chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
86 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Iperyt - The Patchwork Gehinnom

Chronique

Iperyt The Patchwork Gehinnom
Iperyt et moi, c'est une passion torride, sans aucune cervelle. Composée d'éminences grises de la scène polonaise (Infernal War, Decline, Morowe), la formation s'est faite spécialiste du crime auditif, de la gratuité pure et simple, celle-là même qui vous botte un cul et part sans se retourner. "Totalitarian Love Pulse", cri d'amour à la grosse industrie et cri de haine bestiale à la face du monde moderne, m'avait déjà correctement secoué les puces : Onze titres sans temps mort, l'ensemble se vautrant dans un Black Metal Industriel à la croisée du Speedcore et du Cybergrind, efficace et clinique en diable, et sans la moindre once d'intelligence : le berzerker ultime, quoi.

Et puis il y a eu "No State of Grace", encore plus rapide, plus vide, plus long que son grand frère - il fallait le faire. Efficacité polonaise oblige, l'ensemble était couronné d'une pochette laide comme jamais, probablement torchée par un stagiaire en deux-deux. Du mauvais goût qui se savoure honteusement, presque planqué, de peur de se faire prendre le doigt encore planté dans le pot de confiture. Pensez bien que l'annonce de "The Patchwork Gehinnom", l'année dernière, avait aiguisé mon appétit, fiévreux que j'étais de repasser sous les chenilles du PL-01. Annonce couronnée de deux gages de qualité : une sortie chez Pagan Records, historique écurie du pays, et un mixage confié à Nihil, chanteur et tête pensante des fantastiques Furia. My body is ready.

Depuis la sortie du disque, je vois, un peu partout, les retours mitigés de mes collègues. Pas assez rapide, pas assez méchant, trop fouillé, trop bordélique, trop bruyant... Les superlatifs sont nombreux, quasi-systématiquement péjoratifs, et j'avoue ne pas bien comprendre. Nom de nom, ne constatez vous pas qu'Iperyt développe, sur ce disque, ce qui lui a toujours manqué pour devenir plus qu'un simple plaisir coupable ? Ne parvenez vous pas à sentir cette ambiance de fin du monde imminente, cette odeur de rouille, de sang, planquée derrière les nappes de bruit et la boîte à rythme plus grasse que jamais ? Cet hybride bâtard, boiteux, qui pioche aussi bien du côté de The Amenta que Mysticum, est, à mon sens, la copie finale rendue possible par deux excellents brouillons, qui font accéder Iperyt au statut d'élève brillant.

Sans jamais abandonner sa vélocité, son gage d'efficacité, le groupe apporte de la matière à ses compositions, y infusant des nappes Noise et Indus qui garnissent des titres coups de poing. C'est moins gratuit, certes, mais toujours aussi jouissif. De l'entrée en matière "Phantom Black Dogs" et sa boîte à rythme métallique qui alterne le blast-beat tête baissée et le mid-tempo ravageur en fin de morceau, jusqu'aux percussions presque tribales d'un "From Nowhere to Nowhere", Iperyt étoffe son jeu. Ne laisse pas non plus de côté les titres "hymne" aux cadences plus lentes mais bien plus propices aux déboîtements de nuques ("What Man Creates", "These Walls (Have Seen)"), qui rappellent à notre bon souvenir les images de free party démoniaque créées par ses aînés (notamment le fameux " Abuse You Fucking Christ ", irrésistiblement débile). Quid du chant ? A l'image du dernier album d'Infernal War, "Axiom", la participation de Warcrimer se fait plus naturelle, timbre beuglard qui peine à se faire entendre derrière le bruit des machines plutôt que voix inhumaine masquée sous des dizaines de filtres. Rebutant ? C'est peut-être bien le but recherché - la seule trace d'humanité de la musique d'Iperyt se retrouve écrasée par les pédales d'effet des guitares, le fuzz quasi permanent, et cette boîte à rythme sans aucune chaleur.

Une impression renforcée par la production signée par Nihil, un son presque brouillon, même si l'on sent le détail apporté aux arrangements qui percent parfois le maelstrom (la sirène Techno de "Mindtaker", qui fait immanquablement tiquer). C'est gras, boueux, loin de la caisse claire sèche de "Totalitarian Love Pulse", il vous faudra plonger les mains dans le moteur pour pouvoir les dénicher. Ce qui rend "The Patchwork Gehinnom" finalement assez exigeant, là ou ses grands frères se savouraient sans trop forcer : juste à tendre la joue et attendre le poing lancé à grande vitesse.

Vous l'aurez compris, le déluge qu'est "The Patchwork Gehinnom", sans être plus intelligent, se fait immensément plus menaçant qu'auparavant - certains titres n'auraient d'ailleurs pas fait tâche dans l'un de ces films d'anticipation post-apocalyptiques flingués qui inondent les bacs des Cash Converters. Un beau pot-pourri de riffs, de rythmiques saccadées et de samples balancés à la tronche de l'auditeur, qui pourtant, reste étonnamment cohérent, aussi bien en tant qu'album que dans la discographie du combo. Bref, un obus façonné pour détruire et intimider, et une excellente surprise pour ceux qui s'attendaient à retrouver Iperyt là ou nous l'avions laissé.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

Fabulon citer
Fabulon
15/01/2018 09:26
Musicalement c'est clairement pas pour moi et je me garderai donc bien d'émettre un avis, mais cette pochette défonce!

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Iperyt
Black Metal Industriel/Noise
2017 - Pagan Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (4)  4.25/10

plus d'infos sur
Iperyt
Iperyt
Black Metal Industriel/Noise - 2005 - Pologne
  

tracklist
01.   Phantom Black Dogs  (05:40)
02.   From Nowhere to Nowhere  (03:24)
03.   What Man Creates  (03:19)
04.   With Eyes Wide Shut  (03:18)
05.   Devil’s Violent Breed  (04:15)
06.   These Walls (Have Seen)  (04:03)
07.   Scars are Still Sexy  (06:17)
08.   Primitive Darkness  (03:24)
09.   Mindtaker  (03:19)
10.   Worms of the Modern World  (02:54)
11.   Checkmate, God!  (05:32)

line up
parution
15 Décembre 2017

voir aussi
Iperyt
Iperyt
Totalitarian Love Pulse

2006 - Agonia Records
  
Iperyt
Iperyt
No State Of Grace

2011 - Autoproduction
  

Essayez aussi
Saison de Rouille
Saison de Rouille
Caduta dei Gravi

2012 - Cold Void Emanations / Le Crépuscule du Soir / Heart & Crossbone Rec. / OPN Rec. / Kaosthetik Konspi
  
Spektr
Spektr
The Art To Disappear

2016 - Agonia Records
  

Converge
Hum Of Hurt
Lire la chronique
Anasarca
Achlys
Lire la chronique
Pisscorpse
Precipice of Death
Lire la chronique
Iron Maiden
Senjutsu
Lire la chronique
Dimmu Borgir
Grand Serpent Rising
Lire la chronique
Red Hot Chili Peppers
The Uplift Mofo Party Plan
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness Of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique
To the Lions Tour 2026
Himinbjorg + Putrefaction o...
Lire le live report
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Paterna Spirituum
Pieśni pogardy
Lire la chronique
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Despondency
Matriphagy
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Apolaustic
No Plenitude Without Suffering
Lire la chronique
Vargrav
Dimension: Daemonium
Lire la chronique