chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
140 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Tiamat - Wildhoney

Chronique

Tiamat Wildhoney
Il y a un rapport entre Marduk, Blood of Kingu et Tiamat. Si, si, d'ailleurs c'est MA minute wickipédia, je peux dire ce que je veux. La preuve : dans la mythologie mésopotamienne, Tiamat, mère de tout ce qui existe, prend comme second époux Kingu (également son fils, mais ça c'est dégueulasse) et tous deux sont défaits par Marduk, jeune dieu venu des abîmes. Ce dernier fend Tiamat en deux, créant ainsi la terre et les cieux, tandis qu'il verse le sang de Kingu, engendrant la race humaine. Ceci étant dit, cet imbroglio barbare à la genèse incestueusement suspecte pourrait bien éclairer de ses éléments bouillonnants le curieux virage entrepris par Johan Edlund sur Wildhoney. S'il y a un archétype du disque charnière impossible à classer, c'est bien celui-ci. Quatrième offrande du groupe, qui se retrouve ici presque entièrement renouvelé autour de son frontman charismatique, cet album sépare d'un côté un passé doom/death sophistiqué, et de l'autre un avenir tourné vers un rock gothique plus sage, mais non moins recherché.

Beaucoup tendent à voire en cet album deux parties distinctes, là où je préfère y trouver une progression logique, dont le mouvement général va en effet du sombre vers le clair. Il ne faudrait cependant pas réduire son architecture à ce simple état de fait, car si soubassement et terrasse il y a, le parcours qui mène de l'un à l'autre est autrement plus intrigant que celui qui va de la cave au jardin. Il y a dans cette demeure quelque chose de vieux et de poussiéreux. C'est un dédale tumultueux où s'amassent les parchemins seventies de clairvoyances enfumées. C'est un parcours initiatique. Il te faudra d'abord boire la potion doom « Whatever that Hurt », dont les chœurs voguent les yeux grands ouverts sur leur guitare qui avance au pas lent et saccadé d'une danse incantatoire. Elle est là qui répond au tambour tribal et au clavier tintant comme autant de clochettes suspendues à un plafond maintenant invisible. Les effluves du breuvage te font quitter le sol, traversant « The Ar » jusqu'au 25ème étage et sa mécanique inquiétante (25th Floor), jusque là insoupçonnée. Le rêve te semble à la fois lent et fulgurant, notamment grâce à ces interludes qui appuient l'idée de progression et non de césure. D'ailleurs Edlund t'accompagne, car lui connaît le chemin : il chuchote, grogne, susurre à ton oreille tel le sorcier sous psychotropes qui t'explique le sens caché derrière le pataud de ces voûtes un peu grotesques. C'est à l'orient que l'on pense (le solo de « Whatever that Hurt »), à une nature qui engloutit généreusement ses enfants en un lent processus de digestion (Gaia), à une marche le long du cosmos (l'enchaînement allant de « The Visionnaire » à « Planets »), ou à la paix des rivages méditerranéens (le solo hispanisant de « Do You Dream Of Me », la gratte de « A Pocket Size Sun » imitant le mouvement lascif d'une mandoline vénitienne). Pourtant les impressions restent fugaces, ne laissant comme souvenir que la richesse des étoffes écartées dans ce constant levé de rideau. Wildhoney contient à la fois l'expérience et la révélation. Le miracle d'un solo ou l'intervention limpide d'une guitare acoustique émergent comme le prophète surnage dans une mer d'encens en hélant ses coreligionnaires engourdis. « Do You Dream Of Me ? » résume à lui seul cet état où la came dit vrai, empli d'une sensualité Floydienne mêlée de mélancolie, ressassées sous les astres par son leitmotiv spatial. Il y a franchement de quoi décoller, le mot atmosphérique étant ici décliné à tous les cas, véhiculé tour à tour par chaque organe, de l'évident à l'expérimentation : Wildhoney est doux, accueillant, un peu triste et un peu fou.

L'album reste relativement court (quarante minutes avec les interludes), et surtout un peu simple en apparence. C'est sans compter sur la multitudes d'arrangements discrets qui le parsèment et la production à l'étouffé qui recule et enrichi l'impacte des parties saturées. Inversement, les interventions du clavier, certains arpèges et accords résonnent (au sens propre comme au figuré) avec limpidité, le tout pouvant parfois paraître un peu gourd, mais pas dénué de charme et de patine. Rien ne justifie en tout cas que l'on passe à côté de ce curieux objet, bien à part non seulement dans la discographie du groupe, mais également au sein d'une scène à laquelle il n'appartient finalement qu'à moitié. Enjoy !

DOSSIERS LIES

Dépucelages
Dépucelages
Juillet 2007
  

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

just gnu it citer
just gnu it
07/07/2011 18:34
note: 8.5/10
Réédition de la chronique et petit lifting bien mérité!
Krow citer
Krow
31/08/2007 19:02
note: 9/10
D'un côté, elle fait partie du dossier "dépucelage"...
in_a_close_encounter citer
in_a_close_encounter
31/08/2007 14:49
note: 9.5/10
Une refonte de cette chronique serait effectivement une très bonne chose, tant ce disque mérite qu'on s'y attarde pleinement Sourire
Avec ce cd, Tiamat vient de poser les bases d'un style nouveau: le doom metal atmosphérique.
L'ambiance onirique très particulière qui se dégage de "Wildhoney" est admirable et ne peut laisser l'auditeur indifférent.
Plus l'écoute se prolonge, plus les titres deviennent calmes et planants (à quelques rares exceptions près).
La production quant à elle, n'a pas pris une ride... Un chef-d'oeuvre à (re)découvrir sans plus attendre.
Krow citer
Krow
11/10/2005 20:23
note: 9/10
Aouch, s'te chronique qui la fout mal.

Vivement que je la réécrive.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Tiamat
Doom/Rock-prog atmosphérique
1994 - Century Media Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (11)  8.68/10
Webzines : (13)  8.82/10

plus d'infos sur
Tiamat
Tiamat
Rock gothique - 1989 - Suède
  

vidéos
Whatever That Hurts
Whatever That Hurts
Tiamat

Extrait de "Wildhoney"
  

tracklist
01.   Wildhoney (Instrumental)
02.   Whatever That Hurts
03.   The Ar
04.   25th Floor (Instrumental)
05.   Gaia
06.   Visionaire
07.   Kaleidoscope (Instrumental)
08.   Do You Dream Of Me?
09.   Planets (Instrumental)
10.   A Pocket Size Sun

Durée : 42:10

line up
voir aussi
Tiamat
Tiamat
Prey

2003 - Century Media Records
  
Tiamat
Tiamat
A Deeper Kind Of Slumber

1997 - Century Media Records
  

Red Hot Chili Peppers
The Uplift Mofo Party Plan
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique
To the Lions Tour 2026
Himinbjorg + Putrefaction o...
Lire le live report
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Paterna Spirituum
Pieśni pogardy
Lire la chronique
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Despondency
Matriphagy
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Apolaustic
No Plenitude Without Suffering
Lire la chronique
Vargrav
Dimension: Daemonium
Lire la chronique
Putrefaction of Rotting Corpses (P.O.R.C.)
Sociopatia
Lire la chronique
Deftones
Koi No Yokan
Lire la chronique
Galibot + Mephorash
Lire le live report
A Forest Of Stars
Stack Overflow In Corpse Pi...
Lire la chronique
Nightspell
Darkness Spreads Around (EP)
Lire la chronique