chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
189 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Daäth Shadow - Crowns For Kings

Chronique

Daäth Shadow Crowns For Kings
Au chapitre des groupes inconnus mais pas piqués des hannetons, Daäth Shadow en tient une bonne couche. Ne donnant plus un seul digne de vie depuis la sortie de leur unique réalisation et ayant en plus animé les passions dans les interviews de 2009 à cause de leur comportement très « Va te faire foutre, on est les meilleurs, vous êtes tous des putes », le septuor (ouais, ouais,… sept… mais mon petit doigt me dit que c’est hautement symbolique…) néerlandais aura eu l’air d’un vaste de feu de paille pour qui n’aura pas posé une oreille sur « Crowns For Kings ». Une bande de petits cons arrogants bien vite renvoyés à leurs études, c’est effectivement ce qu’on pourrait en penser si on s’arrêtait là.

Sauf que Daäth Shadow aura eu raison d’être arrogant… « Crowns for Kings » est effectivement un album réussi de A jusque Z. Malgré quelques défauts sur lesquels je reviendrais après (encore que ce ne sont pas vraiment des défauts au final…), j’en viens globalement à regretter que Daäth Shadow soit à la limite de la mort musicale. Contrairement à ce qu’aurait pu présager leur attitude visible dans les interviews, la pochette est tout le contraire. Sobre, simple, noyée dans la masse des pochettes de Black/Death, elle n’attire absolument pas l’œil et si on ne m’avait pas orienté vers ce disque, je n’y aurais sans doute jamais porté attention. Un nom imprimé en rouge faiblard sur du noir, un titre d’album invisible et un chandelier tout-ce-qu-il-y-a-de-plus-basique : ça c’est sûr, on est bien loin de l’appât visuel lancé dans la mare des amateurs du genre, mais celui qui achètera ce disque sera pour autant bien récompensé. Par ailleurs, Daäth Shadow est tout sauf une bande de petits cons. Oui monsieur, le groupe maîtrise très bien son occultisme et nous sort des références qu’il faudra creuser si vous désirez en savoir plus, le tout en symbolique numérique et en raccord à des textes occultes venant du monde entier…

Il y a deux aspects musicaux dans cette œuvre. Le premier se remarque dès la première écoute, c’est le côté fondamentalement « classique » de cet opus. Des solos limite heavy (« 1888 Nicolstreet »), des riffs death ultra-classiques à la pelle (« The great Sabbath »), une double voix (une black et une death). Ajoutez à tout ça des éléments de productions un peu convenus comme une double pédale bien triggée ou une distorsion bien connue des amateurs du genre… Bref, tout ça pour dire que le chaland ne sera pas perdu. Mais c’est justement cet aspect qui m’a au départ un peu freiné dans mon ardeur. Pour tout dire, j’ai passé le disque une première fois et ça m’aurait presque ennuyé. « Du classique en veux-tu en voilà sans aucun fond quoi… », me disais-je bêtement…

Sauf que voyez-vous je prends beaucoup le train et dans le train quand on a un T-Shirt Glorior Belli, on a deux choix : subir les discussions de gamins/gamines-à-T-Shirt-Metallica vous accostant en vous parlant du dernier Ultra Vomit ou Cannibal Corpse (sujet au combien irritant pour la personne que je suis, vous en conviendrez… et y’a toujours un de ces sales gosses pour venir me parler, dans chaque train…) ou alors écouter des disques au casque. C’est lors d’une de ces écoutes au casque que j’ai découvert les multiples subtilités de Daäth Shadow qui forment ensemble le deuxième aspect de cette production. Premièrement chaque titre de l’album recèle au milieu un passage plus ambiancé et toujours réussi. D’ailleurs les passages un peu plus simplistes sont là pour amorcer la montée vers les passages plus lent (et au passage, bien plus réussis…). Celui de « The Great Sabbath », de « Servants of LuCiFer » ou du titre éponyme sont vraiment d’un niveau rarement atteint dans le genre. Deuxièmement, en écoutant avec un matériel audio digne de ce nom, vous remarquerez avec joie une kyrielle de trucs totalement hors-sujet et fous : Des claviers psychédéliques qu’on croirait sortir d’un groupe de rock-prog des 70’s, des bends de guitares bizarrement foutus mais carrément jouissifs, des guitares sèches en arpèges ou encore des rythmiques un peu groovy. Tout ceci apporte au final une grande richesse à « Crowns For Kings », une vibration pour ainsi dire très particulière que je n’ai retrouvée dans aucun autre album de Black/death. De plus, parlons un peu des interludes très étranges, ayant un rendu proche de la transe psychoactive expérimentée par les cultures d’Amérique du Sud. Il vous suffit d’écouter « Blood for Qayin » pour vous situer le décor : Un temple maya et un maya en tenue de cérémonie vous apportant une mixture de plantes écrasées dans un petit bol rituel. Quelle excellente idée d’avoir incorporé cette dimension rituelle à un disque très direct car elle forme une petite pause ambiance sympathique et pleine de sens.

Au final, on oublie bien vite les quelques plans un peu lourdingues du groupe pour se concentrer sur les phases plus émotives. Et encore, quand on connaît bien le disque on se met à apprécier certains riffs assez simples car ils forment une sorte d’ascension rondement menée. Les solis un peu bizarres de « 1888 Nicolstreet » deviennent même très agréables quand on les connaît, car ils apportent un grain de folie au titre (au même registre que les claviers par exemple, dans d’autres titres…). « Crowns for Kings » est un grand album. Partagé entre classicisme efficace (et surtout ne rebutant pas les allergiques au solo heavy ou au riff bateau dont je fais partie…) et opus halluciné pour adeptes des transes ritualistes, voilà un album qui aura le mérite de satisfaire deux clans souvent opposés : ceux qui aiment le classique et ceux qui adorent les passages plus expérimentaux.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

3 COMMENTAIRE(S)

mayhem13 citer
mayhem13
24/03/2017 18:23
Belle découverte, ça déboîte!
FleshOvSatan citer
FleshOvSatan
15/09/2012 11:35
note: 9/10
Ça c'est clair et net, je suis bien accroc à ce disque, il tourne une fois par jour depuis 1 bon mois, voire 1 et demi.
Merci encore du conseil amigo !
Invité citer
MST
15/09/2012 08:31
Ouais il cache bien son jeu celui là et on en devient vite accro.
Content de voir qu'il t'as vraiment plu pour finir.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Daäth Shadow
Black/Death
2009 - Osmose Productions
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (2)  7.75/10
Webzines : (2)  7.55/10

plus d'infos sur
Daäth Shadow
Daäth Shadow
Black/Death - Pays-Bas
  

tracklist
01.   Untitled
02.   The Great Sabbath
03.   Servant of L.C.F
04.   Dominus Diabolus
05.   Crowns For Kings
06.   Veni Omnipotens Aeterne Diabolus
07.   Anthem of Death
08.   Blood of Qayin
09.   For Him
10.   Nicolstreet 1888
11.   Through The Dark Waterfalls

Durée : 46.42 min.

line up
parution
14 Décembre 2009

Essayez aussi
Devouror
Devouror
Slay for Satan (EP)

2019 - Metal Zone Records
  
Noctem
Noctem
Haeresis

2016 - Prosthetic Records
  
Hadopelagyal
Hadopelagyal
Nereidean Seismic End

2022 - Ván Records
  
Caveman Cult
Caveman Cult
Savage War Is Destiny

2016 - Rotting Chapel Propaganda
  
Kosmokrator
Kosmokrator
Through Ruin... Behold

2019 - Ván Records
  

Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Innumerable Forms
Pain Effulgence
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
Suicidal Madness
Nous sommes déjà morts
Lire la chronique
SoulReapers
Melody of Chaos
Lire la chronique
KEN Mode
Void
Lire la chronique
Sardonic Allegiance
Coast II (EP)
Lire la chronique
Nyctophilia
Stargazer
Lire la chronique
KEN Mode
Null
Lire la chronique
Perfidious
Savouring His Flesh
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Castle Rat
The Bestiary
Lire la chronique
Ectospire
Spiritual Dismemberment (EP)
Lire la chronique
Defamatory
Path Of No Return
Lire la chronique
Buried Souls
Here Comes the Void (EP)
Lire la chronique
Ruinous Power
Extreme Danger: Prototype W...
Lire la chronique
Kirottu
Barren
Lire la chronique
Chaos Inception
Vengeance Evangel
Lire la chronique
Enthroned
Ashspawn
Lire la chronique
Filthcrawl / Peine Kapital
Split (Split-tape)
Lire la chronique
KEN Mode
Entrench
Lire la chronique
Dead Twilight
Endless Prophecy (Compil.)
Lire la chronique
Karévana
夜明けの空へ – To the Dawn Sky...
Lire la chronique
Collier d'Ombre
Autumnal Fortress
Lire la chronique
Caronte
Spiritus
Lire la chronique
The Body
All The Waters Of The Earth...
Lire la chronique
Various Artists
Judgment Night (Music From ...
Lire la chronique
Gloombound
Dreaming Delusion
Lire la chronique
Death Reich
Stockholm Syndrome (EP)
Lire la chronique
Downthesun
Downthesun
Lire la chronique