chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
281 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Cult Of Occult - Five Degrees of Insanity

Chronique

Cult Of Occult Five Degrees of Insanity
Ça y est : Cult of Occult a enfin sorti le disque que j'attendais de lui. Ce n'était pas l'envie de parler de ces Lyonnais qui manquait, tant ces derniers me paraissent avoir tout compris au sludge et au doom. Seulement, ils ne parvenaient pas encore à totalement le transmettre sur disque, leur EP de 2011 ainsi que leur premier album Hic Est Domus Diaboli finissant par me laisser de côté, ennuyé, là où la vision de quelques-uns de leurs concerts me réjouissait constamment. Une question de temps en résumé, à laquelle Five Degrees of Insanity a apporté la réponse que j'espérais.

Car les Français y sont pleinement à la hauteur de cette image avec laquelle ils aiment jouer, celle de petits alcooliques cyniques entièrement dédiés au doom. Aussi laborieux, répétitif et sadique que ses prédécesseurs, Five Degrees of Insanity attrape cette chose qui fait la différence, au point de rendre à-part cette musique à la fois simple (« conne » suis-je tenté de dire, tant elle adore les clichés jusqu’au-boutistes du lourd et lent) et hors de toutes références. On pourra acculer de citations pour tenter de les circonscrire, appeler Electric Wizard, Indian, Funeralium ou les premiers Monarch! à la barre à mine : ces ouvriers-ci ne travaillent que leur ouvrage à eux, décharné et écorché au possible, brutal et moderne en surface (il n'y a qu'aujourd'hui qu'on peut atteindre – et avoir envie d'atteindre – ce genre d'extrême), rapidement essentiel une fois l'épaisse couche sonore dépassée.

« Essentiel », le mot est lâché. Plutôt que de rappeler un groupe en particulier, Cult of Occult donne à entendre une musique qui s'arrête au sludge et au doom dans leur forme la plus canonique, sérieuse. « Une lettre d'amour à ces genres » pourrais-je ajouter, si je ne connaissais pas cette tendance à l'ironie propre aux Lyonnais. Et pourtant, derrière ce look de fan de Celeste, derrière la provocation basse, je ne peux m'empêcher de voir ici autre chose que du bêta pour lui-même. Il y a un profond respect caché quelque part sous l'attachement à la torture et au maladif, dans cette musique si excessive qu'elle ne paraît exister que pour ses créateurs. Un morceau comme « Misanthropic » est un peu plus qu'« idiot », ses incursions black metal savamment distillée jusqu'à un final élevé et brumeux prouvant que les Français ont un peu fait marcher leur cerveau cette fois-ci. Chaque titre possède d'ailleurs son atmosphère à lui, tout en s'inscrivant dans une totalité où rien ne paraît avoir été laissé au hasard. Des autistes, certes, mais atteints de leur syndrome d'Asperger particulier.

Forcément, un disque de cette ampleur, tablant autant sur le temps long, donne aussi à s'emmerder sur quelques passages. Mais on finit par se rendre compte que ce ne sont jamais les mêmes, ce qui fait juger comme coupable notre endurance plutôt que leurs compositions. Chose normale pour une musique qui fonctionne autant à l'obsession, pour eux comme pour nous, à la manière de ce chanteur qui n'en finit plus d'apposer ses hurlements tour-à-tour sludge, black et doom/death sur l'ensemble. De la production qui communique chaque ligne au burin, à ces guitares qui ont enfin compris l'intérêt de savoir se mettre parfois en retrait pour taper plus dur par la suite, rien à regretter ici – excepté ce léger sentiment de tenir une formation perçue autrefois comme lambda et désormais précieuse, capable de détruire toutes réserves à l'avenir, mais qui en garde encore un peu sous le pied.

Cult of Occult fait imaginer une France où les racailles écouteraient Grief et auraient toutes des tronches de brutes à l'ancienne, type Gérard Lanvin jeune. Une France terne et qui tâche faite d'immeubles gris se crashant sur nos yeux et de mentalités vouées à la haine de son prochain, où le seul rire possible est un ricanement. Peut-être bien le seul groupe actuel qui n'usurpe pas son aura nihiliste, au final.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

3 COMMENTAIRE(S)

Ikea citer
Ikea
10/01/2016 14:43
note: 8/10
gulo gulo a écrit : Clairement, on n'imagine pas le disque servir de bande-son à "Les Lyonnais" avec Gérard Lanvin vieux (gitan embourgeoisé en Audi) ^^

Ahah, je pensais plus à son rôle de petite frappe prise dans un jeu sordide dans "Le prix du danger" ! J'aime à me souvenir de lui comme ça et pas autrement Mr Green
gulo gulo citer
gulo gulo
10/01/2016 14:36
note: 8/10
Clairement, on n'imagine pas le disque servir de bande-son à "Les Lyonnais" avec Gérard Lanvin vieux (gitan embourgeoisé en Audi) ^^
Ikea citer
Ikea
10/01/2016 14:32
note: 8/10
Album en écoute sur Bandcamp !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Cult Of Occult
Sludge / Doom Metal
2015 - Deadlight Entertainment
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (6)  7.92/10
Webzines : (7)  7.85/10

plus d'infos sur
Cult Of Occult
Cult Of Occult
Sludge / Doom Metal - 2011 - France
  

écoutez
tracklist
01.   Alcoholic
02.   Nihilistic
03.   Misanthropic
04.   Psychotic
05.   Satanic

Durée : 70 minutes 58 secondes

parution
9 Novembre 2015

voir aussi
Cult Of Occult
Cult Of Occult
Ruin (EP)

2021 - Music Fear Satan
  
Cult Of Occult
Cult Of Occult
I Have No Name

2026 - Autoproduction
  
Cult Of Occult
Cult Of Occult
Anti Life

2018 - Music Fear Satan
  

Essayez aussi
Cattle Hammer
Cattle Hammer
Dark Thoughts With Lights Out

2026 - Road To Masochist
  
Deveikuth
Deveikuth
0.∅ (EP)

2016 - Autoproduction
  
Gawthrop
Gawthrop
Kuboa

2025 - Sentient Ruin Laboratories
  
The Dead
The Dead
Ritual Executions

2010 - Diabolical Conquest Records
  
Whitehorse
Whitehorse
Death Weight

2021 - Sweat Lung Records / Heavy Machinery Records
  

Noothgrush
Violations Of Consensual Re...
Lire la chronique
The Young Gods
L'Eau rouge
Lire la chronique
Violent Omen
Locomotive of Chaos
Lire la chronique
Rorcal
Mahre
Lire la chronique
Egregore
It Echoes In The Wild
Lire la chronique
Ritual
Fathomless Vacuity
Lire la chronique
Taufpatin
Les Malfaisances de la Tauf...
Lire la chronique
Amanite
The Dance Of The Datura
Lire la chronique
Flammene Fra Nord
Flammene Fra Nord
Lire la chronique
Victims of Contagion
Egregore
Lire la chronique
Deathcult
Cult Of The Dog
Lire la chronique
Viscerated
Rotting Golgothan Remains (EP)
Lire la chronique
Staghelm
Natura Semper Praevalet
Lire la chronique
Forteresse
Métal Noir Québécois
Lire la chronique
Tårfödd
En Känsla Av Hopplöshet
Lire la chronique
Ablazen Winds
Kingsblood / Burning Script...
Lire la chronique
Razorvoid
Into The Void
Lire la chronique
Nihilism
Psalms of Misanthropy
Lire la chronique
30 Years of Humanity is the Devil
Integrity + Ringworm + Worl...
Lire le live report
Bras d'Honneur
Hate Speech
Lire la chronique
Feast of Brutality Tour
Darkall Slaves + Deflesher ...
Lire le live report
Drudkh
Thaw (EP)
Lire la chronique
Miroir, mon beau miroir...
Lire l'interview
Uncle Acid And The Deadbeats
Shapes Of Midnight
Lire la chronique
Dissimulator
Artifice Dissolves
Lire la chronique
Firtan
Helios
Lire la chronique
Enterré Vivant
Kurogoku (黒獄)
Lire la chronique
Appear Disappear Tour
The Young Gods
Lire le live report
Mortal Decay
Sickening Erotic Fanaticism
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Octobre 2026
Jouer à la Photo mystère