chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
138 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Monster Magnet - Last Patrol

Chronique

Monster Magnet Last Patrol
Dans un genre propice aux réminiscences, MONSTER MAGNET n’est pas le premier à sortir du grenier les vestiges SF des comic books de l’enfance. Plus ou moins récemment, des groupes comme SLEEP (« Dopersmoker ») et THE SWORD (« Warp Riders ») y sont allés de leur hommage à tous ces vieux films abusant de mate-painting et de costumes de foire. A l’évidence, le vaisseau spatial de « Last Patrol » a tout du vieux coucou au tableau de commande recouvert de café (je dis ça pour rassurer les éventuels passagers car en vérité, ça fleure bon le scotch douze ans d’âge et le sandwich sous vide) où la vitesse lumière se gère à coup de poing dans la machinerie. Ce fichu rotor est encore en panne ? Pas de panique. Après des années d’excès en tout genre, Dave Wyndorf semble enfin décidé à lever le pied.

Superbe opener tout en retenue, « I Live Behind The Clouds » donne le ton. Assagie, la bête à cornes galactique regarde filer les étoiles du Marshall William T. O’ Niel telle une vache dans un pré. Car non, Dave Wyndorf n’est ni Captain Kirk, ni un gentil pirate de l’espace promenant sa coolitude en compagnie d’un yéti à cartouchière. Dave est Sean Connery dans « Outland », flic dépêché sur la station minière Con-Amalgamate 27 pour démanteler un trafic de drogue. Concienscieux, il n’hésite pas à goûter au produit pour connaître (toucher) le fond du problème. Quel problème d’ailleurs ? Avec une came pareille, on plane façon space rock comme sur HAWKWIND, sa toute première navette spatiale. Fini le temps de « Powertrip », où MONSTER MAGNET sonnait comme une version métallisée des pionniers du genre. Tout est plus authentique ici, à commencer par le chant : si la puissance est toujours de mise, la partition rock attendue gagne en fragilité, y compris sur les pistes les plus furieuses (« End Of Time », « Mindless Ones »). Et si d’ordinaire l’on rechigne à donner dans le track by track, la progression dramatique sur « Last Patrol » est si évidente que l’impair sera pardonné. Après le démarrage en pilotage automatique sur « I Live Behind The Clouds », la machine s’emballe sur un morceau titre à l’apparence trompeuse ; ça vous secoue gentiment façon traversée de ceinture d’astéroïdes (riffs de plomb et rythmique nerveuse à l’appui) avant de vous pendre, d’une seconde à l’autre, aux lèvres d’un trou noir psyché à n’en plus finir. D’une rare violence, le climax de « Last Patrol » prend des allures de dernier trip sous acide. S’il s’en sort, Dave jure ses grands dieux de ne plus chercher la petite bête. Après tout, si les manches de pioche veulent planer à dix mille entre deux coups de grisou inter galactiques, grand bien leur fasse !

Réveil en douceur, quasi cotonneux, dans une succursale du grand nulle part. Du black-out au blanc immaculé d’une chambre d’hôpital, il n’y a que quelques délicieux accords de gratte savamment distillés sur « Three Kingfishers », pause salvatrice dont le refrain mâtiné de hard rock nous ramène à la case départ. Apaisante en diable, cette double étape en Jérusalem céleste (double dose de morphine avec la touchante « Paradise ») nous retape tant et si bien notre miraculé (Wyndorf victime d’une overdose en février 2006) retrouve l’usage de ses jambes, lesquelles le portent illico jusqu’au bar de la station. « Hallelujah », sa redneck attitude et son coup de santiags dans les parties de l’aviné du comptoir, c’est le baroud d’honneur d’un pilote à l’ancienne, refusant d’emprunter les couloirs galactiques balisés par la compagnie. Conscient d’entrevoir le bout de la piste, Dave lâche alors les chevaux et ne s’octroie plus qu’une dernière halte (« The Duke Of Supernature ») avant la déferlante finale, la bien nommée « End Of Time ». Formidable va-et-vient entre furia rock et ballades électriques, admirablement agencé et composé « Last Patrol » s’achève sur l’intemporelle « Stay Tuned », dernier message radio appelé à résonner dans les recoins d’un univers jadis traversé par DAVID BOWIE : une petite pépite pour finir, pas si éloignée d’une certaine « Space Oddity ». Parfait de bout en bout (bien que plus légers, les deux bonus tracks « Strobe Light Beatdown » et « One Dead Moon » prolongent le plaisir), « Last Patrol » a déjà tout d’un classique. Qu’on se le dise : à force de piocher dans le répertoire des maîtres, cette fois c’est sûr, Dave Wyndorf les incarne pour de bon, les années lumières des seventies.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

7 COMMENTAIRE(S)

Dantefever citer
Dantefever
07/06/2024 17:10
Sosthène a écrit : Dantefever a écrit : Quel pied cet album... Le meilleur Magnet pour moi.
Meilleur que "Dopes to Infinity" ?


Je pense, de très peu, j'adore "Dopes" aussi, mais celui-ci est encore plus abouti je trouve.
Sosthène citer
Sosthène
07/06/2024 10:52
Dantefever a écrit : Quel pied cet album... Le meilleur Magnet pour moi.
Meilleur que "Dopes to Infinity" ?
Dantefever citer
Dantefever
06/06/2024 21:40
Quel pied cet album... Le meilleur Magnet pour moi.
Mera citer
Mera
20/09/2017 13:08
note: 9/10
Putain mais quelle claque ça avait été cet album...
Un parmi tant d'autres que j'avais ajouté à ma playlist Spotify fourre tout de trucs à écouter un jour après avoir jeté un œil à la note. J'avais jamais entendu parler du groupe ni vraiment écouté de Stoner. Quand il a enfin pointé le bout de son nez entre mes oreilles peut-être un mois plus tard, j'ai réalisé que je venais de passer 1h à tapper du pied non stop.
Une réussite dans ses ambiances cosmico-enfumées servies par des textes d'on ne sait quelle dimension. Et une réussite quand le groupe pousse le bouton du turbo réacteur.
L’enchaînement de Hallelujah à End of Time est franchement ultime.

Bref, ça tue. De peur d'être déçu, j'ai même jamais rien écouté d'autre du groupe...
gulo gulo citer
gulo gulo
18/03/2014 17:43
note: 8.5/10
Ils se sont bien repris, oui.
AxGxB citer
AxGxB
18/03/2014 12:34
Je ne l'ai toujours pas écouté... Mais je fais confiance au groupe quant à la qualité de ce nouvel album Sourire
Invité citer
gloom
18/03/2014 11:18
peut être le meilleur album de leur discographie !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Monster Magnet
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (6)  8.83/10
Webzines : (34)  7.94/10

plus d'infos sur
Monster Magnet
Monster Magnet
Stoner - 1989 - Etats-Unis
  

vidéos
Mindless Ones
Mindless Ones
Monster Magnet

Extrait de "Last Patrol"
  

tracklist
01.  I Live Behind The Clouds
02.  Last Patrol
03.  Three King Fishers
04.  Paradise
05.  Hallelujah
06.  Mindless Ones
07.  The Duke Of Supernature
08.  End Of Time
09.  Stay Tuned
10.  Strobe Light Beatdown
11.  One Dead Moon

Durée : 60:58

line up
parution
15 Octobre 2013

voir aussi
Monster Magnet
Monster Magnet
Mindfucker

2018 - Napalm Records
  
Monster Magnet
Monster Magnet
Tab (EP)

1991 - Caroline Records / Glitterhouse Records
  

Essayez aussi
Wo Fat
Wo Fat
Live Juju : Freak Valley and Beyond (Live)

2017 - Ripple Music
  
Red Fang
Red Fang
Murder The Mountains

2011 - Relapse Records
  
The Sword
The Sword
Apocryphon

2012 - Napalm Records
  
Oklahoma Swamp Monster
Oklahoma Swamp Monster
Oklahoma swamp monster (EP)

2013 - Autoproduction
  
Clutch
Clutch
Earth Rocker

2013 - Weathermaker
  

Kerasfóra
Six Nights Beyond The Serpe...
Lire la chronique
Seiden
Ryûkyû Reisen Shinkô (EP) (...
Lire la chronique
Complot!
Victimes innocentes (d'une ...
Lire la chronique
Todesstoss
Das Liebweh​-​Dekret
Lire la chronique
Tzompantli
Beating The Drums Of Ancest...
Lire la chronique
Replacire
The Center That Cannot Hold
Lire la chronique
Scurrilous
Necromantik Self Devourment...
Lire la chronique
Ahab
The Coral Tombs
Lire la chronique
Incipient Chaos
Incipient Chaos
Lire la chronique
Mad Throng
Retribution is at Hand
Lire la chronique
Tomb
The Dark Subconscious (EP)
Lire la chronique
Xasthur
Disharmonic Variations
Lire la chronique
Oozing from the Netherworld
Cryptworm + Slimelord
Lire le live report
Exhumation
Master's Personae
Lire la chronique
Jenner
Prove Them Wrong
Lire la chronique
Nightside
Death From The North
Lire la chronique
Yattering
Human’s Pain
Lire la chronique
Speed
Only One Mode
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juillet 2024
Jouer à la Photo mystère
Earth Crisis
All Out War (EP)
Lire la chronique
Uttertomb
Nebulas Of Self-Desecration
Lire la chronique
Konkhra
Weed Out the Weak
Lire la chronique
Nightrage
Remains Of A Dead World
Lire la chronique
Skelethal
Within Corrosive Continuums
Lire la chronique
Pestilence
Spheres
Lire la chronique
Scattered Remnants
Destined To Fail
Lire la chronique
Erzsébet
Six Hundred and Fifty
Lire la chronique
Grave
Into the Grave
Lire la chronique
Coffin Curse
The Continuous Nothing
Lire la chronique
Seth
La France des maudits
Lire la chronique