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Miasmes - Violence, Blasphème Et Pourriture

Chronique

Miasmes Violence, Blasphème Et Pourriture
Après avoir démarré sa carrière sur les chapeaux de roue grâce aux sorties respectives des excellents « Vermines » et « Répugnance » on avait hâte d’entendre la suite des aventures du trio basé à Vierzon, tant on sentait que son Metal noir crado et primitif était loin d’avoir été entièrement dévoilé. Du coup c’est de la vraie curiosité qui nous a envahis à l’annonce de ce deuxième album, surtout que le combo avait en amont annoncé la couleur en expliquant que ce nouvel opus était plus direct, brutal et radical que ne l’était son pourtant impeccable prédécesseur… et avec un titre pareil on savait immédiatement à quoi s’attendre et où l’on mettait les pieds (dans la gueule de préférence). Encore plus malsain et puant ce second volet a clairement tout pour plaire en reprenant les éléments déjà existants mais en les poussant plus loin dans l’agressivité comme la noirceur, dévoilant ainsi un enregistrement toujours sans concessions et obscur avec encore plus de variations et de morceaux accrocheurs qui attirent l’oreille immédiatement sans jamais la lâcher en chemin.

Et effectivement les gars ne nous avaient pas menti en disant cela car dès les premiers instants de « Déchéance » on est totalement happé par l’impertinence qui en ressort, tant ceux-ci ne respectent rien ni personne avec délectation… et nous par la même occasion, car on est en présence d’un pur Black authentique et furieux qui tabasse par de longues enjambées où se mêlent quelques parties rapides typiquement Punk sur fond de riffing rudimentaire et d’explosivité constante (un schéma que va reprendre plus loin avec la même réussite les véhéments « Catharsis » et « Horde » à l’exécution rudimentaire et explosive). Si tout cela ressemble comme deux gouttes d’eau aux précédentes plages déjà publiées par le passé l’entité n’en a cure tant c’est toujours redoutable et remuant, avec une folle envie de casser la gueule aux emmerdeurs sous toutes leurs formes de par l’énergie incroyable qui en découle. Les mecs sont en effet dans une forme olympique et il le faut pour balancer toute cette virulence sans jamais faiblir du côté de l’allure comme de l’attractivité, celle-ci va d’ailleurs s’accentuer progressivement dans l’avancée de ce disque… et en premier lieu via l’excellentissime « Écorché » tentaculaire à souhait, entre son solo joué d’entrée avant l’apparition de passages épiques délicieux et de mid-tempo flamboyants où l’ensemble se montre hyper remuant et varié, porté par un groove de barbare qui fait mal aux cervicales… et on en redemande. C’est donc d’une grande variété rythmique et montre que le groupe est toujours aussi inspiré quand il propose de l’alternance à gogo, à l’instar de « Nihil » mené frontalement mais où l’ensemble offre suffisamment de variété au niveau des vitesses pour ne pas être répétitif, au contraire on y trouve des points où s’accrocher sans arrêt tant le débridage y est consistant. C’est tout le contraire sur le redoutable « Possédé » qui va clairement lever et alourdir son propos avec toujours le même délice auditif, et qui par certains aspects semble être inspiré par MOTÖRHEAD (grosse introduction à la basse, passages rampants étouffants)… ce qui n’est que le début d’ailleurs. Si elle n’oublie pas d’exploser sur de courtes distances cette composition montre une densification exacerbée imparable, qui se prolonge d’ailleurs sur « Cendres » qui bien qu’étant plus explosif garde un pendant massif imparable où la vieille 8-6 chaude et les vieux clébards puants dévoilent toutes leurs odeurs.

L’équilibre des forces va ensuite être une constante sur le reste à venir, entre l’ultra-court « Vomi » qui porte très bien son nom tant la haine y est crachée avec une conviction impressionnante (et qui trouve le moyen malgré sa durée de sortir tout le panel de jeu de ses auteurs), avant que ne déboule le rythmé et groovesque « Agonie » où le médium est clairement mis en avant par rapport au reste qui n’est néanmoins pas absent des hostilités. Là encore ça donne envie de secouer la tête immédiatement vu que ce tourbillon sonore n’a pas fini de nous faire jouir de plaisir avec « Rédemption » parfaitement homogène et instantanément entraînant, qui fait le métier avec sérieux et bordel assuré tout en restant parfaitement maîtrisé. Et pour finir sur une note encore meilleure (s’il y en avait besoin !) les trois compères nous proposent carrément une reprise signée de la bande à Lemmy, rien d’étonnant en fait tant on sent l’influence du bombardier de façon régulière et marquée… mais plutôt que de nous sortir une énième version de « Ace Of Spades » ou « Overkill » l’entité nous propose ici sa vision de l’impeccable (et devenu ensuite un incontournable scénique) « In The Name Of Tragedy », sorti initialement en 2004 sur l’énorme « Inferno ». Jouée assez fidèlement par rapport à l’original les vétérans y intègrent cependant leur touche odorante comme leur vision nocturne sur un classique qui rythmiquement conserve sa base initiale, clôturant ainsi une excellente galette instinctive et ambitieuse à la fois.

Car on sent clairement que MIASMES veut devenir un nom qui compte sur la scène hexagonale, et il s’en donne les moyens autant à la force du poignet qu’à l’expérience générale de chacun des musiciens ici présents qui livrent une prestation de haute tenue sans temps mort ni faiblesses. Tout cela est donc une réussite totale qu’on appréciera se remettre régulièrement pour reprendre sa dose salace et revenir à l’instinct primaire… tant le cerveau est totalement déconnecté du reste du monde de la première à l’ultime seconde. Du tout bon donc qui a de quoi occuper les esprits un bon moment en appréciant de se faire frapper à grands coups de rangers et de batte de baseball, la loi de la rue en somme mais avec plaisir et délectation malgré la douleur… et c’est exactement ce à quoi on a droit tout en décrassant les oreilles en profondeur sans jamais perdre en attention… promesse tenue donc !

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3 COMMENTAIRE(S)

Lestat citer
Lestat
27/09/2026 21:31
Bien speed cet album, très sympa. Merci de la chronique.
Vu plusieurs fois en concert, je recommande également !
Deathrash. citer
Deathrash.
21/09/2026 22:24
Ce label fait donc autre chose que du Metal déconstruit
Sosthène citer
Sosthène
21/09/2026 18:58
C'est cool de voir qu'il reste encore des groupes dans ce registre cru chez LADLO.

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Miasmes
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Miasmes
Miasmes
Black Metal - 2021 - France
  

nouveaute
A paraître le 18 Septembre 2026

tracklist
01.   Déchéance  (02:44)
02.   Écorché  (02:59)
03.   Nihil  (02:56)
04.   Possédé  (04:03)
05.   Cendres  (04:31)
06.   Vomi  (01:48)
07.   Catharsis  (03:18)
08.   Agonie  (03:18)
09.   Horde  (02:37)
10.   Rédemption  (02:07)
11.   In The Name Of Tragedy (Motörhead Cover)

Durée : 31:21

line up
  • G. / Chant - Basse
  • K. / Guitare
  • C. / Batterie

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