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Marduk - Obedience

Chronique

Marduk Obedience (EP)
Mars 1999. La poussière s'est soudainement soulevée, par nuages entier, recouvrant tout sur son passage. Partout, le sol a tremblé, des cris ont retenti et se sont tus brusquement, ou se sont perdus dans l'impénétrable obscurité qui avait surgi. Les destructions furent massives, instantanées, et les pertes humaines colossales. Pour tous, le réveil fut brutal, la résistance fut balayée avant même d'avoir pu s'organiser, et déjà, sur les habits noirs de notre jeunesse, les Croix de Fer fleurissaient à nouveau, comme au bon vieux temps. Les chars Panzer avaient pris position dans les rues, et aussitôt que le chant de leurs canons eut laissé place au silence, la soumission envers l'Envahisseur se fit totale, l'Europe avait une nouvelle capitale : Berl… euh, Norrkoping. Feuillez excuser mon enthouziasme che fous prie, il m'emporte…

Vagues après vagues, assauts après assauts, la politique de blitzkrieg pratiquée par Marduk avait porté ses fruits, l'Europe était tombée. Après une inexorable montée en puissance d'albums en albums, le terrifiant Nightwing avait sérieusement ébranlé les défenses de nos belles contrées et laissait présager de la domination totale à venir, surtout à une époque qui vit la puissance de feu de la Norvège voisine s'effondrer. Et même si les yeux de tous étaient tournés vers le nord depuis le début de cette décennie, personne ne vit venir la tempête de feu et d'acier qui surgit et nous engloutit tous. L'opération Panzer Division Marduk avait atteint tous ses objectifs. Une fois les nations de notre ancienne Europe unies dans la défaite et la souffrance, les généraux à l'origine de l'assaut entreprirent une grande tournée des pays vaincus afin de célébrer leur victoire ; mais comme on pouvait s'y attendre de leur part, ils ne se contentèrent pas d'une visite de courtoisie aux capitales tombées, mais vinrent pour parachever leur œuvre et noyer les dernières ruines dans les flammes, suivant un art consommé de la politique de la terre brulée. Durant cette tournée, ils prirent un cliché de chacune des villes rasées par leur soin, et nous en offrirent les meilleurs dans le désormais mythique Infernal Eternal.

Après le pacte du sang et la pluie de feu, quels choix se profilaient maintenant pour Marduk ? Plus rien n'existait, seuls des déserts de cendres s'offraient au regard, et bientôt viendrait l'heure de la célébration de la Faucheuse. Mais l'attaque avait été d'une violence et d'une cruauté telle que les suédois se devaient de la célébrer une dernière fois avant d'écrire le prochain chapitre de leur histoire. Seulement, la violence a besoin de victimes pour s'exprimer, hors seuls restaient les morts et quelques derniers survivants implorants… Mort et domination. Plaisir et célébration.

Perversité et jouissance du malsain, les exquises dernières exactions de cette guerre seront charnelles… Avec Obedience, Marduk prend très intelligemment le contre-pied de ses précédents opus, et nous offre un trois titres noir, aux tempi variés, qui reflète une facette encore assez méconnue du quartette, et entièrement dédié à un sujet bien particulier : Les perversions sexuelles. Sadomasochisme, nécrophilie, autres déviations « mineures » que je ne nommerai pas pour ne pas attirer l'attention des moteurs de recherche, voire mélange de tout cela ; les thématiques habituelles ne sont pas abordées, cet Ep est définitivement à part dans l'œuvre du groupe et est à considérer et à apprécier ainsi. Dès le morceau titre, la production très crue surprend après un Panzer au final aussi lisse qu'un blindage, le grain des guitares se fait râpeux, la voix semble possédée, la batterie est plus ordonnée qu'à l'accoutumée, et les magnifiques lignes de basse d'un B-War très inspiré sont parfaitement audibles, le tout venant souligner l'aspect macabre de ce premier morceau pourtant rapide, mais au feeling rampant. Funeral Bitch, en seconde position, est lui lent, poisseux, et illustre on ne peut mieux son sujet, la nécrophilie, en instaurant une sensation de malaise inédite pour le groupe, à l'opposé des mid tempi épiques qui viennent régulièrement illuminer les albums des suédois. Ce morceau figure aussi sur La Grande Danse macabre, sorti l'année suivante, mais la version présentée ici est à mon sens infiniment supérieure. Enfin, Une reprise de Celtic Frost, Into the Crypt of Rays, vient clôturer ce petit quart d'heure de perversion en évoquant celles de notre compatriote Gilles de Ray, un admirable précurseur dans ces domaines…

Obédience, sorti en édition limitée en 2000, fut incompris et rejeté à sa sortie par ceux qui découvrirent les suédois avec son cataclysmique prédécesseur, à cause du contraste avec celui-ci et malgré son ambiance très réussie, cet aspect malsain auquel Marduk ne nous avait pas habitué : il était à l'évidence destiné aux fans, qui eux comprirent que le groupe avait voulu livrer un opus à part pour illustrer la thématique du sexe extrême, chère à la formation.

Il faut signaler que $$$Regain$$$ $$$Records$$$ a réédité Obedience cette année, agrémenté de deux « bonus » tirés du coffret Blackcrowned, pour le moins dispensables et surtout sans rapport avec le thème de l'Ep, et qui viennent donc le dénaturer. De plus, Into the Crypt of Rays est disponible sur d'autres rééditions du back-catalogue de Marduk et sur le tribute à Celtic Frost, et Funeral Bitch apparait, certes dans une version différente, sur l'album suivant, l'intérêt de cette réédition est donc proche du néant et ne fait qu'illustrer la puante politique de Regain (pognon ! pognon !) et son recyclage à tout va. Boycott.

Obedience n'avait d'autre but que de savourer l'humiliation des vaincus et la perversion dans toute sa pureté, ainsi que de préparer le terrain au magnifique La Grande Danse Macabre qui lui succèdera, et dont le thème central est la mort. Marduk nous laisse ici entrevoir une facette que nous ne lui connaissions pas, un voile de malaise jusqu'alors inconnu mais qui lui sied à la perfection. Un maxi sous-estimé, mais indispensable dans son édition originale, pour les amateurs du groupes qui sauront le replacer dans son contexte.

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7 COMMENTAIRE(S)

Inhuman Effect citer
Inhuman Effect
08/09/2008 14:35
note: 2.5/5
Un EP des plus dispensables pour ma part.
citer
(ancien membre)
08/09/2008 13:23
Et sinon niveau musical ça donne quoi?
Xenocidist citer
Xenocidist
08/09/2008 13:21
note: 4/5
cglaume a écrit :
J'veux du cuir, pas du peep show du vécu j'veux des ... Mr Green


Là, tu viens de casser toute l'ambiance de ma chronique! Mort de Rire
von_yaourt citer
von_yaourt
08/09/2008 12:31
note: 4/5
cglaume a écrit : J'veux du cuir, pas du peep show du vécu j'veux des ... Mr Green


Cyril, je crois que tu es la seule personne au monde capable de créer un lien entre Marduk et Alain Souchon... Mort de Rire
cglaume citer
cglaume
08/09/2008 12:28
Xenocidist a écrit : Voudrais-tu discrètement me faire remarquer que nous n'avons pas tout à fait la même approche thématique dans l'écriture de nos chroniques? Mr Green

Je ne voudrais pas que les fans de L'île aux enfants et Bouba qui nous lisent prennent peur !!!! Sourire Cela dit, je n'ai pas de problème avec le côté leather & bondage de cet EP tout mignon ...

J'veux du cuir, pas du peep show du vécu j'veux des ... Mr Green
Xenocidist citer
Xenocidist
08/09/2008 11:59
note: 4/5
Voudrais-tu discrètement me faire remarquer que nous n'avons pas tout à fait la même approche thématique dans l'écriture de nos chroniques? Mr Green
cglaume citer
cglaume
08/09/2008 11:49
Et sinon il y a Blessed By a Broken Heart qui est sympa aussi !! Mr Green

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Marduk
Black Metal
2000 - Osmose Productions
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs : (6)  3.33/5
Webzines : (8)  3.23/5

plus d'infos sur
Marduk
Marduk
Death Metal - 1990 - Suède
  

écoutez
tracklist
01.   Obedience  (03:31)
02.   Funeral Bitch  (04:04)
03.   Into The Crypts Of Rays (Celtic Frost Cover)  (04:08)

Durée : 11:43

line up
parution
1 Mars 2000

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