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Sun Of The Sleepless / Nachtmahr - I

Chronique

Sun Of The Sleepless / Nachtmahr I (Split-CD)
J'ai découvert ce cd en parcourant le site de l'excellent label allemand Lupus Lounge (SECRETS OF THE MOON, ARCTURUS, DORNENREICH, SILENCER). Ayant vu que SUN OF THE SLEEPLESS et NACHTMAHR étaient les one-man-band respectifs de deux membres de EMPYRIUM, je me suis jeté dessus à l'aveuglette.
Et mon Dieu, je ne m'attendais pas ça !

Partie SOTS :
Tout commence sur A Wolf in the Sheep Skin Clad. L'ambiance sombre et glauque, un beat electro, une voix chuchotée. Puis surgit sans crier gare la déferlante engloutissant tout sur son passage, et qui définit le style musical à suivre pendant les quelques 30 min à venir. SOTS nous déballe un black metal très lourd, pesant et dépressif, mélangeant tantôt beat electro, tantôt parties plus calmes. Puis vient Romanze Zur Nacht, avec son riff principal carrément apocalyptique et dévastateur, comme si tout bonheur venait de nous être enlevé, comme si on venait d'assister à la décapitation de sa famille. S'en suit Dunkelheit, reprise de BURZUM. Aucune surprise, elle reste fidèle à l'originale. D'ailleurs, on remarque que la voix d'Ulf (Schwadorf, oui oui, vous avez bien lu) ressemble beaucoup à celle de Varg époque Filosofem. Après la tempête et les ténèbres, vient Neunter November, un morceau électro, reposant, mais tout aussi sombre. On enchaîne Tausend Kalte Winter, où comment exprimer la montée en puissance de la guitare et de la mélancolie. Assurément le morceau phare de ce split. Et on finit en beauté sur Spring 99, morceau lent, calme et de toute beauté, reflétant la tristesse de son créateur comme un livre peut révéler l'état d'esprit de son auteur. Tout au long de ses morceaux, Ulf nous fait bénéficier de mélodies discrètes mais efficaces, permettant d'accroître le sentiment de désespoir.
Somme toute, SOTS est très intéressant, très riche, accordant la part belle aux ambiances polaires, hivernales (on pourrait presque palper la neige, le flou qui nous entoure à l'écoute de ces mélopées). Vivement l'album !

Partie Nachtmahr :
On change d'ambiance. La voix est plus "rugueuse", plus percutante. Le black metal de Nachtmahr est plus direct; il comporte moins de fioriture, renforçant le côté raw de la musique, tout en bénéficiant d'une production plus que convenable, tout comme la partie de SOTS. D'ailleurs, NACHTMAHR semble avoir un tout autre but que SOTS. Alors que ce dernier semble vouloir nous montrer à quel point la vie est triste, NACHTMAHR prône plutôt l'annihilation des sentiments, et l'exaltation de la destruction. Ici ne règne qu'haine et violence. NACHTMAHR pousse le sadisme tellement loin qu'il n'hésite pas à incérer des passages à la guitare acoustique, comme pour mieux savourer les excès de violence. Paradoxalement, la musique de NACHTMAHR a beau être agressive, elle n'est pas spécialement violente non plus. Tous ces sentiments sont retransmis plutôt par la voix et les riffs, ces derniers étant vraiment bien trouvé, augmentant le sentiment de mal-être développé. Les trois morceaux, sobrement intitulés I, II et III, s'écoutent d'une traite. Après ce quart d'heure de haine, on est en droit d'attendre une fin grandiose et sauvage, une outro développée nous permettant d'entrevoir le futur et l'extermination proche de l'humanité (au sens de l'adjectif "humain"), mais que nenni, voilà que se termine le cd au milieu d'un blast beat, faisant vite place à la frustration et l'impression d'avoir écouté une oeuvre inachevée. C'est dommage, car NACHTMAHR avait si bien commencé qu'on était en droit d'attendre une fin à la hauteur. Tant pis.
D'une certaine manière, NACHTMAHR contribue à continuer le chemin tracé en première partie par SUN OF THE SLEEPLESS. On pourrait voir ici une certaine logique de composition; SOTS joue sa partie déprimée et mélancolique, et NACHTMAHR prend le relais en détruisant les sentiments humains, nous évitant une déprime certaine.

A la manière d'un album conceptuel, ce split est très bien agencé et pourrait laisser croire que nous avons un album à part entière entre les mains. Du très bon, à manger sans faim.

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Sun Of The Sleepless / Nachtmahr
Black metal
2004 - Lupus Lounge
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  7.57/10

plus d'infos sur
Sun Of The Sleepless
Sun Of The Sleepless
Black Metal - 1999 - Allemagne
  
Nachtmahr
Nachtmahr
Allemagne
  

écoutez
tracklist
Part Sun of the Sleepless :
01.   A Wolf in the Sheep Skin Clad
02.   Romanze zur Nacht
03.   Dunkelheit (Burzum cover)
04.   Neunter November
05.   Tausend kalte Winter
06.   Spring '99
Part Nachtmahr :
07.   I
08.   II
09.   III

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