé cet album !
coreandcoupdate citer
coreandcoupdate
04/10/2026 13:33
MoM a écrit :
Contrarian prépare aussi ce qui semble être un "morceau album"...


Après l’écoute d’un tiers du promo, je lâche l’affaire : bâillements sur bâillements ce nouveau Contrarian.
Je te souhaite des oreilles moins rugueuses que les miennes, sinon tu risques de t’ennuyer toi aussi…
MoM citer
MoM
03/10/2026 16:44
J'avais beaucoup aimé leur disque de 2022, j'en attendais pas mal de leur nouvelle sortie.
Efficace mais... Il manque un truc. Convergence était plus frontal, là j'aurais aimé un peu plus d'exploration.
Aussi, il y a Mindwork qui a sorti son Adrift au même moment, et celui-là je le recommande à fond, il a ce truc en plus qui m'a conquis.

Contrarian prépare aussi ce qui semble être un "morceau album"... Sans compter le Cryptic Shift qui reste monumental, 2026 nous gâte bien en tech Gros sourire
Sosthène citer
Sosthène
24/09/2026 20:05
Merci pour la découverte. Je ne connaissais pas, j'adore.
(C'est vrai que Dissimulator ça pèse un max ! )
von_yaourt citer
von_yaourt
23/09/2026 21:05
note: 9/10
Vraiment un excellent album, ultra solide et plaisant dans un style de death tech conservateur mais avec un côté progressif malgré tout prononcé. C'est l'autre face de la pièce Cryptic Shift : il n'y a pas une seconde de gras à tailler, mais on aurait peut-être aimé un tout petit plus d'aventure.

En tout cas c'est un des meilleurs albums de pur death technique depuis Idol de Horrendous. C'est mieux et plus mature que Convergence, mais ça ne dévie pas de la trajectoire une seconde.

J'ai eu le plaisir de voir le groupe en live dans une toute petite salle à côté de Tours, et c'était excellent. L'occasion de te confirmer, Greg, que Jean-Claude a bien un père français. Il le parle très bien, d'ailleurs !
AxGxB citer
AxGxB
22/09/2026 17:55
note: 9/10
coreandcoupdate a écrit : Ça plafonne à 7,5/10 ici. Je préfère les derniers Dissimulator et Violent Omen, dans des genres très connexes…

Je n'ai écouté le Dissimulator qu'une seule fois pour le moment mais je ne l'ai pas trouvé aussi bon que son excellent prédécesseur. Enfin comme souvent avec ce genre de disque, ça devrait passer en insistant. Normalement Sourire
coreandcoupdate citer
coreandcoupdate
22/09/2026 16:05
Ça plafonne à 7,5/10 ici. Je préfère les derniers Dissimulator et Violent Omen, dans des genres très connexes…

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Miscreance
Death / Thrash
2026 - Season Of Mist
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (1)  9/10
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Miscreance
Miscreance
Death / Thrash - 2018 - Italie
  

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Scalp Ceremony
Scalp Ceremony
Miscreance

Extrait de "Reminiscence"
  

tracklist
01.   Trait d'Union  (04:31)
02.   Vision  (03:59)
03.   Scalp Ceremony  (03:14)
04.   Synaptic Cortex Dissection  (05:02)
05.   Oracle's Rift  (05:06)
06.   The Moaning Hill  (02:45)
07.   Symbiosis  (04:12)
08.   Zenith Of A Dying Sun  (04:19)
09.   Mirage  (04:27)

Durée : 37:35

line up
parution
28 Août 2026

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