chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
197 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Black Sabbath - Born Again

Chronique

Black Sabbath Born Again
Je tiens à réparer une injustice. Cela fait trop longtemps que Born Again est considéré comme un mauvais album. Est-ce son artwork immonde, choisi à dessein par Don Arden, alors manager de BLACK SABBATH pour choquer les culs bénis? Est-ce son mixage dégueulasse, réalisé intentionnellement pour que le disque passe mieux sur les radios américaines, le son originel plus gras et plus riche n’étant pas calibré pour les passages radio ? Est-ce la participation unique de Ian Gillian qui apporte au disque une coloration particulière ? Ou bien est-ce juste que pour une grande partie des fans, le Sabbat Noir ne peut exister sans Ozzy ou Dio au micro?

Quelles que soient les raisons invoquées par ses détracteurs, cet album paru en 1983 est souvent considéré comme raté, y compris par ses protagonistes. "J'ai vu la pochette et j'ai vomi, puis j'ai écouté le disque et j'ai encore vomi" (Ian Gillian, 1983).

Pourtant, à bien y regarder, le onzième album studio de BLACK SABBATH est bien plus intéressant que la somme de ses défauts. Le disque réunit trois des quatre membres historiques : Tony Iommi, Geezer Butler et Bill Ward qui enregistre ici son dernier album avec BLACK SABBATH. Le jeu du batteur n’a plus la fougue débridée des premiers opus (il sort de cure de désintox et confessera que c’est le premier album qu’il ait enregistré en étant totalement sobre), pourtant on retrouve dans les plans de batterie un petit peu du Sab des années 70. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la basse de Geezer Butler, totalement sous-mixée et la plupart du temps inaudible.
Comme à son habitude, Tony Iommi envoie du bois, Born Again étant un recueil de riffs cool (“Trashed”, “Disturbing The Priest”, “Zero The Hero”, “Digital Bitch”, “Keep it Warm”) égaillés par quelques soli lumineux, notamment le magnifique pont de “Zero The Hero”. Suite à la défection de Ronnie James Dio (pendant le mixage du Live Evil), le chant est confié à Ian Gillian. Selon la légend, l’ex DEEP PURPLE aurait accepté le poste à l’issue d’une journée et une nuit entière de beuverie au pub. "We had a drink, then another drink, and another drink, and another drink. The pub opened and closed and opened again and closed and we were still ther. And at the end of the night we had a band together" (Tony Iommi, 2012). Enfin, Geoff Nicholls présent dans le groupe mais non crédité comme membre à part entière, est plutôt discret, ses nappes de claviers ne venant que parcimonieusement enrichir quelques instrus.

Le mixage n’a pas la rondeur habituelle des disques du combo mais ce qu’il perd en lourdeur, le disque le gagne en agressivité et en tranchant. Born Again est un album plus hard que heavy, assez similaire en cela aux productions de l’époque, notamment la vague naissante du Glam Metal et du Sleaze Rock (c’est tout particulièrement marquant sur “Digital Bitch”, son intro endiablée, son riff tranchant, son chant agressif et ses paroles faisant subtilement référence à Sharon Osbourne).
La galette est aussi le témoignage d’une époque où Tony Iommi et ses potes avaient encore quelques idées amusantes pour pimenter leurs productions. Born Again est en effet le dernier opus du Sab intégrant des interludes instrumentaux pour briser le rythme et faire ressortir les parties agressives. Pour l’instru aqueux “The Dark” et l’intro de “Stonehenge”, les brummies ont eu l’idée d’enregistrer le son produit par une enclume frappée par une barre d’acier pendant qu’elle sombrait lentement dans une baignoire en fonte pleine d’eau. Il faut s’imaginer la scène : pendant toute une journée les gars se sont relayés pour soulever une enclume (c’est lourd, une enclume) et la lâcher dans une baignoire en enregistrant le son avec un magnéto. Aujourd’hui, il suffit de choper un sample sur le net, mais en 1983, ces quelques secondes énigmatiques ont demandé une journée de prises de son, ça force le respect.

Certes, les paroles écrites par Ian Gillian n’ont pas la profondeur ni la noirceur de celles de Geezer Butler, le gallois s’étant souvent inspiré d’événement survenus pendant l’enregistrement pour ses lyrics. Bill Ward plante sa voiture : “Trashed”, le curé de la paroisse locale se plaint de ne pas pouvoir faire répéter sa chorale à cause du bruit des enregistrements : “Disturbing The Priest”. Don Arden évoque la trahison de sa fille Sharon devenue le manager et l'épouse d'Ozzy Osbourne : “Digital Bitch”. Mais le chanteur apporte aussi au disque une folie débridée voisine de celle d’Ozzy et totalement absente du répertoire de Dio. En attestent notamment les cris hystériques sur "Thrashed", les rires de dément sur “Disturbing The Priest” et “Digital Bitch”. Et puis Ian Gillian est un vocaliste au moins aussi bon que Dio, quoique dans un registre différent, il donne à ses compos une profondeur remarquable reposant sur des variations de rythmes, des changements de tessiture notamment sur le très réussi “Zero The Hero” et le mid tempo brumeux “Born Again”.

Unanimement descendu en flamme par la critique, l’album remporte un vif succès public à sa sortie en août 1983. Il faut dire que la réunion des interprètes de deux formations britanniques mythiques a de quoi séduire. Malheureusement, la lune de miel est de courte durée, Ian Gillian, décidant de quitter le Sab pour participer à la reformation de DEEP PURPLE à l’issue de la tournée Born Again.

La tournée a surtout marqué les mémoires pour avoir inspiré une scène hilarante de Spinal Tap. Suite à un quiproquo entre Tony Iommi et son décorateur, la réplique de Stonehenge destinée à décorer la scène a été construite à l’échelle 1:1 au lieu de 1:10. Non seulement c’est un enfer à transporter mais la plupart des salles réservées pour la tournée ne sont pas assez grandes pour l’installation qui servira seulement une poignée de fois. En outre, Ian Gillian n’ayant pas réussi à mémoriser les textes des chansons antérieures du Sab collait des antisèches sur la scène et finissait par improviser des paroles ou fredonner vaguement pour masquer les blancs. Malgré cela, les concerts donnés par le gang à cette époque figurent parmi les meilleurs lives du Sab. L’album réédité en 2012 comporte un cd bonus avec des prises live captées pendant cette tournée, Ian Gillian y interprète des compos des période Ozzy et Dio avec une maestria et un feeling bluffants. Ce live est un témoignage d’autant plus intéressant que après le départ de Ian Gillian à la fin de la tournée Born Again, aucune des chansons de l’album n’a plus jamais été interprétée en live.

Born Again n’a probablement pas la portée historique d’un Master Of Reality ni le génie baroque d’un Sabbath Bloody Sabbath mais le disque a beaucoup de choses à vous apprendre sur le Sab. Il est le témoin de son époque et un vestige d’une réunion curieuse et attachante entre cinq artistes ayant partagé, le temps d’un disque, une vision commune.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Black Sabbath
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (3)  7.83/10
Webzines : (13)  6.89/10

plus d'infos sur
Black Sabbath
Black Sabbath
Heavy / Doom - 1969 † 2017 - Royaume-Uni
  

vidéos
Trashed
Trashed
Black Sabbath

Extrait de "Born Again"
  
Zero The Hero
Zero The Hero
Black Sabbath

Extrait de "Born Again"
  
Zero The Hero
Zero The Hero
Black Sabbath

Extrait de "Born Again"
  

tracklist
01.   Trashed  (04:16)
02.   Stonehenge  (01:58)
03.   Disturbing The Priest  (05:49)
04.   The Dark  (00:45)
05.   Zero The Hero  (07:35)
06.   Digital Bitch  (03:39)
07.   Born Again  (06:34)
08.   Hot Line  (04:52)
09.   Keep It Warm  (05:36)

Durée : 41:04

line up
parution
7 Août 1983

voir aussi
Black Sabbath
Black Sabbath
Dehumanizer

1992 - I.R.S. Records
  
Black Sabbath
Black Sabbath
Black Sabbath

1970 - Warner Bros. / Vertigo
  
Black Sabbath
Black Sabbath
Live at Last (Live)

1980 - NEMS Records
  
Black Sabbath
Black Sabbath
Heaven And Hell

1980 - Warner Bros. / Vertigo
  
Black Sabbath
Black Sabbath
The Eternal Idol

1987 - Warner Bros. / Vertigo
  

Essayez aussi
The Wizar'd
The Wizar'd
Ancient Tome of Arcane Knowledge

2014 - Barbarian Wrath
  
Cirith Ungol
Cirith Ungol
One Foot In Hell

1986 - Restless Records
  
While Heaven Wept
While Heaven Wept
Of Empires Forlorn

2003 - Rage Of Achilles Records
  
Pagan Altar
Pagan Altar
Lords of Hypocrisy

2004 - Oracle Records
  
Doomsword
Doomsword
The Eternal Battle

2011 - Dragonheart Records
  

Tristengrav
II - Nychavge (EP)
Lire la chronique
Fluoride
Disentanglement
Lire la chronique
Soul Blind
Greatest Hits Vol. I (Compil.)
Lire la chronique
Putrid Offal
Sicknesses Obsessions
Lire la chronique
Novae Militiae
Topheth
Lire la chronique
Ascended Dead / Evil Priest
Nexus Of The Black Flame / ...
Lire la chronique
Uada
Djinn
Lire la chronique
Drowning / Misgivings
Requiem For Gods Perdition ...
Lire la chronique
Polymoon
Caterpillars Of Creation
Lire la chronique
Candiria
Beyond Reasonable Doubt
Lire la chronique
L'affaire JP FOURNIER... L'illustrateur qui tua son père.
Lire le podcast
Darkened
Kingdom Of Decay
Lire la chronique
The Great Old Ones
Cosmicism
Lire la chronique
Eirik
Omnis Erit Eductus
Lire la chronique
Paradise Lost
Gothic
Lire la chronique
Bestial Invasion
Monomania
Lire la chronique
Palehorse
Soft as Butter; Hard as Ice
Lire la chronique
Lik
Misanthropic Breed
Lire la chronique
Necrot
Mortal
Lire la chronique
Diabolic pour "Mausoleum of the Unholy Ghost"
Lire l'interview
Skeletal Remains
The Entombment Of Chaos
Lire la chronique
Diabolic
Mausoleum of the Unholy Ghost
Lire la chronique
Katavasia
Magnus Venator
Lire la chronique
Hulder
De Oproeping Van Middeleeuw...
Lire la chronique
Morta
Fúnebre (EP)
Lire la chronique
Disembowel
Echoes Of Terror
Lire la chronique
Mimorium
Blood of Qayin
Lire la chronique
Bethlehem
Dictius Te Necare
Lire la chronique
StoneBirds
Collapse and Fail
Lire la chronique
Twitch of the Death Nerve
A Resting Place for the Wra...
Lire la chronique