chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
182 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Black Sabbath - Never Say Die

Chronique

Black Sabbath Never Say Die
Il y a des disques qui, sans faire l'unanimité contre eux, peinent à séduire même le plus tolérant des fans. La carrière de BLACK SABBATH est jalonnée de ces efforts mal compris, mal aimés et parfois, il faut bien le reconnaître, mal fichus. Quelques exemples : Forbidden et sa prod immonde (le son de batterie, vraiment abject). Seventh Star, le quiproquo total (conçu comme un side project par Tony Iommi il est devenu un album du Sab sous la pression de Warner). Technical Ecstasy, trop audacieux, trop progressif, pas assez sabbathien, le disque qui a consommé la rupture entre Ozzy et Tony Iommi.

Never Say Die, le neuvième album du gang de Birmingham est de cette engeance. L'artwork représentant deux pilotes de chasse devant un jet est peut-être devenu l'un des logos du groupe, utilisé notamment pour la tournée 13 Tour (2013 / 2014), c'est l'un des disques les plus faibles et mal fagoté de BLACK SABBATH et un bien terne épilogue pour marquer la fin de leur première décennie d'activité.

1978 est une sale année pour le SAB. Le groupe souffle sa dixième bougie dans le doute et la remise en question. Difficultés à trouver l’inspiration, échec du précédent album, explosion du Punk, émergence du Hard US (VAN HALEN, KISS), doutes de la fanbase sur la direction empruntée par le gang depuis Sabotage, problèmes financiers et juridiques avec leur management, la liste des embûches est sans fin. Drogué, malade, fatigué, Ozzy Osbourne a claqué la porte sans crier gare pendant les répétitions préparatoires. Le chanteur qui désapprouve la direction que Tony et Geezer ont décidé de donner au groupe après Sabbath Bloody Sabbath caresse l'idée de fonder un side project dans la lignée du Sab originel. Le gang s'appellerait Blizzard Of Ozz. Le chanteur a déjà fait imprimer des tee-shirt et approché des musiciens mais Tony Iommi refuse catégoriquement que son chanteur mange à deux rateliers. Le Sab, on l'aime ou on le quitte ! (c'est d'ailleurs l'une des raisons de la brouille entre Dio et le guitariste quelques années plus tard).

Ozzy parti, Tony, Geezer et Bill ne songent pas un instant à faire un break, d’autant plus que le studio d’enregistrement a déjà été réservé et payé! Le trio recrute un nouveau chanteur, on ne peut plus éloigné de leur univers. L'heureux élu s'appelle Dave Walker, chanteur du groupe de Blues Rock SAVOY BROWN. Dave Walker participe à l’écriture de quelques chansons et interprète même une version alternative de “Junior’s Eye” à la BBC. Mais Ozzy regrette sa décision et réintègre finalement le groupe. Exit Dave Walker. Le quatuor s’envole pour Toronto où doit être enregistré le disque. Les chansons écrites avec Dave Walker sont conservées mais Ozzy refuse de les interpréter en l’état. C’est donc Bill Ward qui chante sur “Swinging the Chain” tandis que les paroles de “Junior’s Eye” et “Over to you” sont remaniées. Sur la première, hommage d’Ozzy à son père récemment disparu, la mayonnaise prend bien. “Junior’s Eye” est la plus belle chanson de l’album, et la plus émouvante. On ne peut pas en dire autant de “Over to you”, pourtant bien groovy et remuante mais manquant cruellement d’enthousiasme et de jus. L'expérimentale et synthpop “Johnny Blade” et cette respiration Jazz qu'est “Breakout", morceau sur lequel Bill Ward fait exploser son talent en revenant à ses racines apportent quelques surprises mais contribuent à rendre la trame du disque peu lisible.

Never Say Die est un album composé au jour le jour et il lui manque la cohérence d’ensemble des grands disques du quatuor comme Vol 4 ou Sabbath Bloody Sabbath que le groupe a pu longuement travailler et peaufiner avant la session studio. Les anglais choisissent à nouveau de le produire sans aide extérieure se privant du recul et de l’avis distancié qu’un producteur aurait pu apporter au projet. Le résultat est une succession de chansons disparates, hétéroclites et desservies par une prod assez terne, plus Hard que Heavy.

Malgré son titre sonnant comme une promesse d’éternité, le groupe frise le dépôt de bilan durant la tournée 1979, car le coeur n'y est plus pour grand monde. Le volet américain de la tournée est une véritable catastrophe où le manque de cohésion et l'épuisement du gang se voient d'autant plus qu'ils partagent l'affiche avec VAN HALEN. Soir après soir, le jeune combo américain vole la vedette aux éléphants britanniques qui assurent en pilote automatique de bien fades prestations. La première période de BLACK SABBATH, que certains d’entre nous considèrent comme son âge d’or, vient de prendre fin. Et tandis que le Madman s’en va décapiter des chauves-souris en solo, Tony, Geezer et Bill essayent de survivre à la défection de leur frontman historique en lui cherchant un remplaçant.

Never Say Die est un disque raté car enregistré à marche forcée et sans réelle inspiration. Il porte les germes de la nouvelle voie expérimentée par le groupe depuis Sabotage, une volonté de sortir du schéma Heavy Doom et sorcellerie qui a fait la réputation du groupe, que la fanbase réclame mais dont Tony Iommi et Geezer Butler estiment avoir fait le tour. Le départ de Ozzy et le recrutement de Dio en 1980 marqueront la fin de cette option et un retour de BLACK SABBATH à sa sonorité signature, avec le succès que l'on connait. Pour ma part, même si j'ai adoré ce qu'a enregistré le Sab au début des années 1980, j'aurais bien aimé voir vers quoi il aurait évolué en poursuivant dans cette voie plus progressive et innovante.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

Jean-Clint citer
Jean-Clint
03/01/2018 08:55
note: 6.5/10
Un album très déséquilibré qui montre clairement la fin de cycle entrevue déjà sur "Sabotage". Quelques bons titres viennent néanmoins sauver l'ensemble tel le morceau-titre ou encore "A Hard Road", pour le reste on est très loin du côté sombre et poisseux des débuts du groupe !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Black Sabbath
Heavy / Doom
1978 - Warner Bros. / Vertigo
notes
Chroniqueur : 6/10
Lecteurs : (2)  6.5/10
Webzines : (8)  5.19/10

plus d'infos sur
Black Sabbath
Black Sabbath
Heavy / Doom - 1969 † 2017 - Royaume-Uni
  

vidéos
Never Say Die
Never Say Die
Black Sabbath

Extrait de "Never Say Die"
  

tracklist
01.   Never Say Die  (03:49)
02.   Johnny Blade  (06:28)
03.   Junior's Eyes  (06:43)
04.   A Hard Road  (06:06)
05.   Shock Wave  (05:15)
06.   Air Dance  (05:18)
07.   Over To You  (05:24)
08.   Breakout  (02:35)
09.   Swinging The Chain  (04:05)

Durée : 45:29

parution
28 Septembre 1978

voir aussi
Black Sabbath
Black Sabbath
Dehumanizer

1992 - I.R.S. Records
  
Black Sabbath
Black Sabbath
Heaven And Hell

1980 - Warner Bros. / Vertigo
  
Black Sabbath
Black Sabbath
Paranoid

1970 - Warner Bros. / Vertigo
  
Black Sabbath
Black Sabbath
Forbidden

1995 - I.R.S. Records
  
Black Sabbath
Black Sabbath
Black Sabbath

1970 - Warner Bros. / Vertigo
  

Essayez plutôt
New Keepers Of The Water Towers
New Keepers Of The Water Towers
Cosmic Child

2013 - Listenable Records
  
Satan's Satyrs
Satan's Satyrs
The Lucky Ones

2018 - Bad Omen Records
  
Occultation
Occultation
Silence in the Ancestral House

2014 - Invictus Productions
  
Pagan Altar
Pagan Altar
Lords of Hypocrisy

2004 - Oracle Records
  
Paradise Lost
Paradise Lost
The Plague Within

2015 - Century Media Records
  

Caveman Cult
Blood And Extinction
Lire la chronique
Gargoyle
Hail to the Necrodoom
Lire la chronique
Melvins
Bullhead
Lire la chronique
Lingua Ignota
Sinner Get Ready
Lire la chronique
Hatemonger
The Vile Maxim (EP)
Lire la chronique
Superbloom
Pollen
Lire la chronique
Fates Warning
A Pleasant Shade Of Grey
Lire la chronique
Wyrd
Vandraren
Lire la chronique
Graveland
Hour of Ragnarok
Lire la chronique
Lymphatic Phlegm
Pathogenesis Infest Phlegms...
Lire la chronique
Fleshdriver
Leech (EP)
Lire la chronique
Aborted
Maniacult
Lire la chronique
Haken
The Mountain
Lire la chronique
Chamber Of Unlight
Realm Of The Night
Lire la chronique
10 Code
Ride
Lire la chronique
Abandon
When It Falls Apart
Lire la chronique
Witch Vomit
Abhorrent Rapture (EP)
Lire la chronique
Malevolent Creation
Dead Man's Path
Lire la chronique
Árstíðir lífsins
Saga á tveim tungum II: Eig...
Lire la chronique
Archgoat
Heavenly Vulva (Christ's La...
Lire la chronique
Mr. Bungle
Mr. Bungle
Lire la chronique
Thy Light
Thy Light (EP)
Lire la chronique
Civerous
The Expedition Of Illness (...
Lire la chronique
Sacrifixion
Shower Me In Death (EP)
Lire la chronique
Vanden Plas
Christ Φ
Lire la chronique
Mourning Beloveth
Dust
Lire la chronique
French Black Metal : Les nouveaux sont-ils à la HAUTEUR ?
Lire le podcast
16
Blaze of Incompetence
Lire la chronique
Ungfell
Es Grauet
Lire la chronique
Revenant Marquis
Below The Landsker Line
Lire la chronique