chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
87 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Eibon - Entering Darkness

Chronique

Eibon Entering Darkness
Il y a des mots que l'on a tant utilisés qu'ils ont perdus de leur sens. « Guerre » par exemple : elle n'est pas que les rafales/massacres/bite-couteau/Deströyer 666… Elle est aussi l'attente, le silence glauque des tranchées avant l'assaut, des bâtiments détruits, l'odeur de boue mouillée des champs mêlée au souffre des balles fraîchement tirées, la violence lointaine où un obus sifflant à des kilomètres peut descendre à tout moment sur les soldats, enfin, la paix des morts contrastant avec la peur des vivants.

Eibon rappelle cela. Il évoque aussi l'hostilité rampante de Ramesses, les hurlements damnés d'Arkhon Infaustus, ce black à la française ne s'embêtant pas de catégories comme Glorior Belli (dont Julien vient taper l'incruste sur « These Chains ») ou l'hypnotisme hargneux du Neurosis de Souls At Zero (mais aussi de The Eye Of Every Storm avec « Through The Eyes » et son démarrage proche de celui de « A Season In The Sky ») tout en s'inscrivant finalement dans cette capacité nationale à sortir des références aisées en les entremêlant pour un rendu unique. Au lieu de s'engoncer dans une somme de plans scolairement répétitifs, les parisiens ont trouvé une recette qui étonne par son naturel, sa simplicité de surface, de ses appropriations si bien menées qu'elles paraissent évidentes. Quand les racines ressortent plus nettement, lors d'un tremolo (les très black metal « Through The Eyes » et « Entering Darkness »), d'une envolée des leads (« Substance » et sa terreur magnifiée passées dix minutes) ou d'un bruit des guitares sous-accordées (le début de « Convulse To Reign » entre autres), elles servent une cohérence d'ensemble donnant l'impression d'entrer dans un univers où chaque morceau est une strate d'une terre difficilement pénétrable lors des premières écoutes. Non pas par hermétisme, la musique étant étonnamment mélodique pour ce mélange (j'emploierais presque le terme « catchy » s'il ne sonnait pas aussi déplacé dans ce cadre globalement avare en BPM - pas mal de passages rapides malgré tout, bien plus que l'intitulé stylistique laisse penser - et porté sur les formats longs), mais la profondeur des structures où chaque instrument décide d'avoir son moment de gloire fait que l'on ne sait pas où donner de l'oreille tant TOUT semble à sa place, TOUT happe. Une manière d'engluer l'auditeur par le sournois et non l'habituel étalage sonore en somme.

Les amateurs de lampes cramées ont du le deviner : Eibon préfère une gravité réfléchie à l'amplifier worship et les puristes tiqueront sur les accalmies typiquement « post » de « Convulse To Reign » ou « Substance » par exemple. On pourra regretter ce choix après un EP et un split privilégiant l'amplitude écrasante, les guitares perdant en puissance ce qu'elle gagne en « necro », bien que cette décision se fasse au service de la finesse parcourant Entering Darkness. Un autre mot à qui les doomsters redonnent sa pleine définition par ailleurs, en créant une fausse redondance de thèmes triturés et remodelés à l'envie. Il y a toujours quelque chose de neuf à découvrir ici, renforçant l'immersion dans cet opus suggestif à en devenir cinématographique, apportant un plaisir aussi musical qu'abstrait, impressionnant par son homogénéité. De l'artwork désolé à la production claire-obscure mariant le crépitant au cristallin, le bouillant à l'épuré, en passant par ces textes liés aux remous des compositions, l'album est une seule pierre que l'on imagine déjà angulaire dans la future discographie des Français.

Deux-trois longueurs cependant (la fin de « Path To Oblivion » notamment), mais vu le talent et la sombre harmonie développés sur ce qui reste un premier essai longue durée (!), on ne leur en tiendra pas rigueur. A autant figurer les lieux estropiés, les armées en marche, les charniers où se recueillent les gueules cassées, Entering Darkness en devient désarmant de beauté et j'ai rarement été aussi charmé par un premier jet. Une découverte faite bien trop tard.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

Geisterber citer
Geisterber
26/05/2012 12:18
En concert à Clermont-Ferrand le 23 juin avec MHÖNOS et KARCAVUL!
Karamazov citer
Karamazov
26/05/2012 10:33
note: 8.5/10
Très bonne ambiance.
langoustator citer
langoustator
20/01/2011 20:59
Je l'attends toujours (ah la joie des précommandes Sourire )
Invité citer
bangala
20/01/2011 17:45
Hum, c'Eibon tout ça! Belle découverte, j'aime beaucoup. Et je suis totalement d'accord avec le prmeier paragraphe.
gulo gulo citer
gulo gulo
20/01/2011 16:14
note: 8/10
classieux as fuck

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Eibon
Blackened Doom / Sludge
2010 - Aesthetic Death
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (5)  8/10
Webzines : (12)  8.1/10

plus d'infos sur
Eibon
Eibon
Blackened Doom / Sludge - 2005 - France
  

vidéos
Entering Darkness
Entering Darkness
Eibon

Extrait de "Entering Darkness"
  

tracklist
01.   Through The Eyes
02.   Entering Darkness
03.   Convulse To Reign
04.   Substance
05.   These Chains
06.   Path To Oblivion

Durée : 64 Mns

line up
parution
6 Juin 2010

voir aussi
Eibon / Hangman's Chair
Eibon / Hangman's Chair
Split-CD (Split-CD)

2007 - Bones Brigade Records
  
Eibon
Eibon
II

2013 - Throatruiner Records / Aesthetic Death
  

Essayez aussi
Dragged Into Sunlight
Dragged Into Sunlight
Hatred For Mankind

2011 - Prosthetic Records
  
Vous Autres
Vous Autres
Champ Du Sang

2019 - Sleeping Church Records / Sludgelord Records
  
Indian
Indian
From All Purity

2014 - Relapse Records
  

10 MoM Challenge n°3 - Ceci n'est pas du DEATH !
Lire le podcast
Entombed A.D.
Bowels Of Earth
Lire la chronique
Mavorim
Silent Leges Inter Arma
Lire la chronique
Asagraum
Dawn of Infinite Fire
Lire la chronique
PPCM #23 - CELTIC pas beau ce METAL-là ?
Lire le podcast
Mgla
Age Of Excuse
Lire la chronique
Kruksog
Foster Prudence
Lire la chronique
Darkend
Spiritual Resonance
Lire la chronique
Adherent
Demo MMXVII (Démo)
Lire la chronique
Power From Hell
Profound Evil Presence
Lire la chronique
Imperial Cult
Spasm of Light
Lire la chronique
Jupiterian
Terraforming
Lire la chronique
Vitriol
To Bathe From The Throat Of...
Lire la chronique
Atlantean Kodex
The Course of Empire
Lire la chronique
Acid Witch
Evil Sound Screamers
Lire la chronique
Lutomysl
Ecce Homo
Lire la chronique
Various Artists
Slave to the Grind (DVD)
Lire la chronique
Temple Of Dread
Blood Craving Mantras
Lire la chronique
Antichrist Siege Machine
Schism Perpetration
Lire la chronique
Illdisposed
Reveal Your Soul For The Dead
Lire la chronique
Furia
Grudzień za grudniem
Lire la chronique
Critical Defiance
Misconception
Lire la chronique
Rotted
Pestilent Tomb
Lire la chronique
Jesus Cröst
Tot
Lire la chronique
Impavida
Antipode
Lire la chronique
Imprecation
Damnatio Ad Bestias
Lire la chronique
Esoctrilihum
The Telluric Ashes Of The O...
Lire la chronique
Ossuary
Supreme Degradation (Démo)
Lire la chronique
Wraith
Absolute Power
Lire la chronique
Le Jardin d'Alice
Higenjitsu (非現実)
Lire la chronique