chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
119 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

TesseracT - Polaris

Chronique

TesseracT Polaris
« Au commencement était l’émotion »
(Louis-Ferdinand Céline)

Dans la vague djent, TesseracT s’est rapidement distingué de ses compères par son groove catchy porté par une musicalité délicate et à fleur de peau. La technicité, ciment de ce style « meshuggien », n’est pas le propos fondamental du groupe qui préfère exposer et s’exposer à un vaste camaïeu d’émotions. Si le premier album One – plus agressif – posait les bases de leur « son », c’est le suivant, Altered State, qui transcendait ce trait de caractère. Le changement de line-up n’y était d’ailleurs peut être pas pour rien puisque Daniel Tompkins – dit « Dan » – y a laissé sa place pour la voix cristalline et vulnérable de Ashe O'Hara permettant à ce dernier de nous proposer des lignes de chant d’une grande sensibilité. Appuyé par des parties instrumentales très inspirées, ce deuxième opus se révèlera alors d’une profondeur immense et d’une rare émotivité. Vous aurez senti mon affection particulière pour Altered State... Malgré cet attachement pour la voix de Ashe, j’attendais beaucoup de ce Polaris, curieux d’entendre comment le groupe allait gérer le retour de Dan au chant et proposer une suite à son incroyable prédécesseur…

Pour faire court, Polaris est un excellent album. Inégal, certes, mais recelant des purs instants de grâce à vous faire frissonner l’échine. A la première écoute, l’album s’annonce immédiatement comme plus accessible : plus chaleureux qu’Altered State – comme le montre d’ailleurs sa pochette colorée – mais également plus efficace. L’album passe à grande vitesse et on s’étonnerait presque d’arriver si vite à la fin. Et s’il peut sembler plus disparate dans sa structure, en étant uniquement constitué de chansons individuelles (tranchant avec le « partitionnement » de Altered State ou l’épopée Concealing Fate pilier de One), il reste une œuvre cohérente et intime, se construisant autour de mélodies percutantes. En cela, TesseracT reste intègre en conservant ce qui faisait le sel de ses premiers opus mais le rend plus abordable : moins subtil et moins osé, Polaris vous demandera beaucoup moins de temps d’adaptation que ne le requérait Altered State. Pourtant, il ne vous empêchera pas de vous faire voyager, et éventuellement, de vous éblouir avec des passages littéralement incandescents. Là dessus, il est nécessaire de souligner un point fondamental : le travail de Dan à la voix est tout simplement remarquable. Si le bonhomme est capable de proposer de superbes et puissants refrains comme Hexes ou Seven Names – qui s’enracineront littéralement dans votre tête – ou des passages d’une incroyable délicatesse sur Tourniquet – peut être la plus touchante de l’album – il nous gratifie de quelques envolées vocales à couper le souffle sur Phoenix ou Messenger.

D’ailleurs, je ne pense pas trop m’avancer en disant que c’est la voix qui tient l’album. Tout simplement. Première source d’émotion, elle reste la seule à vraiment nous marquer tout le long des 46 minutes et 30 secondes de Polaris (oui, je vous l’ai dit, l’album est plutôt court). Les parties instrumentales, un peu en manque d’inspiration, sont beaucoup moins marquantes que pour Altered State ou One. Peinant à se distinguer de la voix, elles n’en restent finalement que le support et tapissent l’album d’un accompagnement – pas forcement désagréable – mais aux allures de déjà vu. Plus fort encore, les parties de guitares du début de Utopia semblent si proche de certaines parties de Singularity de Altered State (vers la fin du morceau) que l’on pourrait presque aller jusqu’à s’imaginer qu’elles ont été récupérées ! Au final, les deux morceaux s’axant le plus sur la rythmique et l’instrumentation – Dystopia et Utopia – se révèlent les plus faibles de l’album, se manifestant comme des sortes de caricatures paresseuses d’elles mêmes. Et si le talent ou la qualité des musiciens n’est en aucun cas remis en cause, leurs précieux et savoureux antécédents discographiques nous laissaient le droit d’en attendre plus !

Mais on ne va pas tergiverser. Polaris fournit sa dose de sublime, et c’est ce que l’on attendait. Prendre des risques pour proposer quelque chose de nouveau ou de différent, cela peut être un acte justifiant la création, mais en aucun cas je la considère comme nécessaire lorsque le contrat est respecté. Ici, TesseracT remplit le sien et nous transporte une fois de plus avec son metal progressif mélancolique. Avec Ashe et Altered State, la place de la voix a pris une nouvelle envergure. Ici, Dan transforme l’essai et lui donne un nouvel élan. Et si l’on peut reprocher quelques nonchalances instrumentales à Polaris, cela n’est aucunement un frein à l’appréciation de l’album. La suite de l’histoire, maintenant, c’est à TesseracT de la composer.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Rapha3l citer
Rapha3l
12/10/2015 22:09
note: 7.5/10
Neurocatharsis a écrit : Il est bon ce Polaris. Les anglais ont trouvé leur voie, mais c'est dommage que ça manque tant d'ambition.

Il est bon. Cela dit j'avoue être déjà passé à autre chose... et être revenu à Altered States ! Les mélodies sont belles mais l'ensemble de l'album est - comme tu dis - peu ambitieux. C'est dommage. Avec un peu de recul, aujourd'hui je passerai la note à 6,5 je pense. Je m'ennuie un peu à l'écouter. Sa magie disparait très vite.

Je dirais même que le"drewsif stalin's musical endeavors", même s'il est très très "tesseractien", est beaucoup plus qualitatif Clin d'oeil
Neuro citer
Neuro
08/10/2015 11:55
Il est bon ce Polaris. Les anglais ont trouvé leur voie, mais c'est dommage que ça manque tant d'ambition.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
TesseracT
Metal Progressif
2015 - Kscope Music
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (2)  7/10
Webzines : (26)  7.59/10

plus d'infos sur
TesseracT
TesseracT
Metal Progressif - 2007 - Royaume-Uni
  

écoutez
tracklist
01.   Dystopia
02.   Hexes
03.   Survival
04.   Tourniquet
05.   Utopia
06.   Phoenix
07.   Messenger
08.   Cages
09.   Seven Names

line up
parution
18 Septembre 2015

Essayez aussi
Dream Theater
Dream Theater
A Dramatic Turn of Events

2011 - Roadrunner Records
  
Oceans of Slumber
Oceans of Slumber
The Banished Heart

2018 - Century Media Records
  
Vanden Plas
Vanden Plas
Colour Temple

1994 - InsideOut Music
  
Sleep Token
Sleep Token
Take Me Back To Eden

2023 - Spinefarm Records
  
Monuments
Monuments
In Stasis

2022 - Century Media Records
  

Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique
To the Lions Tour 2026
Himinbjorg + Putrefaction o...
Lire le live report
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Paterna Spirituum
Pieśni pogardy
Lire la chronique
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Despondency
Matriphagy
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Apolaustic
No Plenitude Without Suffering
Lire la chronique
Vargrav
Dimension: Daemonium
Lire la chronique
Putrefaction of Rotting Corpses (P.O.R.C.)
Sociopatia
Lire la chronique
Deftones
Koi No Yokan
Lire la chronique
Galibot + Mephorash
Lire le live report
A Forest Of Stars
Stack Overflow In Corpse Pi...
Lire la chronique
Nightspell
Darkness Spreads Around (EP)
Lire la chronique
Funebrarum
Exhumation Of The Ancient (EP)
Lire la chronique
Imperial Triumphant
Alphaville
Lire la chronique