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DunkelNacht - Atheist Dezekration

Chronique

DunkelNacht Atheist Dezekration
Mes connaissances dans la langue de Goethe étant des plus limitées – je ne sais en fait que dire « le modern death c'est de la merde » en allemand, comme dans une dizaine d'autres langues – j'ai au début cru que le « dunkel » de DunkelNacht se référait à une marque de bière allemande, et que les textes des lillois prônaient donc les vertus d'un Oktoberfest nocturne. Mais nos français n'ont pas d'autres rapports avec Tankard que ceux que mon subconscient tordu arrive à fabriquer, car c'est bien du black metal que DunkelNacht pratique, venant du même coup s'ajouter à la longue liste de groupes nordistes versant dans cet art noir. Même si le combo est formé depuis peu, il semble déjà avoir à son actif tout un tas de démos et split – dont un avec Deviant Messiah, dont le chanteur vient de rejoindre le groupe bien qu'il ne figure pas sur cet album – sur lesquels j'avoue ne jamais avoir jeté une oreille, ne connaissant pas DunkelNacht avant d'avoir eu à rédiger cette chronique.

Mais honnêtement je n'ai pas besoin de connaître les balbutiements du groupe pour en apprécier le premier album, et la première chose qui me ravit à son écoute est son classicisme revendiqué. En ces temps de mollassonnerie généralisée à toute une frange du black metal (même Marduk s'y met...), je me réjouis quand j'entends un album qui ne cherche pas à tout prix une originalité désormais bien difficile à atteindre au risque de se vautrer dans les grandes largeurs. Les premières secondes de ce Atheist Dezekration annoncent la couleur de tout l'opus : le tempo sera soutenu, les mélodies incisives, le répit quasi-inexistant. Sans pour autant verser dans le brutal black pur et dur, DunkelNacht conserve presque tout au long de l'album un tempo assez élevé et ne baisse de régime que pour aérer son propos avec des breaks aussi rares que courts et discrets, généralement propices à l'apparition d'un solo, ce qui demeure encore assez rare dans le style. Ce black metal à brutalité constante qui ne fait pas dans le sur-blasté peut rappeler par certains aspects ce que propose Handful Of Hate, sans toutefois ce côté sombre et oppressant propre aux italiens.
Les lillois misent en effet plus sur l'efficacité des compositions que sur le développement ou l'utilisation d'ambiances particulières, bien qu'à leur décharge, ils arrivent tout de même à composer quelques riffs froids, certes peu originaux mais qui ont le mérite d'être tout à fait plaisants.

Je me dois en effet de louer la qualité des riffs qui parsèment ce Atheist Dezekration, du premier au dernier titre, entre harmonisations classiques et mélodies entraînantes. Vous n'avez qu'à écouter le morceau éponyme disponible en écoute car déjà paru sur une production antérieure du groupe, pour comprendre de quoi je parle (morceau qui d'ailleurs comporte le guest au chant d'un certain Ben Phegore. On admirera ce merveilleux jeu de mot digne de figurer dans une chronique de Thrashocore, ou alors c'est son vrai nom et je me dis qu'il n'a pas dû avoir une enfance facile pour peu qu'il ait été scolarisé dans une école spécialisée dans l'étude des romans du début du siècle * ). DunkelNacht a donc la bonne idée de faire reposer l'essentiel de ses morceaux sur ces riffs à la fois mélodiques et dynamiques, résultat ce premier album n'est pas ennuyeux une seule seconde, et s'avère de surcroît être d'une qualité constante.
Cet excellent tableau connaît toutefois deux bémols : une BAR qui au tout début de « Des Dieux et des Martyrs » fait bien sentir son caractère artificiel, notamment dans un matraquage de caisse claire un peu trop robotique. Elle se fait heureusement vite oublier, et les descentes de toms sonnent même avec un certain naturel. Gageons néanmoins que l'apport d'un vrai batteur pourrait être significatif, notamment dans la diversification des patterns, un peu trop similaires d'un morceau à l'autre sur ce premier album. Second point qui, à défaut d'être améliorable car il relève d'une question de goûts, peut touefois rebuter une partie de l'auditorat : le chant de Exp:/13 désormais parti vers d'autres cieux s'avère très aigu, et franchement hurlé. Personnellement je m'y suis fait, et il ne me dérange absolument pas, mais son caractère atypique ajouté au fait qu'il soit extrêmement intelligible (au point que l'on peut comprendre des refrains entiers, notamment celui de « Étau Chrétien ») et en plus en français aussi bien qu'en anglais va en déranger plus d'un. Ce sont certes deux défauts mineurs, mais bel et bien présents, dont on ne peut qu'espérer qu'ils seront améliorés au prochain album.

Malgré la présence d'une BAR et d'un chant qui peut gêner certains, Atheist Dezekration est donc un album très agréable à écouter et qui ne s'avère ennuyeux à aucun moment grâce au développement de riffs énergiques et mélodiques très prenants. Pour une première œuvre, c'est plus que convaincant, car bien que le style du groupe ne soit pas d'une originalité folle, il demeure personnel et très maîtrisé, et devrait sans aucun doute plaire aux nostalgiques du black metal de la fin des années 90. Depuis que l'album a été enregistré, le chanteur originel a mis les voiles et c'est donc Déhà de Deviant Messiah qui le remplace, il ne reste donc plus à DunkelNacht qu'à se munir d'un batteur en chair et en os et à ajouter un soupçon de folie à ses compositions pour remporter encore plus de suffrages. Tout ce qu'on espère maintenant c'est que le groupe va vite trouver un label pour sortir ce premier album, ce serait dommage qu'un pareil potentiel reste sans d'autre moyen de promotion que le démarchage vers quelques webzines sympathiques et d'une grande qualité (surtout ceux commençant par "Thrasho"). En attendant, je vais boire un coup, mes potes Marc Douk et Cyril Thegore-gore m'ont invité. **


* L'intégralité de la rédaction de Thrashocore tient à s'excuser auprès de monsieur Ben Phegor si tel est bien son vrai nom.
** Non, vraiment, on est désolé.

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3 COMMENTAIRE(S)

Invité citer
Alkhemohr
18/09/2010 13:34
Hello !

Pour info et en lien avec ta chronique, DunkelNacht est désormais accompagné d'un batteur "en chair et en os", mais aussi d'un second guitariste ;o) Pour ce qui est du label, c'est M&O office qui bosse maintenant avec nous. Quant à Ben, il s'agit en fait du chanteur du groupe Disgust : http://www.myspace.com/iamdisgust

A bientôt !
von_yaourt citer
von_yaourt
14/09/2010 20:38
note: 7/10
L'album sort aujourd'hui ! Record de temps passé entre la chronique et la parution du disque à ce jour ! Mr Green
cglaume citer
cglaume
29/10/2009 15:20
Keyser, je t'en conjure: sors du corps de von-yaourt. Non seulement c'est limite de la pédophilie, mais en plus il commence à faire des jeux de mots comme toi ! Mr Green

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DunkelNacht
Black Metal
2009 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (2)  5.5/10
Webzines : (10)  7.45/10

plus d'infos sur
DunkelNacht
DunkelNacht
Black Metal - 2004 - France
  

tracklist
01.   Des Dieux et des martyrs
02.   Oligarchislamisme
03.   The nailed wings of zionism
04.   Etau chrétien
05.   In the halls of tortured idols
06.   How to build a new burning head messiah
07.   Klaustrophobik inoculum
08.   Errare humanum est
09.   Atheist dezekration

Durée : 43:48

line up
parution
14 Septembre 2010

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