chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
151 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Immolation - Harnessing Ruin

Chronique

Immolation Harnessing Ruin
Harnessing Ruin est le sixième album de la discographie des américains mais c'est surtout le successeur du superbissime Unholy Cult, sorti 2 années auparavant. Quelle lourde tâche que de succéder à un album de cette trempe me direz-vous, surtout que beaucoup de questions méritent des réponses. Que s'est-il passé avec l'ancien batteur ? Est-il possible d'atteindre une fois de plus le niveau d'Unholy Cult, voire même le dépasser ? Qu'en est-il de la production ? Toutes ces questions, que beaucoup de personnes (fans ou pas) se sont posés, vont trouver leurs réponses dans ce Harnessing Ruin.

La grosse surprise de cet album vient de l'absence d'Alex Hernandez derrière les fûts, une absence due à des problèmes de santé qui l'ont obligé à quitter le groupe. C'est donc le dénommé Steve Shalaty, batteur d'Odious Sanction, qui avait déjà remplacé Alex pendant la tournée américaine du groupe qui dorénavant tient les baguettes. Autre changement, mais qui n'est d'aucune influence musicale cette fois-ci, la conception de l'artwork. Ce n'est pas Andréas Marshall mais cette fois-ci Sven d'Aborted qui s'en est occupé.

L'artwork, parlons-en car il le mérite. Le travail réalisé est tout simplement somptueux, que ce soit des créations présentes dans le livret ou la pochette en elle-même. Il est flagrant que le groupe a été marqué par ce qui s'est passé le 11 septembre. Il ne reste rien que du sable. Ce sable que l'on « ressent » dans ce qui est toujours sujet à de houleuses discussions concernant les albums d'Immolation : la production. Elle est très réussie et colle parfaitement à la musique distillée par le quatuor américain. Les guitares sont énormément mises en avant, rugueuses et à la fois rondes et poussiéreuses. Par contre, le gros point noir de l'album est la batterie. A la première écoute, le son de la batterie est choquant : il est très étouffé ce qui est regrettable pendant les blast-beats. Ils manquent souvent de puissance, comme si l'enregistrement avait été fait avec une batterie en carton. Mais il suffit de quelques écoutes pour s'habituer à ce son bizarre.

Harnessing Ruin n'est peut-être pas aussi sombre qu'Unholy Cult mais au milieu de l'obscurité, on discerne une certaine mélancolie grâce à des mélodies judicieusement placées. Chaque album d'Immolation est une pièce magistrale de death metal torturé et sombre. On retrouve les ingrédients qui ont fait la renommée du groupe : le chant de Ross Dolan, ce râle qui vient d'on ne sait où et étonnamment compréhensible, des structures rythmiques variées, des riffs dissonants et alambiqués et une musique qui mise plus sur la puissance et l'atmosphère dégagée que sur la rapidité d'exécution. Bien entendu, il y a quelques passages rapides et de bonnes accélérations mais globalement, on peut affirmer que le rythme de l'album est lourd.

Malgré un son vraiment limite, la performance de Steve Shalaty est respectable bien que son jeu ne soit pas vraiment le même que celui de son prédécesseur. Steve Shalaty est plus technique, peut-être un peu plus puissant aussi mais son sens du groove est moins développé qu'Alex Hernandez. Et Harnessing Ruin est album qui « groove ». Ne fuyez pas, Immolation ne donne pas dans le r'n'b mais les compos sont par moment très groovy (« Our Savior Sleeps », « Dead To Me »), et macabres en même temps.

Au milieu de cette musique oppressante, on y trouve des passages posés qui donnent à des moments émotionnels très réussis. Robert Vigna prend un malin plaisir à maltraiter sa guitare pour en tirer des notes plaintives et lancinantes. Son jeu mérite d'être souligné, les solos sont déchirants, et mélancoliques par moment. Quelques passages font littéralement frissonner comme sur « At Mourning's Twilight » composée de superbes mélodies torturées et d'un break suivi d'un solo époustouflant de désespoir. On ne peut pas reprocher à Immolation de pratiquer une musique terne et sans relief : les musiciens sont remarquables mais c'est surtout la qualité des compositions qui est une fois de plus proche du parfait.

Non content de nous donner la chair de poule au détour d'un solo ou d'un break, Ross Dolan chuchote au creux de notre oreille sur « Dead To Me » ou « Son Of Iniquity ». Alors forcement, dis de cette manière, cela peut paraître anodin voire même passer inaperçu. Mais cela renforce la profondeur de chaque titre de cet opus, comme si cela ne suffisait pas déjà. Il reste toujours quelques dissonances qui restent une des marques de fabrique du groupe, et les compos sont toujours très fouillées quoique moins complexes que par le passé.

Au final, Immolation a une fois de plus réalisé un album remarquable. Ce Harnessing Ruin est dans la veine d'Unholy Cult mais avec un côté mélancolique plus prononcé grâce aux mélodies très inspirées d'un guitariste hors pair. Bien que certains critiqueront encore et toujours la lourdeur et le grain poussiéreux de la production, je trouve personnellement qu'elle convient on ne peux mieux aux compositions présentes sur cet album. Elles sont un habile mélange entre puissance, lourdeur, obscurité et mélodie et ce mélange est une fois de plus réalisé de main de maître. Le seul défaut de cet album est le son de batterie, sous-mixé et trop faiblard, ce qui est bien dommage quand on joue une musique aussi puissante. Mais qu'on ne s'y trompe pas, Harnessing Ruin est un album qui vient remplir une discographie de qualité. Un album composé par un des groupes piliers de la scène death metal actuelle et qui s'investit corps et âme dans la création d'une musique toujours plus inspirée. Et visiblement, Immolation n'est pas près de s'essouffler. Et c'est tant mieux.

A noter qu'il existe une édition limitée-en-digipack-pour-les-riches contenant le clip vidéo du titre éponyme.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

10 COMMENTAIRE(S)

gulo gulo citer
gulo gulo
11/02/2020 10:03
note: 8.5/10
Je l'aime beaucoup aussi, tiens.
Et effectivement la prod joue, très sanguinolente je trouve.
Hallu citer
Hallu
10/02/2020 23:12
A l'époque il me semblait avoir entendu que le groupe voulait vraiment un son roots et dégueu, quelque chose de bien baveux tout en restant lourd. Mais pour la batterie c'est baveux tout en étant extrêmement audible : le son de la grosse caisse est très mat, ne sonne ni métallique ni triggé (elle l'est probablement cela dit), du coup on entend toutes les petites imperfections du batteur, c'est très organique. Donc en ce sens là c'est un album très réussi pour moi. C'est aussi dissonant que Unholy Cult, mais c'est plus bordélique, plus humain. Je préfère toujours le précédent, mais celui ci est vraiment unique dans la disco du groupe. Les albums suivants m'ennuient un peu pour tout dire.
Chri$ citer
Chri$
06/03/2010 15:59
note: 7.5/10
La_girondelle a écrit : C'est pas plutot le 6eme album des américains celui là?

En effet. Scum a probablement oublié 'Dawn of Possession'; je corrige de suite.
La_girondelle citer
La_girondelle
06/03/2010 13:20
C'est pas plutot le 6eme album des américains celui là?
Christliar citer
Christliar
17/01/2006 1:22
note: 8/10
Excellente chronique qui décrit bien l'aura si paticulière de cet énorme album. Je n'ai que celui-ci d'Immolation, mais je trouve que sans forcément blaster 24/24, ils arrivent à dégager un chaos et une enie de destruction assez phénoménale, le tout avec effectivement unecertaine mélancolie qui pointe le bout de son nez.
Ander citer
Ander
16/01/2006 22:07
note: 7/10
Celui de Swarm Of Terror, Ant'oïn. Clin d'oeil
Chri$ citer
Chri$
16/01/2006 21:47
note: 7.5/10
cet album marque une nouvelle étape dans la carrière d'Immolation: "Close to a World below" et "Unholy Cult" étaient très proches, celui ci est effectivement plus mélodique, nettement moins sombre et torturé, et un peu mélancolique, chose un peu nouvelle chez Immolation... un titre avec des arpèges et du "chant clair" ou presque comme "Dead to Me" était impensable il y a encore quelques années..
la prod ne me choque pas, mais effectivement c'est une régression par rapport aux deux précédents albums..
bref c'est du très bon Immolation, mais je n'y mettrais pas plus de 7.5 parce que je préfere nettement les deux d'avant, plus sombres et décadents..
Scum citer
Scum
16/01/2006 16:17
note: 9/10
Tant mieux tant mieux, eclate toi bien
Backstaber citer
Backstaber
16/01/2006 14:14
note: 6.5/10
Jvé m'amuser en décortiquant cette kro moi ...

9/10 ... n'importe kwa ...
citer
Ant'oïn (invité)
16/01/2006 12:12
Marche pas le MP3 Déçu

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Immolation
Death Metal
2005 - Listenable Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (20)  7.6/10
Webzines : (15)  7.91/10

plus d'infos sur
Immolation
Immolation
Death Metal - 1988 - Etats-Unis
  

vidéos
Harnessing Ruin
Harnessing Ruin
Immolation

Extrait de "Harnessing Ruin"
  

tracklist
01.   Swarm Of Terror  (03:19)
02.   Our Savior Sleeps  (03:41)
03.   Challenge The Storm  (04:01)
04.   Harnessing Ruin  (04:36)
05.   Dead To Me  (05:46)
06.   Son Of Iniquity  (06:12)
07.   My Own Enemy  (06:52)
08.   Crown The Liar  (04:58)
09.   At Mourning's Twilight  (05:13)

Durée : 44:38

line up
parution
5 Février 2005

voir aussi
Immolation
Immolation
Shadows In The Light

2007 - Listenable Records
  
Immolation
Immolation
Providence (EP)

2011 - Scion Audio Visual
  
Immolation
Immolation
Unholy Cult

2002 - Listenable Records
  
Immolation
Immolation
Kingdom of Conspiracy

2013 - Nuclear Blast Records
  
Immolation
Immolation
Failures For Gods

1999 - Metal Blade Records
  

Essayez aussi
Stass
Stass
The Darkside

2017 - Mighty Music
  
Ataraxy
Ataraxy
Curse Of The Requiem Mass (EP)

2010 - Memento Mori
  
Necrovision
Necrovision
The Gouging Process (EP)

2025 - Iron Fortress Records
  
Herpes
Herpes
Awakening Of A Sleeping Madness (Démo)

2012 - Devil's Blood Production
  
Comecon
Comecon
Megatrends in Brutality

1992 - Century Media Records
  

Crimson Butchery
Stalker
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Fatal Realm
Of No Consequence (Single)
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Gormoth
Winterfall
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Innumerable Forms
Pain Effulgence
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
Suicidal Madness
Nous sommes déjà morts
Lire la chronique
SoulReapers
Melody of Chaos
Lire la chronique
KEN Mode
Void
Lire la chronique
Sardonic Allegiance
Coast II (EP)
Lire la chronique
Nyctophilia
Stargazer
Lire la chronique
KEN Mode
Null
Lire la chronique
Perfidious
Savouring His Flesh
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Castle Rat
The Bestiary
Lire la chronique
Ectospire
Spiritual Dismemberment (EP)
Lire la chronique
Defamatory
Path Of No Return
Lire la chronique
Buried Souls
Here Comes the Void (EP)
Lire la chronique
Ruinous Power
Extreme Danger: Prototype W...
Lire la chronique
Kirottu
Barren
Lire la chronique
Chaos Inception
Vengeance Evangel
Lire la chronique
Enthroned
Ashspawn
Lire la chronique
Filthcrawl / Peine Kapital
Split (Split-tape)
Lire la chronique
KEN Mode
Entrench
Lire la chronique
Dead Twilight
Endless Prophecy (Compil.)
Lire la chronique
Karévana
夜明けの空へ – To the Dawn Sky...
Lire la chronique
Collier d'Ombre
Autumnal Fortress
Lire la chronique
Caronte
Spiritus
Lire la chronique