chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
174 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Cult Of Occult - Five Degrees of Insanity

Chronique

Cult Of Occult Five Degrees of Insanity
Ça y est : Cult of Occult a enfin sorti le disque que j'attendais de lui. Ce n'était pas l'envie de parler de ces Lyonnais qui manquait, tant ces derniers me paraissent avoir tout compris au sludge et au doom. Seulement, ils ne parvenaient pas encore à totalement le transmettre sur disque, leur EP de 2011 ainsi que leur premier album Hic Est Domus Diaboli finissant par me laisser de côté, ennuyé, là où la vision de quelques-uns de leurs concerts me réjouissait constamment. Une question de temps en résumé, à laquelle Five Degrees of Insanity a apporté la réponse que j'espérais.

Car les Français y sont pleinement à la hauteur de cette image avec laquelle ils aiment jouer, celle de petits alcooliques cyniques entièrement dédiés au doom. Aussi laborieux, répétitif et sadique que ses prédécesseurs, Five Degrees of Insanity attrape cette chose qui fait la différence, au point de rendre à-part cette musique à la fois simple (« conne » suis-je tenté de dire, tant elle adore les clichés jusqu’au-boutistes du lourd et lent) et hors de toutes références. On pourra acculer de citations pour tenter de les circonscrire, appeler Electric Wizard, Indian, Funeralium ou les premiers Monarch! à la barre à mine : ces ouvriers-ci ne travaillent que leur ouvrage à eux, décharné et écorché au possible, brutal et moderne en surface (il n'y a qu'aujourd'hui qu'on peut atteindre – et avoir envie d'atteindre – ce genre d'extrême), rapidement essentiel une fois l'épaisse couche sonore dépassée.

« Essentiel », le mot est lâché. Plutôt que de rappeler un groupe en particulier, Cult of Occult donne à entendre une musique qui s'arrête au sludge et au doom dans leur forme la plus canonique, sérieuse. « Une lettre d'amour à ces genres » pourrais-je ajouter, si je ne connaissais pas cette tendance à l'ironie propre aux Lyonnais. Et pourtant, derrière ce look de fan de Celeste, derrière la provocation basse, je ne peux m'empêcher de voir ici autre chose que du bêta pour lui-même. Il y a un profond respect caché quelque part sous l'attachement à la torture et au maladif, dans cette musique si excessive qu'elle ne paraît exister que pour ses créateurs. Un morceau comme « Misanthropic » est un peu plus qu'« idiot », ses incursions black metal savamment distillée jusqu'à un final élevé et brumeux prouvant que les Français ont un peu fait marcher leur cerveau cette fois-ci. Chaque titre possède d'ailleurs son atmosphère à lui, tout en s'inscrivant dans une totalité où rien ne paraît avoir été laissé au hasard. Des autistes, certes, mais atteints de leur syndrome d'Asperger particulier.

Forcément, un disque de cette ampleur, tablant autant sur le temps long, donne aussi à s'emmerder sur quelques passages. Mais on finit par se rendre compte que ce ne sont jamais les mêmes, ce qui fait juger comme coupable notre endurance plutôt que leurs compositions. Chose normale pour une musique qui fonctionne autant à l'obsession, pour eux comme pour nous, à la manière de ce chanteur qui n'en finit plus d'apposer ses hurlements tour-à-tour sludge, black et doom/death sur l'ensemble. De la production qui communique chaque ligne au burin, à ces guitares qui ont enfin compris l'intérêt de savoir se mettre parfois en retrait pour taper plus dur par la suite, rien à regretter ici – excepté ce léger sentiment de tenir une formation perçue autrefois comme lambda et désormais précieuse, capable de détruire toutes réserves à l'avenir, mais qui en garde encore un peu sous le pied.

Cult of Occult fait imaginer une France où les racailles écouteraient Grief et auraient toutes des tronches de brutes à l'ancienne, type Gérard Lanvin jeune. Une France terne et qui tâche faite d'immeubles gris se crashant sur nos yeux et de mentalités vouées à la haine de son prochain, où le seul rire possible est un ricanement. Peut-être bien le seul groupe actuel qui n'usurpe pas son aura nihiliste, au final.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

3 COMMENTAIRE(S)

lkea citer
lkea
10/01/2016 14:43
note: 8/10
gulo gulo a écrit : Clairement, on n'imagine pas le disque servir de bande-son à "Les Lyonnais" avec Gérard Lanvin vieux (gitan embourgeoisé en Audi) ^^

Ahah, je pensais plus à son rôle de petite frappe prise dans un jeu sordide dans "Le prix du danger" ! J'aime à me souvenir de lui comme ça et pas autrement Mr Green
gulo gulo citer
gulo gulo
10/01/2016 14:36
note: 8/10
Clairement, on n'imagine pas le disque servir de bande-son à "Les Lyonnais" avec Gérard Lanvin vieux (gitan embourgeoisé en Audi) ^^
lkea citer
lkea
10/01/2016 14:32
note: 8/10
Album en écoute sur Bandcamp !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Cult Of Occult
Sludge / Doom Metal
2015 - Deadlight Entertainment
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (6)  7.92/10
Webzines : (6)  8.04/10

plus d'infos sur
Cult Of Occult
Cult Of Occult
Sludge / Doom Metal - 2011 - France
  

écoutez
tracklist
01.   Alcoholic
02.   Nihilistic
03.   Misanthropic
04.   Psychotic
05.   Satanic

Durée : 70 minutes 58 secondes

parution
9 Novembre 2015

voir aussi
Cult Of Occult
Cult Of Occult
Anti Life

2018 - Music Fear Satan
  
Cult Of Occult
Cult Of Occult
Ruin (EP)

2021 - Music Fear Satan
  

Essayez aussi
Unearthly Trance
Unearthly Trance
V

2010 - Relapse Records
  
Bongripper
Bongripper
Hippie Killer

2007 - Autoproduction
  
Grief
Grief
Miserably Ever After

1996 - Pessimiser Records / Theologian Records
  
Eibon
Eibon
II

2013 - Throatruiner Records / Aesthetic Death
  
Mudbath
Mudbath
Corrado Zeller

2015 - Lost Pilgrims
  

Cryptum
Enter The Cryptum (Démo)
Lire la chronique
Canid
Saint Serpentine
Lire la chronique
Ayreon
The Human Equation
Lire la chronique
Primal Rage
Awakening The Masses
Lire la chronique
Deranged
Place Of Torment (Démo)
Lire la chronique
Cenotaph
Precognition to Eradicate
Lire la chronique
Dordeduh
Har
Lire la chronique
Pillars Of Ivory
The Biblical Scripturez (Co...
Lire la chronique
Wiegedood
There’s Always Blood At The...
Lire la chronique
Telluric Effluvium
Dissolution of the Threefol...
Lire la chronique
Pombagira
Baron Citadel
Lire la chronique
Occulsed
Crepitation Of Phlegethon
Lire la chronique
Wombbath
Agma
Lire la chronique
Lalu
Paint The Sky
Lire la chronique
Black Metal Awards 2022 (6ème édition)
Lire le podcast
Godflesh
Pure
Lire la chronique
Cadaveric Fumes
Echoing Chambers Of Soul
Lire la chronique
Zxui Moskvha
Bloody Remembrance of the N...
Lire la chronique
Significant Point
Into the Storm
Lire la chronique
Otargos
Xeno Kaos
Lire la chronique
Aorlhac
Pierres Brûlées
Lire la chronique
Wound
Serpent Crown
Lire la chronique
Bilan 2021
Lire le bilan
Thyrathen
Thanatopsis
Lire la chronique
Beneath the Sod
Beneath the Sod (EP)
Lire la chronique
Panopticon
...and Again into the Light
Lire la chronique
Just Before Dawn
In The Realm Of Ash And Sor...
Lire la chronique
Fluids / Pharmacist
Feeling Young (Split 12")
Lire la chronique
Bornholm
Apotheosis
Lire la chronique
Ossaert
Pelgrimsoord
Lire la chronique