Nuclear - Formula For Anarchy
Chronique
Nuclear Formula For Anarchy
Alors que le nouvel album de Slayer « Repentless » commence à sérieusement pointer le bout de son nez et qu’il a même carrément fuité sur le net vous êtes, en bon métalleux moralement responsable, tiraillé de toute part entre céder à la facilité de l’acquisition illégale et l’attente fébrile de la sortie officielle ? Chanceux que vous êtes ! Remerciez donc Nuclear d’avoir ajusté son timing à celui de leurs vénérées idoles et de vous proposer l’amuse-bouche idéal afin de patienter les quelques jours restants.
Loin d’être des lapins de six semaines (« Formula For Anarchy » étant déjà le quatrième full-length d’un groupe comptant plus de dix ans d’existence), nos Chiliens avaient déjà subi les foudres de notre ex-collègue Thomas Johansson lors de leur précédente livraison. La raison ? Un plagiat flagrant (vous direz « un hommage » si vous aviez apprécié) de la bande à Araya, reprenant au millimètre tous les gimmicks des Américains que ce soit en terme de riffing, de chant, de rythmique ou de soli, assaisonné de temps à autres par une discrète repompe de Metallica (souvenez-vous de ce fameux « Belligerence » dont les Mets se sont certainement inspiré pour « Blackened »). On en connait un paquet de groupes qui s’inspirent plus qu’allègrement de leurs idoles mais c’est vrai que Nuclear avait mis la barre très haut. Alors quid de ce nouvel effort ? Le quintette fait-il aujourd’hui plus dans le Megadeth worship ou refait-il les fonds de tiroirs d’Anthrax ? Que nenni ! Vous l’avez compris depuis plusieurs lignes, Nuclear fait encore et toujours du Nuclear, ce qui revient donc à dire que Nuclear fait toujours du Slayer. Je dirais même que Nuclear fait encore plus du Slayer (c’est dire !), le groupe semblant s’être carrément arrêté sur une période bien précise des Californiens. En effet les quelques passages plus mid-tempos (voire mélodiques) de
« Jehovirus » ont été gommés pour nous servir un album tout en vitesse et en agressivité pure et dure, pied au plancher et sans trop de fioritures nous ramenant tout droit à l’époque « Divine Intervention »/ « Undisputed Attitude ». Inutile de vous présenter ces classiques (du moins je l’espère !). « Formula For Anarchy » est probablement le meilleur plagiat du Slayer du milieu des années 90, époque à laquelle Tom, Jeff, Kerry et Dave nous assénaient avec une violence malsaine leurs influences les plus punk. Pas besoin d’en dire beaucoup plus, tout y est ici. Le chant éructé de Matias ? C’est du Araya tout craché. Les riffs incisifs de la paire Puente/Haussmann ? C’est du pur Hanneman/King. Les soli bordéliques ? Idem (c’est à s’y méprendre ! On croirait presque que le petit chauve est en guest sur tous les titres !). La rythmique effrénée en tchouka-tchouka du début à la fin ? Du pur Slayer.
Et c’est peut-être finalement là que Nuclear réussit à garder un minimum d’intérêt, dans cette approche résolument frontale qui n’emprunte pas les chemins de traverse. L’intensité déployée ici est telle durant ces vingt-huit minutes qu’il est finalement presque difficile de décrocher. Il faut avouer que la durée plutôt courte de l’opus facilite grandement l’écoute d’une traite et c’est comme on descend une bière cul sec que l’on s’enfilera cet album à la production plus claire et puissante que sur
« Jehovirus ». Bref pas besoin de tergiverser des lustres : vous aimez Slayer ? Vous vénérez leur période 94-96 ? Vous avez peur de ne pas en avoir pour votre argent avec « Repentless » ? Alors en toute connaissance de cause et si le plagiat pur et simple ne vous pose aucun problème, foncez sur « Formula For Anarchy » et vous découvrirez un groupe qui ressemble presque plus encore à Slayer que Slayer lui-même.
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citer | La 1ère moitié de l'album est en écoute ici. |
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06/09/2015 15:54