chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
114 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Sektarism - La mort de l'infidèle

Chronique

Sektarism La mort de l'infidèle
On va tout de suite apporter quelques précisions. D’abord, ce nouvel album de Sektarism ne comporte que trois titres et oui, il contient 1 heure et 2 minutes de musique. On pressent déjà que les titres devront être particulièrement envoûtants pour éviter tout ennui ou toute redondance inutile. Ensuite, pour avoir chroniquer sur VS les albums et EP précédents, j’avoue nourrir une approche « timide » du groupe dont les propos prétentieux/pédants/vides de sens (rayer la mention inutile) m’ont toujours laissé de marbre. Enfin, n’étant pas hermétique à leur musique, j’ai toujours tenté de rester ouvert à leurs propos musicaux, les bonnes idées ne manquant pas à leur black funeral doom ritualiste. C’est donc avec une certaine curiosité que j’ai découvert La mort de l’infidèle, leur dernière offrande.

Comme avant, la musique de Sektarism ne se laisse pas aisément appréhender. Le funeral comme le black ne sont souvent que des prétextes, une toile de fond sensée servir un propos religieux ou apparenté, à forte connotation rituelle. Leur force tient essentiellement, pour ma part, à leur capacité à immerger l’auditeur dans leur univers. A lui faire ressentir la peur (les bruitages sonores, les boucles drones sont nombreuses, comme sur leurs précédents efforts), l’angoisse, la suffocation parfois, la menace toujours.

Ô Seigneur, le premier titre de 12 minutes est de cette trempe. Les paroles sont déclamées bien plus que chantées, presque scandées la plupart du temps. Le chant, quant à lui, reste possédé. La basse gronde, elle martèle littéralement la structure, la parsème de points de repère sonores lourds, poisseux, caverneux. La voix adoube des moines, leur fait prêter allégeance au Seigneur et leur indique que la sanction suprême sera leur inéluctable issue en cas de trahison à la cause. Il n’y a là aucun refrain, aucune structure logique, aucun fil conducteur. La musique suit le rituel, les instruments accompagnent la voix, en retrait, juste là pour ponctuer la cérémonie de leurs atours menaçants. L’instrumentation est réduite au minimum, seuls les arrangements apportent une épaisseur au morceau avant que la voix, possédée, ne s’emballe en délire fanatique après plus de 6 minutes de déclamation. Les instruments changent alors de visage, métamorphosent leur grondement lent en boucles drones, lourdes, noires. Le titre avance alors comme un serpent, rampant, par soubresauts nerveux, montant régulièrement en puissance. La production limpide, qui met en valeur le moindre arrangement, aide particulièrement à l’immersion, il faut être honnête.

Brûle l’hérétique, le second titre de plus de 20 minutes, reprend sans coupure après Ô Seigneur, donnant le sentiment d’une cérémonie globale. La tonalité est ici nettement plus doom, sludge, avec une basse accordée sous la Terre, qui égrène ses arpèges mortifères au rythme du croisement de plaques tectoniques. Le morceau est plus dynamique. Mais voilà. Au-delà de ces premières bonnes impressions, on retombe sur ce qui m’avait déplu dans leurs productions précédentes, soit des titres qui tournent un peu en rond, des idées qui font mouche sur 10 minutes…une fois mais pas sur chaque titre, un délire qui est sans nul doute pertinent en live mais qui demeure assez inoffensif sur disque. Bref, dans le funeral doom, il y a mieux. Infiniment. La répétition offre une figure stylistique dont je loue souvent les vertus immersives ou hypnotiques (jurisprudence Burzum) ; elle ne fonctionne pas très bien ici de mon point de vue, essentiellement parce que les riffs ne sont pas suffisamment marquants. Quant à la batterie, elle sonne trop cheap en regard des autres instruments pour véritablement porter la structure d’un point de vue strictement rituel. Dommage.

Conscience, révolte et perte du moi, le dernier morceau ferme gentiment la marche avec ses 30 minutes au compteur. Et là encore, sur une telle durée, les idées doivent fuser sous peine de lasser – ou pire de faire fuir – l’auditeur. Le bruit de tam-tams ouvre le titre, comme un appel à la chasse tout autant qu’au recueillement. L’ensemble de la structure est portée par des rythmes quasi drones, des guitares sourdes et une voix lointaine, bourrée de réverbération. Ce titre est plaisant mais là encore, les innovations comme les relances et les ponts font défaut pour maintenir l’attractivité du titre. L’instrumentation elliptique souffre de trop gros défauts, pour ma part, pour rendre la musique vraiment palpitante.

Aujourd’hui comme hier, la musique de Sektarism ne me touche pas avec suffisamment de force pour que je puisse la recommander. Si elle mérite sans doute d’être vécue live, pour les aspects cérémoniaux évidents qu’elle dégage, elle souffre d’un manque d’attractivité sur disque qui l’amène à n’être recommandée qu’aux purs initiés.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Sektarism
Funeral doom metal
2017 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 5.5/10
Lecteurs : (3)  8/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Sektarism
Sektarism
Funeral doom metal - 2005 - France
  

tracklist
01.   Ô Seigneur
02.   Brûle l'hérétique
03.   Conscience, révolte, perte du moi

Durée : 62:35

parution
19 Mai 2017

Essayez plutôt
Coma Wall / Undersmile
Coma Wall / Undersmile
Wood & Wire (Split 12")

2013 - Shaman Recordings / Future Noise Recordings
  
Bosque
Bosque
Passage

2009 - Total Holocaust Records
  
Tyranny
Tyranny
Bleak Vistae (MCD)

2004 - Firebox Records
  
Undersmile
Undersmile
Anhedonia

2015 - Black Bow / Bttfck Srprs Rcrds
  
Elysian Blaze
Elysian Blaze
Blood Geometry

2012 - Osmose Productions
  

Reek
Death Is Something There Be...
Lire la chronique
Engrossed
Initial Decay (Compil.)
Lire la chronique
Pilori
À Nos Morts
Lire la chronique
French Black Metal : Les plus gros conn*rds
Lire le dossier
Misanthrope
Bâtisseur de Cathédrales : ...
Lire la chronique
Spell
Opulent Decay
Lire la chronique
Cemetarian
Tomb Of Morbid Stench (Démo)
Lire la chronique
16
Dream Squasher
Lire la chronique
Wayward Dawn
Haven Of Lies
Lire la chronique
October Falls
A Fall of an Epoch
Lire la chronique
Pearl Jam
Yield
Lire la chronique
Gris
Il était une forêt...
Lire la chronique
Odraza
Rzeczom
Lire la chronique
Ectoplasma
White-Eyed Trance
Lire la chronique
Violence Gratuite
EPonyme (EP)
Lire la chronique
Laetitia in Holocaust
Fauci Tra Fauci
Lire la chronique
Winter Deluge
Degradation Renewal (EP)
Lire la chronique
Nekrovault
Totenzug : Festering Peregr...
Lire la chronique
Infestment
Human Altar (Démo)
Lire la chronique
Naglfar
Cerecloth
Lire la chronique
Asofy
Amusia
Lire la chronique
Helfró
Helfró
Lire la chronique
Infestment
Maggots In Your Brain (Démo)
Lire la chronique
Serment
Chante, O Flamme de la Libe...
Lire la chronique
Unearthly Trance
V
Lire la chronique
Kurnugia
Forlorn And Forsaken
Lire la chronique
Misanthrope
Lire l'interview
Iku-Turso
Pakana
Lire la chronique
Massacre
From Beyond
Lire la chronique
Bâ'a
Deus Qui Non Mentitur
Lire la chronique