chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
40 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Will Haven - Voir Dire

Chronique

Will Haven Voir Dire
Dans « nos » musiques, la mort tient une place à part. Beaucoup la cherchent et l’ont trouvée, la rêvent et l’ont figurée, souvent de la même manière : salement ou proprement, parfois par la violence, parfois par l’apathie, toujours par l’ambiance et l’attente du couperet qui détruira définitivement toute vie.

Ce travail redondant, Will Haven l’expédie en deux tours de main cognant une corde à vide sur Voir Dire. Pourquoi s’embêter ? La mort ne volute pas mais écrase, sans s’habiller de colimaçons, embranchements, périphéries et voies parallèles puisque son job est de trancher les trachées comme d’autres besognent à l’usine ! Dès « When The Walls Close In », la bande de Californie impose sa touche connue depuis ses débuts par des guitares néo-indus-post-vaguement-core-définitivement-autistes coupant court aux questions que la post-rock « Held to Answer » pouvait créer. The Hierophant était un bébé prématuré, le nouveau-né va t’exploser les genoux à l’ancienne méthode Carpe Diem. Adhère et rampe.

Et qu’est-ce que ça fait du bien ! Si le retour du chanteur historique Grady Avenell ne m’a pas particulièrement estomaqué, le remplaçant Jeff Jaworski ayant fait plus que son taf sur The Hierophant – je ne m’attarde pas sur la présence de Chris Fehn à la basse, sa prestation relevant de l’anecdote autant au niveau du line-up que du service fourni, minime –, Voir Dire redonne à Will Haven son âme de sympathique ferrailleur que les déçus de la pâle copie de Botch sur « A Day Without Speaking » (rien que d’y repenser, ça donne le malaise) étaient allés quêter chez The Abominable Iron Sloth. Regain de hargne et de noirceur donc, les passages down tunés refont pleinement mouches en collant un sourire inversé plutôt que touchant les pommettes (notamment sur la première partie du disque, cf. les fat « Urban Agoge », « The Siege » et « When The Walls Close In ») !

En effet, Voir Dire est sans conteste la plus mortuaire des créations pondues par la formation, ainsi que la plus… raffinée. Ce dernier mot peut paraître étrange dans une chronique d’un disque de Will Haven, il est pourtant ce qui le résume le mieux. L’embauche du claviériste Adrien Contreras a entrainé une cohabitation entre moments typiquement bovins et passages où semble planer le fantôme de Deftones venant mettre à mal un enterrement, les deux se répartissant les pièces à parts égales. Adeptes de la pause maquillée en requiem modernisé (les chœurs et samples se mariant aux sonorités proches de l’orgue et du violon sur « Lives Left To Wither » par exemple), ces nouvelles compositions jouent le contraste en conservant l’impact comme objectif, Grady et une rythmique située entre Neurosis et Godflesh se chargeant de garrotter la diversité en un seul bloc. Moins partisan du choc frontal, Voir Dire bouscule à la fois en répétant le meilleur des œuvres passées et renouvelant le style de Will Haven.

Au regard de cette évolution qui a su garder ce qui a plu précédemment tout en effectuant un pas de côté judicieux (depuis Admiral Angry et consorts, les compteurs se sont trop affolés pour permettre au groupe-précurseur de suivre la concurrence sur le plan de la lourdeur), il n’y a vraiment pas de quoi donner tort à ceux ayant vu en Voir Dire le come-back de l’année 2011. Cependant, les souvenirs de Carpe Diem et El Diablo montrent que la constance marquant les grandes heures des Ricains manque à l’appel, la classique « Harvesting Our Burden » et « Mida’s Secret » (encourageante lors de sa mise en ligne mais finalement faible par rapport à une première moitié tuante) terminant l’album en dents de scie. Du coup, Voir Dire se trouve « rabattu » à une belle troisième place sur le podium des réalisations de Will Haven bien que celle-ci n’est clairement pas une fin en soi, ses coups de pelle ensevelissant sous la tourbe et rythmant le recueillement des endeuillés laissant croire que nous ne sommes pas prêts de clouer le cercueil des éternels seconds de Sacramento !

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

Krokodil citer
Krokodil
30/10/2012 08:56
note: 8/10
jamais été fan du groupe, et pourtant celui-là, c'est comme si c'était pas eux
Invité citer
daminoux
01/02/2012 09:32
trop bon cette album. je ne connais pas beaucoup ce groupe il faut que me penche sur le reste de la disco
gulo gulo citer
gulo gulo
31/01/2012 22:06
note: 7/10
leur meilleur pour le goth que je suis
AxGxB citer
AxGxB
31/01/2012 20:39
note: 7.5/10
Album que je n'ai pas encore assez approfondi mais qui m'a bien enthousiasmé. Chouette chronique, comme toujours.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Will Haven
Post/Noisecore
2011 - Bieler Bros Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (3)  7.5/10
Webzines : (10)  8.63/10

plus d'infos sur
Will Haven
Will Haven
Post / Noisecore - Etats-Unis
  

vidéos
Held To Answer
Held To Answer
Will Haven

Extrait de "Voir Dire"
  

tracklist
01.   Held To Answer
02.   When The Walls Close In
03.   Urban Agoge
04.   The Siege
05.   A Beautiful Death
06.   Object Of My Objection
07.   Mida’s Secret
08.   Lives Left To Wither
09.   Harvesting Our Burden
10.   Lost

Durée : 40 Mns

line up
parution
11 Octobre 2011

voir aussi
Will Haven
Will Haven
Open The Mind To Discomfort (EP)

2015 - Artery Recordings
  
Will Haven
Will Haven
Muerte

2018 - Minus Head Records
  

Essayez aussi
Danishmendt
Danishmendt
Un Passé Aride

2010 - Cold Void Emanations / Odio Sonoro
  
Sofy Major / Membrane
Sofy Major / Membrane
Split (Split 12")

2011 - Prototype Records / Ocinatas Industries / Basement Apes Industries / Bigoût Records / Impure Muzik
  
Sofy Major
Sofy Major
Permission To Engage

2010 - Prototype Records / Odio Sonoro / Basement Apes Industries / Atropine Records / Bigoût Records
  

Stortregn pour l'album "Emptiness Fills The Void"
Lire l'interview
Albionic Hermeticism
Ancient Hermetic Purity
Lire la chronique
Primitive Man / Unearthly Trance
Split (Split-CD)
Lire la chronique
Graven Maul
Crushed Skull Moon (EP)
Lire la chronique
Carnation
Chapel Of Abhorrence
Lire la chronique
Get The Shot
Infinite Punishment
Lire la chronique
Spaceslug
Eye The Tide
Lire la chronique
White Wizzard
Infernal Overdrive
Lire la chronique
Deafheaven
Ordinary Corrupt Human Love
Lire la chronique
Lofofora
L'épreuve du concert (Live)
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 15 - Sky Valley Summer Vibes sous l'Océan
Lire le podcast
PPCM #1 - Faut être un peu pessimiste (Pessimist)
Lire le podcast
Mars Red Sky
Stranded in Arcadia
Lire la chronique
Beyond Carnage
Profane Sounds Of The Flesh...
Lire la chronique
Iskald
Innhøstinga
Lire la chronique
Regnat Horrendum
Heathenland
Lire la chronique
Diocletian + Fin + Funeral Desekrator
Lire le live report
Thou
Rhea Sylvia (EP)
Lire la chronique
Wombripper
From The Depths Of Flesh
Lire la chronique
Ozzy Osbourne
No More Tears
Lire la chronique
Metallica
The $5.98 EP - Garage Days ...
Lire la chronique
Black Sabbath
13
Lire la chronique
Blood Of The Wolf
II: Campaign Of Extermination
Lire la chronique
MoM Poésique - Saor / "La Colline sentant les thyms"
Lire le podcast
Torture Rack
Malefic Humiliation
Lire la chronique
Black Howling
Return of Primordial Stillness
Lire la chronique
Isengard
Høstmørke
Lire la chronique
Devastatiön
Drink With The Devil (EP)
Lire la chronique
Mortem
Deinós Nekrómantis
Lire la chronique
Animals as Leaders
The Joy of Motion
Lire la chronique