chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
109 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Defeated Sanity - Chapters Of Repugnance

Chronique

Defeated Sanity Chapters Of Repugnance
Dans un monde où des dizaines de millions de litres de pétrole souillent le golfe du Mexique depuis des semaines, où on n'a plus rien le droit de faire à part payer nos impôts et fermer notre gueule pendant que les politiciens s'en mettent plein les fouilles, où les femmes continuent d'être des casse-couilles en puissance, où la série The Shield est désormais terminée, où Thrashocore n'est pas encore le webzine metal n°1 en France, où von_yaourt est toujours vivant, où l'OM est champion de France de football et où, plus généralement, l'espèce humaine n'a pas encore été éradiquée, difficile de se réjouir. Heureusement, il y a aura toujours quelque chose auquel se raccrocher en attendant, enfin, de pouvoir rejoindre tonton Satan en bas dans la cave. Pour moi et sans doute pour beaucoup d'entre-vous, c'est la musique. Certains groupes ont beau me décevoir (ils le font tous un jour ou l'autre de toute manière), c'est bien elle qui me maintient en vie. Après un énorme Psalms Of The Moribund, j'attendais donc du dealer Defeated Sanity qu'il me livre ma dose, habitué avec les Allemands à de la came de très haute qualité. Et le groupe ne faillit pas à sa réputation même si, je ne vous le cache pas, ça a été dur au début!

Avant de descendre davantage dans les profondeurs putrides de l'album, un petit rappel s'impose. En 2007, Defeated Sanity sort Psalms Of The Moribund et devient d'un coup l'un des combos les plus prometteurs de brutal death, bénéficiant d'un buzz incroyable, tout du moins dans les milieux bien renseignés, alors que Prelude To The Tragedy, pourtant très bon dans un style différent, avait fait beaucoup moins de bruit en 2004. Mais comme à chaque fois, les Teutons connaissent des problèmes de line-up. C'est tour à tour le guitariste quinquagénaire Wolfgang Teske puis le chanteur Jens Staschel qui quittent le navire pourtant en route pour une belle croisière. Pas de remplacement pour le père de Lille Gruber mais l'ex-Disgorge et Deprecated A.J. Magana s'intalle devant le micro après que Konni de Despondecy a aidé ses compatriotes sur quelques dates. S'ensuit alors une signature sur l'excellent label Willowtip Records. Début mai, le monstre Chapters Of Repugnance est prêt à être laché. Un monstre que je me procure avec joie directement auprès du groupe lors du Neurotic Deathfest où le quatuor a tout dévasté.

Voyez que les motifs d'enthousiasme étaient nombreux mais à la première écoute une fois rentré du périple néerlandais, l'orgasme promis ne viendra pas. Qu'est-ce qui coince? Defeated Sanity se repose désormais plus sur la lourdeur (et nom d'un foutre que c'est lourd, mes murs en tremblent encore!) des slams parts et autres passages plombés plutôt que sur la vitesse de séquences blastées. Pourtant quand Gruber blaste comme sur l'énorme titre final "Lurid Assimilation" (déjà présent sur le Promo 2007 tout comme les deux autres titres "Salacious Affinity" et "Engulfed In Excruciation", soit les trois morceaux les plus bourrins/rapides de l'album), c'est l'érection assurée. Une première écoute frustrante donc. Mais au fil de mes relations de plus en plus proches avec l'album, un véritable lien se crée et je ne peux plus m'en passer, devant l'écouter tous les jours pendant un mois sous peine de manque. Alors oui, Chapters Of Repugnance est un peu moins jouissif que Psalms Of The Moribund mais putain de sa mère qu'il est bandant!

Dans l'ensemble finalement, peu de choses séparent ces deux opus. Les tons de la pochette (très inspirée par Hieronymus Bosch en passant) ou la production puissante mais sèche (avec toutefois une batterie plus audible, pas un mal!) montrent déjà les premiers signes de similitude. Defeated Sanity a encore évolué mais son style reste tout de suite identifiable et on reconnait sans mal ce brutal death à l'américaine qui combinent les influences de Disgorge, Suffocation, Deeds Of Flesh, Devourment avec une pincée de Gorguts. Chapters Of Repugnance nous propose ainsi neuf titres (dont "Introitus", intro instrumentale de trois minutes absolument fabuleuse qui montre toute la puissance, la brutalité, le groove, la lourdeur et l'intelligence du groupe) divisés en quatre chapitres répugnants, assez courts, très brutaux mais bourrés de groove, tantôt rapides tantôt extrêmement pesants, très changeants et à la fois efficaces et complexes puisque la formation d'outre-Rhin démontre à nouveau des qualités techniques exceptionnelles, notamment le bassiste Jacob Schmidt qu'on entend tout du long et ne fait pas que mimer les guitares ("Consumed By Repugnance", "Carnal Deliverance", "Coerced Into Idolatry", "Calculated Barbarity"...), et l'incroyable batteur Lille Gruber qui a su réinventé le style en gardant la base semi-blasts/blasts/thrash/breakdowns tout en incorporant des patterns plus complexes empruntés au jazz ou en utilisant régulièrement mais intelligemment les gravity-blasts. Les influences jazzy sont en effet ici bien plus marquantes que sur l'oeuvre précédente avec des breaks rafraîchissants ("Consumed By Repugnance", "Coerced Into Idolatry") et des riffs biscornus au groove sophistiqué plus techniques que les palm-mute habituels. Christian Kühn est en effet lui aussi un putain de musicien qui insuffle de la personnalité à ses riffs tout en restant fidèle au style, prenant même le temps de poser 2-3 solis chaotiques (qui, il faut avouer, ne servent eux pas à grand chose). Defeated Sanity ferait-il donc du Brutal Technical Slamming Jazz Death Metal?

Mais tout ça, on le savait déjà, le groupe ne fait qu'enfoncer le clou. La véritable inconnue était de savoir ce qu'allait donner la prestation de Magana. Moins guttural/yaourt et plus puissant que Jens Staschel, l'Américain est clairement le meilleur chanteur qu'ait eu le combo. Ce n'est pas encore la panacée, le chant ne sera de toute façon jamais l'atout principal de Defeated Sanity, mais il y a du mieux. On notera notamment les effets de décuplement et d'échos comme sur "Carnal Deliverance" qui donnent parfois un aspect schizophrénique, aliéné à l'atmosphère qui sied à merveille au nom du groupe. En parlant d'atmosphère, il faut préciser que contrairement à la majorité des groupes de brutal death stériles desquels rien ne ressort, Defeated Sanity dégage une vraie ambiance, sans utiliser à outrance des samples. On n'en trouve qu'un ou deux que se partagent "Coerced Into Idolatry" et "Blissfully Exsanguinated", bien glauques et proposant quelques scènes de découpe. Le sample final du bien nommé "Blissfully Exsanguinated" fait même intervenir violon et guitare acoustique. Excellent!

De déception au début, Chapters Of Repugnance est passé à gros pavé addictif. C'est vrai, le manque de blast-beats au profit des slam parts a quelque peu freiné mon enthousiasme et Psalms Of The Moribund demeure intouchable mais Defeated Sanity reste très au-dessus de la quasi totalité des groupes de brutal death US actuels. Gras, vicieux, technique, pachydermique, brutal, chaotique, élitiste, Chapters Of Repugnance fera partie à coup sûr de mon bilan de fin d'année. Et croyez bien qu'en live, c'est encore plus énorme! Respect!

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Squirk citer
Squirk
09/06/2010 20:37
note: 8.5/10
Très bonne chronique, j'aime beaucoup l'introduction ! Moqueur Quant à l'album, j'avoue que j'avais assez peur d'être déçu après l'énorme Psalms Of The Moribund mais les Allemands nous ont une fois de plus pondu une tuerie. Sans égaler POTM, Chapters Of Repugnance rempli parfaitement sa tache, à savoir nous plonger dans une ambiance terriblement malsaine et crade tout en détruisant tout sur son passage ! Bref, énorme album, à la hauteur de la réputation du groupe.
Ander citer
Ander
06/06/2010 20:51
note: 8.5/10
"Defeated Sanity ferait-il donc du Brutal Technical Slamming Jazz Death Metal?"

Oui, donc tu me changes cette étiquette Brutal Death si restrictive pour un tel groupe... Moqueur

Album énorme c'est clair, mais je dirais pas qu'il est meilleur que Psalms (même si j'ai mis une meilleur note à ce Chapters Moqueur). Par contre je trouve Magana monstrueux sur cet album et un des atouts du groupe, je vois pas de meilleur chanteur que lui dans le genre, il arrive à insuffler un peu plus de perversité/cruauté et putridité à cet album qui n'en manque pas. Headbang

Sinon la triplette Blissfully/Calculated/Lurid est clairement l'épitome de cette galette en terme de brutalité.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Defeated Sanity
Brutal Death
2010 - Willowtip Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (14)  8.46/10
Webzines : (16)  8.18/10

plus d'infos sur
Defeated Sanity
Defeated Sanity
Brutal Death Metal / Death Technique - 1993 - Allemagne
  

tracklist
01.  Introitus
02.  Consumed By Repugnance
03.  Carnal Deliverance
04.  Salacious Affinity
05.  Engulfed In Excruciation
06.  Coerced Into Idolatry
07.  Blissfully Exsanguinated
08.  Calculated Barbarity
09.  Lurid Assimilation

Durée : 31'51

line up
parution
4 Mai 2010

voir aussi
Defeated Sanity
Defeated Sanity
Passages Into Deformity

2013 - Willowtip Records
  
Defeated Sanity
Defeated Sanity
Promo 2007 (Promo)

2008 - Autoproduction
  
Defeated Sanity
Defeated Sanity
Psalms Of The Moribund

2007 - Grindethic Records
  
Defeated Sanity
Defeated Sanity
Disposal Of The Dead / Dharmata

2016 - Willowtip Records
  

Essayez aussi
Dying Fetus
Dying Fetus
Destroy The Opposition

2000 - Relapse Records
  
Aversion To Life
Aversion To Life
Ritualized Murder

2006 - Comatose Music
  
Abdicate
Abdicate
Transcend Through Sacrifice

2011 - Sevared Records
  
Logic Of Denial
Logic Of Denial
Atonement

2013 - Comatose Music
  
Phlebotomized
Phlebotomized
Devoted To God / Preach Eternal Gospels (Compil.)

2013 - Vic Records
  

Album de l'année
A.A. Williams + Brutus + Cult of Luna
Lire le live report
Verse
Aggression
Lire la chronique
Suppression
Repugnant Remains (EP)
Lire la chronique
Mur
Brutalism
Lire la chronique
Nightbearer
Tales Of Sorcery And Death
Lire la chronique
Diocletian
Amongst The Flames Of A Bvr...
Lire la chronique
Profanatica
Rotting Incarnation of God
Lire la chronique
Sentient Horror
Morbid Realms
Lire la chronique
Botanist à l'occasion de la sortie de Ecosystem
Lire l'interview
NONE #2 - RAVENSIRE - A Stone Engraved in Red
Lire le podcast
In The Woods...
Cease The Day
Lire la chronique
Pa Vesh En
Pyrefication
Lire la chronique
Stormwarrior
Norsemen
Lire la chronique
Desekryptor
Chasm Of Rot (Compil.)
Lire la chronique
Gone In April
Shards of Light
Lire la chronique
Opeth
In Cauda Venenum
Lire la chronique
Black Cilice
Transfixion of Spirits
Lire la chronique
Fields of the Nephilim
The Nephilim
Lire la chronique
Sepolcro
Amorphous Mass (EP)
Lire la chronique
Malignant Altar
Retribution Of Jealous Gods...
Lire la chronique
The Kryptik
When The Shadows Rise
Lire la chronique
And Now The Owls Are Smiling
The Comforting Grip of Misery
Lire la chronique
Gruzja
Jeszcze Nie Mamy Na Was Pom...
Lire la chronique
Mortiferum
Disgorged From Psychotic De...
Lire la chronique
USE YOUR COLLUSION TOUR
Downcast Collision + Gwar +...
Lire le live report
L'aigle n'est pas réservé aux NAZIS !!!
Lire le podcast
Obsidian Dawn
Echoes Of A New Dawn (EP)
Lire la chronique
Asphodèle
Jours Pâles
Lire la chronique
Dawn Ray'd + False
Lire le live report
Rorcal
Muladona
Lire la chronique