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Father Befouled - Desolate Gods

Chronique

Father Befouled Desolate Gods
Je n'y croyais plus. Après moult déceptions, j'avais fini par me convaincre que Father Befouled et moi, c'était de l'histoire ancienne. Quel dommage qu'après un tel premier album que Obscurus Nex Cultus, une de mes sorties Incantation-worship préférées, le groupe ait petit à petit perdu l'inspiration pour devenir sur son dernier méfait Revulsion Of Seraphic Grace carrément insipide. Cinq ans après, les Américains viennent de sortir de leur grotte avec un nouvel album, Desolate Gods, toujours sur Dark Descent Records. Cette annonce n'a soulevé aucun enthousiasme de ma part, persuadé que Father Befouled était désormais condamné à errer parmi la tripotée de clones d'Incantation sans intérêt. Pourquoi ai-je quand même voulu y jeter une oreille? Pour la pochette bien dégueulasse du russe Alex Shadrin (non ce n'est pas Antichrist Kramer comme je l'avais d'abord pensé)? Pour leur donner une toute dernière chance parce que je suis un mec sympa? Parce que Dark Descent? Parce que je reste curieux, même des groupes qui n'en finissent plus de me décevoir? Il y a sans doute un peu de tout ça. Quoiqu'il en soit, je l'ai bien écouté ce Desolate Gods. Et j'ai bien fait car, contre toute attente, il bute méchamment!

Qu'est-ce qui a donc pu changer? Eh bien rien pourtant, si ce n'est le bassiste Jake Kohn, remplacé par Rhys Spencer (Abyssion, Altar Of Profanation). Ce n'est bien sûr par ce changement de personnel anodin qui se trouve à l'origine de cette bonne surprise puisque le duo d'origine Justin Stubbs et Wayne Sarantopoulos que l'on retrouve également chez Encoffination (le tribute doom/death à Incantation) reste aux manettes. La formule de Father Befouled n'a pas évolué non plus. On se retrouve toujours en face d'un death metal old-school, brutal, sombre et caverneux dont l'influence principale reste Incantation (oui, encore!). Les morceaux y sont simples, courts, directs et ils envoient la sauce. La formation propose en gros une alternance entre des riffs en tremolo dark et evil sur des passages rapides soit en skank beats (tchouka-tchouka mon amour!) soit blastouillés, et des séquences aux riffs mid-tempo plus tempérés voire carrément doomy histoire d'instaurer une ambiance des plus noires et menaçantes. Pas mal d'harmoniques sifflées et de solos chaotiques aussi pour faire saigner les oreilles des culs-bénis. Sans oublier le chant profond d'outre-tombe. Il s'agit donc d'une recette ultra classique que l'on connait depuis longtemps et pas mal à la mode ces dernières années avec tous ces adeptes d'Incantation qui ont fleuri. On sait quand le groupe va accélérer et quand il va ralentir. Il n'y a aucune originalité à attendre de ce Desolate Gods. À la rigueur deux leads sur "Ungodly Rest" (2'46) et l'instrumental "Vestigial Remains" (2'25) qui sonnent un peu différemment des autres car plus "aériennes" et "lumineuses" (notez bien les guillemets, on n'est pas non plus chez Kids United ici!). J'ai aussi senti davantage d'influences Grave Miasma sur pas mal de tremolos mid-tempo poussiéreux appuyés ("Offering Revulsion" à 0'45, "Mortal Awakening" à 2'15, , "Ungodly Rest" à 0'44, "Divine Parallels" à 0'15, "Desolate Gods" à 0'54), ainsi que du Vasaeleth quand Father Befouled bourre le plus (genre sur "Exalted Offal" à 0'48). Sinon on ne peut pas dire que le combo ait beaucoup évolué. La seule vraie différence avec les dernières réalisations décevantes, c'est en fait tout simplement l'inspiration. Et pour moi, c'est surtout ça qui compte! Le style a beau n'être pas du tout original et déjà fait des milliers de fois, les morceaux ne pas être très développés et, histoire de chercher la petite bête dans les détails, les spoken words à la fin de l'album s'avèrent plutôt incongrus tout comme "Exalted Offal" se place comme le morceau le moins passionnant car un peu vite expédié (même si ce n'est pas le plus court et qu'il passe quand même bien). Il n'empêche, Desolate Gods et ses trente petites minutes passent nickel chez moi et ce depuis la première écoute. Ça a fait tilt tout de suite, ce qui est toujours bon signe. Les écoutes suivantes ont confirmé le regain de forme des Américains. C'est efficace à mort, bien aidé par une production puissante mais suffisamment sale pour sonner honnête, l'ambiance ténébreuse prenante est bien là (l'excellente intro instrumentale "Exsurge Domine" vous plongera dedans dès le début) avec des moments écrasants bandants et des élans de brutalité foutrement jouissifs et surtout, les riffs se révèlent tout à fait satisfaisants. Vous l'aurez compris, j'ai pris mon pied à l'écoute de ce Desolate Gods qui me réconcilie enfin avec Father Befouled.

Autant dire qu'il s'agit là du meilleur album du combo d'Atlanta depuis l'excellent Obscurus Nex Cultus qui m'avait converti au groupe à l'époque avant qu'il me déçoive de plus en plus. C'est un peu comme retrouver une ex avec laquelle on a connu de bons moments mais qui n'a fait que vous casser les couilles par la suite, vous obligeant à lâcher l'affaire. On la recroise un peu par hasard des années plus tard, on commence à discuter par politesse puis on finit par se remémorer les bons souvenirs avant de la convaincre d'aller au pieu pilonner cette salope, en grand romantique fan de death metal, parce qu'elle vous a quand même bien fait chier cette conne! Father Befouled n'a rien changé à sa formule, on baigne toujours dans le Incantation-like plus bourru que jamais, il a juste retrouvé l'inspiration qui le fuyait depuis presque dix ans en sortant un opus bref et concis qui tartine et écrase comme on aime. Je trouve même Desolate Gods supérieur au pourtant pas mauvais Profane Nexus tout juste sorti par la bande à McEntee et dont je vous parlerai bientôt. Bref, si vous aimez Incantation ou des groupes plus récents comme Grave Miasma et Vasaeleth et que vous n'en avez jamais assez de ce style de death metal sombre et evil revenu à la mode depuis quelque temps, ce nouveau Father Befouled me semble faire partie des indispensables de l'année.

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3 COMMENTAIRE(S)

Keyser citer
Keyser
22/08/2017 19:13
note: 8/10
Ikea a écrit : ça aurait été chouette un trio Phrenelith / Incantation / Father Befouled mais ce sera sans moins pour ce dernier... Pas mauvais, mais tellement moins intéressant (et personnel) que son prédécesseur à mon goût...

Vous l'adorez avec gulo mais putain qu'est-ce qu'il était chiant... Personnel? Voilà bien quelque chose que n'a jamais été Father Befouled à mon avis! Vous n'aimez pas les plaisirs simples de la vie, c'est tout Moqueur)!
Ikea citer
Ikea
22/08/2017 17:38
note: 6/10
ça aurait été chouette un trio Phrenelith / Incantation / Father Befouled mais ce sera sans moins pour ce dernier... Pas mauvais, mais tellement moins intéressant (et personnel) que son prédécesseur à mon goût...
gulo gulo citer
gulo gulo
22/08/2017 15:03
note: 6/10
Là, tu t'es chié dessus, mon Wayne.

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Father Befouled
Death Metal
2017 - Dark Descent Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (3)  6.67/10
Webzines : (9)  7.75/10

plus d'infos sur
Father Befouled
Father Befouled
Death Metal - 2006 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Exsurge Domine (Intro) (1'46)
02.   Offering Revulsion (4'53)
03.   Mortal Awakening (3'27)
04.   Exalted Offal (3'31)
05.   Ungodly Rest (5'18)
06.   Divine Parallels (3'33)
07.   Vestigial Remains of... (instrumental) (3'16)
08.   Desolate Gods (4'25)

Durée : 30'09

line up
parution
23 Juin 2017

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Revulsion Of Seraphic Grace

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2010 - Relapse Records
  
Father Befouled
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Obscurus Nex Cultus

2008 - GasMask Productions
  

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