chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
296 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Grief - Come To Grief

Chronique

Grief Come To Grief
Lourd, haineux, écrasant, misanthrope, pataud, nihiliste et... lourd et haineux : il n'y pas quinze mille manières de présenter ce premier album de Grief.

En effet, les amateurs de sludge auront beau chercher dans leur dictionnaire ou encore se frotter la tête dans l'espoir que des analogies ou métaphores en sortent, Come to Grief est essentiellement « lourd et haineux », reprenant la radicalité des œuvres précédentes des Ricains (cf. la compilation Dismal) au format longue-durée. Cinquante-cinq minutes qui pèsent des tonnes et semblent durer des plombes, dans un extrémisme qui, encore aujourd'hui alors que de nombreuses formations ont repris à leur compte l'objectif affiché ici, fait serrer les dents et se préparer mentalement avant d'appuyer sur le bouton « lecture ».

C'est que, dans cette façon de s'appesantir, de n'offrir que des riffs terrassants et obsédants dans leur descente perpétuelle, on a rarement fait mieux que Come to Grief. À la fois sorte de cahier des charges et d'aboutissement de ce sludge « sick » [sic], il abandonne tout ce que le style peut avoir de « groove » pour faire ressortir cette détresse particulière, sale, surpuissante dans son écroulement, où l'on veut faire mal aux autres car on a mal soi-même. Certes, Grief n'a jamais été un groupe joyeux. Mais il est ici à son plus triste et implacable.

...Je l'ai déjà dit ailleurs mais cela est encore plus vrai ici : le sludge, cette musique qui fait sienne la misère, la drogue, la crasse, se doit, pour être pleinement convaincant, de ne jamais oublier qu'il est de la musique. Un peu comme pour ces films de genre qui souhaitent mettre un coup de pied dans le cinéma dit traditionnel, ses œuvres marquantes se reconnaissent à ce qu'elles arrivent à transmettre au-delà d'une marginalité revendiquée. Et Come to Grief, derrière son apparente envie d'être le disque le plus linéaire et idiot du sludge, possède ce petit supplément d'âme qu'il ne doit qu'à lui, cet espèce de romantisme qu'il y a à « aller au fond des choses », décelable jusque dans son titre. « To come to grief », traduction anglaise d'« échouer » aussi bien que d'« avoir de graves ennuis » : il n'en faut pas plus pour montrer où emmènent ces riffs semblant tourner à vide, les quelques rares incartades au tempo d'escargot donnant l'impression d'être des tentatives d'accélération rapidement vouées à l'échec.

Soyez prêt à entendre le même morceau pendant une heure avant de vous enquiller Come to Grief. Sans doute les quatre notes utilisées à sa réalisation changent d'un titre à l'autre : elles donnent pourtant le sentiment d'être continuellement les mêmes. Par chance, ce morceau est assez bon pour qu'on écoute cet album jusqu'au bout à chaque fois, à genoux devant tant de maîtrise développée à rendre réel un certain fantasme de sludge, celui « heavy as fuck », hostile, malade, où placer ses connaissances en MST et hallucinations vécues lors de bad trips.

« Objectivement » la plus affreuse création de cette bande d'affreux, Come to Grief n'est cependant pas celle qui me plaît le plus quand je pense à la discographie des Ricains. Le meilleur est encore à venir, là où Grief mettra en surface un peu d'eau dans son vin, pour devenir en réalité encore plus possédé. Indiscutablement extrême, marquant à plus d'un titre, son jusqu’au-boutisme n'est que le premier pas vers un ailleurs qui fera de cette formation encore injustement méconnue cette entité si délicieuse et hors-normes, loin des cadres habituels du sludge. En 1994, Grief montrait déjà qu'il n'était pas un groupe comme les autres. Il ne lui restait plus qu'à montrer qu'il n'y aura jamais d'autres groupes comme lui.

Note : L'album a été réédité en 2010 par Willowtip Records avec un titre-bonus, « Bury the Dead », enregistré pour un film d'horreur jamais sorti (I Am Vengeance). Un morceau clairement destiné aux insatiables, aimant qu'on leur dise « Il en reste un peu, je vous le mets quand même ? » l'estomac déjà plein, mais que j'avoue souvent passer.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Ikea citer
Ikea
28/09/2017 06:29
note: 8.5/10
AxGxB a écrit : Parfaite bande-son à ma (re)lecture de La Nuit de Druillet. "Mourir, Crâne, Shitte, Crève, Au Sang, Baisée, Ende !"

Ah, moi c'est Horrorhammer de Abscess que j'aime m'enfiler avec La Nuit ! Headbang
AxGxB citer
AxGxB
27/09/2017 23:17
note: 8.5/10
Parfaite bande-son à ma (re)lecture de La Nuit de Druillet. "Mourir, Crâne, Shitte, Crève, Au Sang, Baisée, Ende !"

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Grief
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (4)  8.5/10
Webzines : (5)  7.66/10

plus d'infos sur
Grief
Grief
Sludge - 1991 † 2009 - Etats-Unis
  

formats
  • CD / 1994 - Century Media Records
  • CD / 2010 - Willowtip Records

tracklist
01.   Earthworm  (09:50)
02.   Hate Grows Stronger  (08:23)
03.   World Of Hurt  (05:03)
04.   I Hate You  (06:10)
05.   Ruined  (04:26)
06.   Fed Up  (06:29)
07.   Stricken  (06:00)
08.   Come To Grief  (08:11)

Durée : 54:32

line up
parution
6 Août 1994

voir aussi
Grief
Grief
Dismal (Compil.)

1993 - Common Cause
  
Grief
Grief
Miserably Ever After

1996 - Pessimiser Records / Theologian Records
  
Grief
Grief
...And Man Will Become The Hunted

2000 - Pessimiser Records
  
Grief
Grief
Torso

1998 - Pessimiser Records
  

Essayez aussi
Come to Grief
Come to Grief
Pray for the End (EP)

2020 - Grievance Records
  
Resent
Resent
Crosshairs

2020 - Dry Cough Records / Nerve Altar / Rope Or Guillotine
  
Thou
Thou
Umbilical

2024 - Sacred Bones Records
  
Radien
Radien
Maa (EP)

2016 - Indépendant
  
Come to Grief
Come to Grief
The Worst of Times (EP)

2017 - Fuck Yoga Records
  

Puritan Bone
Ecstasy On The Frontier Of ...
Lire la chronique
Umulamahri
Learning The Secrets Of Aci...
Lire la chronique
Kreator
Krushers Of The World
Lire la chronique
20th Anniversary
Celeste + Ways.
Lire le live report
Chat Pile / Hayden Pedigo
In The Earth Again (Coll.)
Lire la chronique
Ellende
Zerfall
Lire la chronique
Self Hypnosis
Contagion of Despair
Lire la chronique
His Hero Is Gone
Fifteen Covnts of Arson
Lire la chronique
Phantom Corporation
Time And Tide
Lire la chronique
Sad Whisperings
The Hermit
Lire la chronique
Crush Your Soul
Ice Water
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Cross Of Disbelief
Hands Bound In Absent Praye...
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Carnal Savagery
Crypt Of Decay
Lire la chronique
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Cave In
Tides Of Tomorrow (EP)
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
Ernte
Der schwarzen Flamme Vermäc...
Lire la chronique
Invictus
Nocturnal Visions
Lire la chronique
Bloodtruth
Execration
Lire la chronique
The Gates Of Slumber
Stormcrow (EP)
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Daughters of Sophia
(4.0°) Tsalmaweth
Lire la chronique
Mütiilation
Pandemonim Of Egregores
Lire la chronique
Oppression
No Safe Place
Lire la chronique
The Gates Of Slumber
Hymns Of Blood And Thunder
Lire la chronique
Tower
Let There Be Dark
Lire la chronique
Terres Froides
Enfe (EP)
Lire la chronique
Bezdan
Upon The Altar
Lire la chronique