chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
107 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Enslaved - E

Chronique

Enslaved E
Quand on embrasse une longue carrière en musique, comment durer, garder l’inspiration et l’envie de créer ? Enslaved se pose-t-il seulement ces questions ? Après un quart de siècle d’existence, de multiples changements de direction musicale, une constance sans faille et ce quatorzième album, on peut parfois douter. On avait laissé les vikings sur un In Times tout juste convaincant et le départ de Herbrand Larsen, claviériste et chanteur emblématique depuis la forte alchimie trouvée par le groupe depuis le début des années 2000. A l’annonce de la sortie de ce très sobrement intitulé E, le doute est certain cette fois.

Et soyons honnêtes, ce nouvel album balaye les inquiétudes. Rien que par la prestation du petit nouveau Håkon Vinje (vingt-cinq ans seulement), qui remplace brillamment son aîné. Les similitudes sont bluffantes, à peine son chant peut paraître plus froid et moins charmeur. Mais en tous cas il maintient sans effort la musicalité du groupe, l’alternance des voix chère aux Norvégiens n’étant aucunement bouleversée. Une alternance que l’on retrouve dès le premier couplet de l’ambitieux « Storm Son » qui ouvre la voie tout en douceur et plénitude. Les chœurs relaxants dans la première partie répondent à ceux, quasiment incantatoires, de la seconde, qui accélère le rythme et introduit un black metal aux accents épiques. Malgré la volonté d’Ivar Bjørnson de prendre un nouveau départ avec ce disque et l’aboutissement d’une formule avec son prédécesseur selon lui, aucune vraie surprise ici, encore que l’on déceler une certaine fraicheur retrouvée. Les nombreux chœurs qui parsèment l’album y sont pour beaucoup, donnant enfin la dimension ancestrale et profondément humaine, voire tribale, recherchée par le groupe, délaissant l’individualisme pur pour la coopération. « The River’s Mouth » contraste fortement avec ce premier morceau étiré : ici on trouve clairement la chanson la plus typiquement metal du lot, la seule misant sur un format ramassé de cinq minutes. Les riffs martiaux et un refrain assez accrocheur suffisent pour un résultat simple pour du Enslaved, mais plutôt efficace.

Mais évidemment la constante est toujours de mêler black metal et musique progressive. Evidemment l’ombre des seventies planent sur E, à en écouter les savoureux lead de guitare du très mélodique « Axis of the Worlds ». Et on constate une fois de plus qu’Enslaved brille toujours plus quand il s’agit d’être audacieux et de surprendre. La preuve ? « Sacred Horse » est assurément le moment le plus progressif de l’album, et aussi le plus mémorable. La courte ouverture paisible est vite soufflée par le bouillonnement des riffs agressifs assez reconnaissable des Norvégiens. Le calme reviendra le temps d’une deuxième partie à l’atmosphère mystique prenante. Si cet ensemble de six pistes, franchement homogène en qualité, parait manquer de moments forts comme celui-ci, ce n’est que là-dessus que l’on peut aller chercher le défaut. Pour le reste, la production soignée au possible et l’interprétation sans faille ne surprend pas de la part d’un groupe qui nous a dernièrement habitué à des standards de qualité inatteignable pour l’immense majorité de la scène black metal. Le jeu de Cato Bekkevold parait toujours aussi transparent, dans le sens positif où il parait toujours s’effacer derrière la musique pour ne jamais s’emballer, être toujours parfaitement à propos. Si bien sûr on attendait d’entendre comment allait sonner le successeur d’Herbrand Larsen au poste clé du chant clair et des claviers, définitivement Håkon Vinje s’en sort rudement bien. Il suffit de poser une oreille sur « Feathers of Eolh », qu’il porte à lui seul entre envolée tragique et retombée intimiste. Quant à son travail sur les ambiances, il est plus détaillé et discret, là où son prédécesseur comptait souvent sur quelques nappes imposantes et emphatiques. Tout cela contribue encore au climat assez brumeux de l’album. De climat il sera question une dernière fois avec la conclusion très réussie « Hiindsiight », mêlant saxophone, passages nostalgiques très riches et riff flirtant avec le doom (style que les groupes extrêmes et progressifs d’expérience abordent rarement, mais souvent avec brio quand c’est le cas). Le final planant très « floydien » clôture l’album sur une touche très agréable.

Enslaved prouve une nouvelle fois que sa faim de création ne le quitte pas, même s’il manque probablement un ou deux sommets à ce E pour en faire l’album qui aurait convaincu tout le monde. Le changement de personnel est des plus concluant, et le groupe continue à réussir là où un certain Opeth a échoué, à savoir faire de la musique progressive pour faire une musique différente, et non pas un exercice de style. Du très solide de la part d’un groupe qui dure, et qui décidemment arrive toujours à faire rimer régularité et qualité.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

NightSoul citer
NightSoul
21/11/2017 09:16
Idem que Fabulon et AxGxB !
Un peu de mal avec tous ces groupes "Black/Prog"(Oranssi Pazuzu en tête) qui mêlent un Black très très dilué et un rock prog 70's stéréotypé.
Le mélange ne prend pas tellement avec ce groupe pour moi... Dommage.
Gothenburg citer
Gothenburg
20/11/2017 22:17
Gros album une fois de plus mais... Il y a un MAIS, je le trouve un peu moins singulier que les deux derniers, on dirait un extension de Riitiir, même la cover fait dans le mimétisme, une sorte de riitiir avec des mélodies dépressives ici et là sorties d'un bellow the lights. Puis il a également moins d'homogénéité que les albums précédents qui avaient tous une forme de theme dans la produciton et dans la composition, alors qu'ici on un peu de tout, c'est le reproche que je lui ferais...

J'espérais la lune, mais au final c'ets quand même une belle addition dans leur discographie, c'est le principal. Mention spéciale au claviériste qui à l'air de magnifiquement remplacer le précédent, qui était d'ailleurs assez moyen vocalement en live alors que lui semble bien maitriser le domaine au vu des dernières vidéos live, RDV au trabendo pour vérifier tout ça.
Fabulon citer
Fabulon
20/11/2017 10:50
Un peu pareil que ci-dessous, uniquement quelques écoutes au compteur mais pour le moment impossible de rentrer dedans, je le trouve chiant cet album...

AxGxB citer
AxGxB
20/11/2017 10:54
Trop peu d'écoutes derrière mois pour dresser un avis définitif mais en ce qui me concerne, la sauce à du mal à prendre pour le moment.
gulo gulo citer
gulo gulo
19/11/2017 21:48
note: 8.5/10
Une splendeur.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Enslaved
Black Metal Progressif
2017 - Nuclear Blast Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  8.5/10
Webzines : (13)  8.4/10

plus d'infos sur
Enslaved
Enslaved
Black Metal Progressif - 1991 - Norvège
  

vidéos
Storm Son
Storm Son
Enslaved

Extrait de "E"
  
The River's Mouth
The River's Mouth
Enslaved

Extrait de "E"
  

tracklist
01.   Storm Son  (10:54)
02.   The River's Mouth  (5:12)
03.   Sacred Horse  (8:12)
04.   Axis of the Worlds  (7:49)
05.   Feathers of Eolh  (8:06)
06.   Hiindsiight  (9:32)

Durée : 49:45 minutes

line up
parution
13 Octobre 2017

voir aussi
Enslaved
Enslaved
In Times

2015 - Nuclear Blast Records
  
Enslaved
Enslaved
Axioma Ethica Odini

2010 - Indie Recordings
  
Enslaved
Enslaved
Return To Yggdrasill (DVD)
(Live In Bergen)

2005 - Tabu Recordings
  
Enslaved
Enslaved
RIITIIR

2012 - Nuclear Blast Records
  
Enslaved
Enslaved
Vertebrae

2008 - Indie Recordings
  

Essayez aussi
Borknagar
Borknagar
Urd

2012 - Century Media Records
  
Ars Moriendi
Ars Moriendi
La singulière noirceur d'un astre

2014 - Archaic Sound
  
In Human Form
In Human Form
Opening of the Eye by the Death of the I

2017 - I, Voidhanger Records
  
Montes Insania
Montes Insania
Absurdum

2015 - More Hate Productions
  
Dark Fortress
Dark Fortress
Ylem

2010 - Century Media Records
  

Déception de l'année
Le Canyon - Spécial 2 + Concours - Le Dernier Sabbath
Lire le podcast
Ton MoM en Stream (pilote) - Cherchons du "Medieval Death Metal"
Lire le podcast
Bloodbath
The Arrow of Satan Is Drawn
Lire la chronique
Bâ'a / Hyrgal / Verfallen
s/t (Split-CD)
Lire la chronique
Cerebral Rot
Cessation Of Life (Démo)
Lire la chronique
Nécrocachot
Malfeu
Lire la chronique
Kult
The Eternal Darkness I Adore
Lire la chronique
Monolyth
A Bitter End - A Brave New ...
Lire la chronique
Profane Order
Tightened Noose Of Sanctimo...
Lire la chronique
The Great Old Ones au LADLO Fest - 10th Year Anniversary
Lire l'interview
Steingrab
Jahre nach der Pest
Lire la chronique
Lucifer's Hammer
Time is Death
Lire la chronique
Livid
Beneath This Shroud, the Ea...
Lire la chronique
Deiquisitor
Downfall Of The Apostates
Lire la chronique
Infestus
Thrypsis
Lire la chronique
Author & Punisher
Beastland
Lire la chronique
Bölzer + One Tail, One Head + Orkan + Taake
Lire le live report
Vanhelgd
Deimos Sanktuarium
Lire la chronique
VƆID
Jettatura
Lire la chronique
Obskuritatem
U Kraljevstvu Mrtvih...
Lire la chronique
Behemoth
I Loved You at Your Darkest
Lire la chronique
Aorlhac au LADLO Fest - 10th year anniversary
Lire l'interview
Alchemyst
Nekromanteion
Lire la chronique
Jesus Piece
Only Self
Lire la chronique
Black Sin
Solitude Eternelle
Lire la chronique
Unholy Baptism
Volume I: The Bonds of Serv...
Lire la chronique
Frozen Graves
Frozen Graves
Lire la chronique
Les clips dans le black metal (Et ta gueule !)
Lire le biographie
Solar Temple
Fertile Descent
Lire la chronique
Nuisible
Slaves and Snakes
Lire la chronique