chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
127 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Deathspell Omega - Fas

Chronique

Deathspell Omega Fas
(Ite, Maledicti, in Ignem Aeternum)

Trois ans après un Si Monumentum Requires, Circumspice d'ors et déjà considéré comme un des albums majeurs de ces dernières années, nos (pas si) mystérieux (et pas si) Français de Deathspell Omega nous délivre enfin le deuxième volet de leur trilogie. Et comme Kénôse nous le laissait présager pour la suite, le groupe s'est totalement détaché de ses racines Raw Black Metal afin de se lâcher totalement, et d'évoluer comme bon leur semble. Si SMRC proposait déjà une musique plus fouillée et complexe que bon nombre d'autres entités de la scène, Fas va encore plus loin avec une vision totalement unique et originale du Black Metal, en délivrant l'un des albums les plus chaotiques qui soit.

Malgré les « pauvres » trois petits quarts d'heure que comporte Fas, comparé aux 75 minutes de SMRC, on ressort de la première écoute totalement abasourdi, tant l'évolution musicale est grande. On avait quitté Deathspell Omega lorsqu'ils jouaient un Black Metal foutrement bien réalisé, fignolé, intelligent, mais conservant un côté totalement conventionnel. Et c'est là que le groupe nous prend à contrepied (à défaut de nous prendre tout court, mais pour ça, y a Satan qui s'en charge). Avec la mélodie désarticulée du premier Obombration, on comprend que les choses ont changé : ça ne sonne fondamentalement pas malsain comme pouvait l'être l'intro de SMRC, First Prayer, mais ça l'est, certainement dû à la superposition de la voix désincarnée, ainsi que des lignes de guitares qui semblent être tout aussi désincarnées.

Car si quelque chose importe dans cet opus, ce sont bien les guitares, qui mènent la marche plus que jamais. Elles transportent l'auditeur, mais on ne sait pas où. Elles le renversent, le chamboulent, le retournent, le perdent. The Shrine of Mad Laughter s'ouvre à nous comme pourrait s'ouvrir notre chair à la gloire du Seigneur. La force du morceau est impressionnante, car donnant l'impression d'être secoué par une vague de violence inouie ; et malgré tout, on accepte et on se laisse guider. Parce que dorénavant, la musique de Deathspell Omega est chaotique. Si nous savons également où ils veulent en venir, ce qu'est leur but ultime, à savoir Sa glorification, eux-seuls connaissent les chemins qu'ils vont nous faire emprunter. Et c'est cet aspect totalement barré qu'arbore Fas, rappelant de loin Katharsis pour le sentiment de khaos infernal, qui fait mal.

La batterie appuie les guitares inlassablement, se superpose à elles, et les magnifie à l'aide d'une prestation totalement incroyable de précision et d'inhumanité technique. Les breaks sont à deux doigts de provoquer la pire migraine imaginable tant ils sont fréquents et bien amenés. En fait, tout l'album donne l'impression d'avoir été enregistré sur des instruments désaccordés, tant tout sonne désarticulé et décalé. Le meilleur exemple est certainement le court interlude au piano sur The Repellent Scars of Abandon and Election, qui sonne totalement faux, quasiment amusical. C'est du Black Metal sans en être. Deathspell Omega casse toutes les conventions, comme pour mieux casser les religions auxquelles ils s'opposent. Il n'est ainsi pas rare de se retrouver avec des passages calmes, pratiquement acoustique dans l'approche, le tout surplombé par une batterie aux résonnances free-jazz, tant l'ensemble parait partir dans n'importe quelle direction. Harmoniques en tout genres, compositions à tiroirs totalement déstructurées et désordonnées, voilà ce qui compose ce Fas.

Et malgré ce manque de cohérence apparent, tout est finement cimenté. Tout est lié. A tel point que cette homogénéité feintée ne permet pas de distinguer un morceau en particulier. Tout est dans la même continuité, de Obombration à Obombration, la boucle est bouclée. L'album s'ouvre sur un Obombration qui donne ce ton désarticulé qui parcourt le disque en fil rouge, et se clôture sur un Obombration aux cuivres majestueux. Entre temps, malgré cette densité chaotique qui semble se disperser dans nos esgourdes, on remarquera certains passages magistraux, dont un, qui m'a particulièrement touché : le final de A Chore for the Lost, semblable à une montée en puissance cristalline, évoquant l'élévation de l'âme dans les hautes Sphères.

Si ce Fas est légèrement inférieur à Si Monumentum Requires, Circumspice, c'est uniquement dû à son opacité. C'est pourquoi, bien que ce soit l'un des plus grands disques de 2007, je ne pense pas qu'il marquera autant que SMRC à sa sortie. D'autant plus qu'apparemment, ça a l'air cool de chier sur Deathspell Omega en ce moment (tout comme ça a l'air de l'être pour Watain). Dommage, moi j'aime et je ne compte pas bouder mon plaisir.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

dantefever citer
dantefever
17/07/2018 17:40
Je comprends toujours pas ce qu'il se passe, mais je suis toujours aussi scotché.

Je crois que c'est le genre d'album qui dépasse complètement le simple "j'aime/j'aime pas".
lkea citer
lkea
29/05/2008 22:24
note: 10/10
Un de mes cds de Black préféré. Peut-être LE CD de Black Metal. Innovant, profond, inépuisable, putride et pourtant d'une grande classe. La décadence tout bonnement Hail
Kleim Antyne citer
Kleim Antyne
10/01/2008 08:57
Eh bien en voilà une belle chronique ! Et oui des fois faut pousser fort pour faire sortir le bébé.
De plus il faut que je me penche sur ce groupe dont le nom m'est connu depuis un moment mais pas la musique.
Inhuman Effect citer
Inhuman Effect
09/01/2008 18:48
note: 9/10
Chronique excellente pour un album qui l'est tout autant.
Il m'a fallu pas mal d'écoutes pour bien cerner, mais maintenant le constat est clair : DSO vient de se surpasser encore une fois et nous livre un album d'une complexité réellement impressionante, quelle richesse ! Surtout qu'il arrache bien ce nouvel album, ce n'est pas pour me déplaire.

Une bombe !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Deathspell Omega
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (35)  8.79/10
Webzines : (11)  8.75/10

plus d'infos sur
Deathspell Omega
Deathspell Omega
Black Metal - 1998 - France
  

tracklist
01.   Obombration
02.   The Shrine of Mad Laughter
03.   Bread of Bitterness
04.   The Repellent Scars of Abandon and Election
05.   A Chore for the Lost
06.   Obombration

Durée : 46min 16

line up
parution
17 Juillet 2007

voir aussi
Deathspell Omega
Deathspell Omega
Kénôse (EP)

2005 - Norma Evangelium Diaboli
  
Deathspell Omega
Deathspell Omega
Diabolus Absconditus (EP)

2011 - Norma Evangelium Diaboli
  
Deathspell Omega
Deathspell Omega
Veritas Diaboli Manet In Aeturnum (MCD)
(Chaining The Katechon)

2008 - Norma Evangelium Diaboli
  
Deathspell Omega
Deathspell Omega
Paracletus

2010 - Season Of Mist / Norma Evangelium Diaboli
  
Deathspell Omega
Deathspell Omega
Mass Grave Aesthetics (EP)

2008 - Norma Evangelium Diaboli
  

Essayez aussi
Absu
Absu
Abzu

2011 - Candlelight Records
  
Kjeld
Kjeld
Skym

2015 - Hammerheart Records
  
Wyrms
Wyrms
Altuus Kronhorr - La monarchie purificatrice

2018 - Ossuaire Records
  
Ende / Sorcier Des Glaces
Ende / Sorcier Des Glaces
Le Puits des Morts (Split-CD)

2016 - Obscure Abhorrence Productions
  
Haunt
Haunt
Grimoires Of Undead Power

2018 - GreySun Records
  

Morbid Illusion
In the Crypt of the Stifled
Lire la chronique
Detherous
Hacked To Death
Lire la chronique
ShadowStrike
Legends of Human Spirit
Lire la chronique
Oranssi Pazuzu
Kevät / Värimyrsky (EP)
Lire la chronique
Shit Life
Reign In Bud
Lire la chronique
State Faults
Resonate/Desperate
Lire la chronique
Ebola
III
Lire la chronique
Rogga Johansson
Entrance To The Otherwhere
Lire la chronique
Black Majesty
Seventh Kingdom of Edom (EP)
Lire la chronique
Whore Black Metal : STOP AU SEXISME
Lire le podcast
SYLAK OPEN AIR 2019
Apocalyptica + Black Flag +...
Lire le live report
Ravenzang
Uit een duister verleden
Lire la chronique
DISOWNING pour l'album "Human Cattle"
Lire l'interview
Cerebral Rot
Odious Descent Into Decay
Lire la chronique
Hate
Auric Gates Of Veles
Lire la chronique
Shape Of Despair
Shades Of...
Lire la chronique
METALHERTZ - S02E04 - Symphonic PACA Metal
Lire le podcast
PPCM #21 - Ces ALBUMS que JE NE DEVAIS PAS AIMER
Lire le podcast
Destruction
Born To Perish
Lire la chronique
Metal Church
Damned If You Do
Lire la chronique
Gestapo 666
Satanic Shariah
Lire la chronique
Memoriam
Requiem For Mankind
Lire la chronique
Beheaded
Only Death Can Save You
Lire la chronique
Epitaphe
I
Lire la chronique
Burial Remains
Trinity Of Deception
Lire la chronique
Fifth Angel
Third Secret
Lire la chronique
Undergang
Den Gobbelte Grav (EP)
Lire la chronique
Tantara
Sum of Forces
Lire la chronique
Memoriam
The Silent Vigil
Lire la chronique
Aeon Winds
Stormveiled
Lire la chronique