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Deteriorate - Rotting In Hell

Chronique

Deteriorate Rotting In Hell
Félicitations ! Oui, vraiment, félicitations à vous pour avoir osé cliquer sur ce lien malgré une pochette absolument dégueulasse qui donne bien plus envie de passer son chemin que de s’intéresser même de loin à cette obscure formation du nom de Deteriorate. Signé des mains d’un certain Brett Mavrick, il semblerait selon Metal Archives que celui-ci n’est rien fait d’autre que cet horrible artwork. Et à vrai dire, cela n’est pas une surprise. Plus étonnant par contre, ce logo que l’on doit à un Mark Riddick de moins de vingt ans dont les travaux commencent à susciter l’intérêt de quelques modestes formations.

Originaire de Penndel en Pennsylvanie, Deteriorate se forme en juin 1991. S’en suit un parcours tout ce qu’il y a de plus classique avec la sortie un plus tard de sa toute première démo. Celle-ci attirera l’attention du label JL America (Blasphemy, Killing Addiction, Goatlord, Morpheus Descends...) qui leur proposera un deal pour la sortie en septembre 1993 de ce premier album intitulé Rotting In Hell. Arrivé trop tard pour tirer son épingle du jeu et sentant probablement le vent tourner avec l’émergence du Black Metal, Deteriorate sortira en 1994 avec un line-up quelque peu remanié (le chanteur/bassiste Mike Trush étant alors remplacé par Jake Gannon et Thorous Bosman) une seconde démo sur laquelle commence à pointer quelques influences norvégiennes. Une transformation que les Américains assumeront pleinement sur leur deuxième album sorti en 1996 sur Pulverizer Records (Gorgasm, Jungle Rot, Mortal Decay...). Malheureusement, face au peu d’intérêt suscité et à un manque probable de motivation, Deteriorate finira par se séparer l’année suivante dans l’anonymat le plus total laissant ainsi pour la postérité deux albums dont on retiendra surtout ce Rotting In Hell réédité pour la première fois fin 2017 par Dark Symphonies Records, label américain spécialisé dans ce genre de travaux d’archéologie.

Produit par un certain John Lovrich remarqué au début des années 90 pour son travail sur les premières démos de Crucifier et Goreaphobia, ce premier album souffre malheureusement d’un son de guitare relativement médiocre et peu flatteur. Plutôt étouffé, assez plat et manquant cruellement de puissance, on a alors l’impression que Joe Gorski et Frank Ierovante ont enregistré leurs parties sur des amplis de la taille d’un timbre-poste. Un son plus proche de n’importe quelle démo enregistrée dans un garage que d’un album passé entre les mains d’un producteur digne de ce nom. Et c’est un petit peu dommage car les riffs imaginés par les deux américains n’ont pas spécialement à rougir de la concurrence. C’est d’ailleurs d’autant plus difficile à comprendre que les quelques leads et autres solos qui ponctuent cet album bénéficient d’un son nettement beaucoup plus clair et précis (même si en effet le propos n’est pas le même). Malheureusement, on peut dresser le même constat pour la basse de Mike Trush perdue on ne sait où avec ces fameuses guitares... Reste la batterie de Rich Yurgevich, typique de ces années 90, qui claque bien comme il faut et apporte à l’ensemble une sonorité un peu plus naturelle. Mais en dépit de ces défauts évidents, l’écoute de ce premier album n’est pas aussi effroyable qu’il pourrait le sembler. En fait, aussi paradoxale que cela puisse paraître, ces choix étranges en matière de production lui apporte une certaine personnalité qui, considérés dans leur ensemble, ne sont pas pour me déplaire.

Car malgré ces quelques irritants, Rotting In Hell reste encore aujourd’hui un disque particulièrement solide pour quiconque apprécie ce genre de Death Metal à l’ancienne. Paru en 1993 à une époque où tout avait déjà été dit par d’autres avant lui, ce premier album de Deteriorate marche sans honte sur les traces d’un certain Deicide avec qui il partage cet intérêt pour des compositions radicales et expéditives menées le couteau entre les dents. Avec une moyenne de trois minutes par titre, autant vous dire que le groupe n’est pas pour enfiler des coquillettes mais bel et bien nous coller une petite branlée insoupçonnée (qui l’eut cru avec un tel artwork hein ?). C’est donc par la force que s’impose Deteriorate tout au long de ces trente petites minutes et cela à grand coups de matraques (si le groupe ralenti parfois le tempo c’est pour mieux briser des nuques sur fond de blasts), de riffs blasphématoires et de séquences au groove particulièrement irrésistible ("Agonized Display" à 1:35, "A Thousand Years Of Anguish" à 1:14, "Devoured" à 1:20, "The Sufferance" à 0:47...). Bref, une belle intensité grâce à un rythme particulièrement soutenu, contrasté de manière quasi-systématique par des ralentissements toujours très bien sentis (et vice versa), des riffs peut-être mal servi mais néanmoins redoutables d’efficacités et pour couronner le tout un chant arraché absolument démoniaque (épaulé de temps à autre par les voix de quelques compères) qui rappelle parfois le caractère complètement halluciné et possédé d’un certain Glen Benton.

Réédité en 2017 par Dark Symphonies Records, ce premier album est accompagné pour l’occasion par un deuxième CD sur lequel on retrouve toutes les démos du groupe : Deterioriate sortie en 1992, Gather The Nebbish parue en 1995 ainsi qu’un enregistrement resté jusque-là inédit que le groupe a baptisé Agonized Display. Couché sur bandes en 1993 au Echo Studio (là où Deteriorate avait enregistré sa première démo), ces dix titres constituent en fait la première version de l’album Rotting In Hell. N’étant néanmoins pas du tout satisfait par le résultat général, les Américains choisiront de repartir s’enfermer aux Snugfit Studios sous la houlette de John Lovrich afin d’enregistrer une meilleure version de l’album. Pour être tout à fait honnête, je trouve que les différences entre ces deux enregistrements sont particulièrement minimes. Ce qui m’a surtout sauté aux oreilles, ce sont ces quelques solos un peu moins aboutis que ceux présents sur l’album mais pour le reste ça s’arrête-là.
Viennent ensuite les quatre titres de la toute première démo du groupe enregistrée au Echo Studio en juin 1992. Quatre titres qui figureront ensuite sur l’album Rotting In Hell et proposés ici avec une production quasi-similaire (toujours ce même son de guitare). Honnêtement, il n’y a encore une fois pas beaucoup de différences entre ces quelques morceaux et ceux proposés sur l’album si ce n’est quelques nuances d’interprétation, un chant légèrement moins convaincant et un son peut-être moins équilibré dans son ensemble. Pour le reste, l’essentiel était déjà là avec ces mêmes riffs simples mais efficaces, ces changements de rythmes impromptus, ces accélérations assassines et cette atmosphère sombre et malfaisante.
Pour terminer, on trouve les titres de la démo Gather The Nebbish sortie en 1995 sur lesquels on peut déjà percevoir le changement de direction qu’opérera de manière plus significative Deteriorate en 1996 avec la sortie de son deuxième album intitulé The Senectuous Entrance. Une réorientation induite par un changement de line-up avec les arrivées de Jack Gannon (chant) et Thorous Bosman (basse) venus remplacer Mike Trush. Si Deteriorate conserve l’essentiel de son ADN Death Metal, il ne fait cependant aucun doute que le groupe cherche à explorer ici de nouveaux horizons avec notamment quelques trémolos d’inspiration norvégienne, un chant qui n’hésite pas à délaisser le growl pour changer quelque peu de registre et tendre là encore vers quelque chose d’un peu plus scandinave dans l’esprit et enfin quelques claviers à l’image de ce que l’on peut trouver sur "Evaporated Battle Ground". Personnellement, cette formule Black/Death est loin d’être désagréable mais, sans surprise, je lui préfère évidemment la version 100% Death Metal de Deteriorate.

Malgré un son de guitare particulièrement étrange et agaçant, ce premier album de Deteriorate est certainement l’un des secrets les mieux gardées du Death Metal américain du début des années 90. Une petite pépite pleine de défauts mais néanmoins particulièrement convaincante qui ravira les amateurs de Deicide et autres archéologues aimant fouiner dans les méandres de l’underground. Une fois encore bien garnie, cette réédition proposée par Dark Symphonies permet également de faire un tour d’horizon plutôt complet sur la carrière de Deteriorate en mettant en lumière, outre l’ensemble des démos du groupe, de nombreuses photos d’époque, une chronologie détaillée, quelques dessins supplémentaires de Mark Riddick (qui au passage auraient bien mieux l’affaire en guise d’artwork que la réalisation sanguinolente de Brett Mavrick) et une interview réalisée il y a quelques années pour Convivial Hermit Magazine. Bref, encore un album à découvrir et à explorer si vous êtes clients de ce genre de témoignage d’une époque aujourd’hui révolue.

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5 COMMENTAIRE(S)

Deathrash citer
Deathrash
18/06/2019 22:18
note: 7/10
Crucify him!
CRUCIFY HIM !!

Merci Dark Symphonies de rééditer ce genre de trucs pour archéologues du Death.
En l'occurrence Deteriorate c'est pas les plus talentueux mais c'est quand même bien bête et efficace.
Keyser citer
Keyser
18/06/2019 19:16
note: 7.5/10
TarGhost a écrit : Affreux affreux !
L'artwork hein...pas la musique, solide et carrée avec en effet un bon goût de Deicide en retour d'esgourde.
Je pensais avoir déja tâté le bestiau mais je confonds avec Deteriorot (qui est encore actif, lui, si je ne m'abuse)...


Ah Deteriorot c'est quand même plusieurs niveaux au-dessus et dans un genre plus evil et pesant.
TarGhost citer
TarGhost
18/06/2019 16:33
Affreux affreux !
L'artwork hein...pas la musique, solide et carrée avec en effet un bon goût de Deicide en retour d'esgourde.
Je pensais avoir déja tâté le bestiau mais je confonds avec Deteriorot (qui est encore actif, lui, si je ne m'abuse)...
Keyser citer
Keyser
18/06/2019 13:12
note: 7.5/10
Haha immonde cette pochette. Plus rigolo qu'effrayante. Bon album sinon malgré le son de gratte effectivement pas top.
Rigs Mordo citer
Rigs Mordo
18/06/2019 12:27
J'aime bien la pochette moi Sourire Va falloir que je tente ça en tout cas, ça semble bien ma came.

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Deteriorate
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (2)  7.25/10
Webzines : (1)  8.33/10

plus d'infos sur
Deteriorate
Deteriorate
Death Metal - 1991 † 1997 - Etats-Unis
  

formats
  • CD, K7 / 1993 - JL America
  • CD / 2017 - Dark Symphonies

tracklist
CD 1 - Rotting In Hell :
01.   Agonized Display  (03:46)
02.   A Thousand Years Of Anguish  (03:12)
03.   Cannibal Autopsy  (03:41)
04.   Devoured  (02:41)
05.   The Sufferance  (02:07)
06.   Rotting In Hell  (02:58)
07.   Asphyxiation Cremation  (03:27)
08.   Shadows Of Death  (02:22)
09.   Beyond The Grave  (02:26)
10.   Decomposed Anatomy  (04:03)

CD 2 - Demos :
01.   Agonized Display (Agonized Display Demo - 1993)  (03:23)
02.   A Thousand Years Of Anguish (Agonized Display Demo - 1993)  (03:11)
03.   Cannibal Autopsy (Agonized Display Demo - 1993)  (03:33)
04.   Devoured (Agonized Display Demo - 1993)  (02:41)
05.   The Sufferance (Agonized Display Demo - 1993)  (02:05)
06.   Rotting In Hell (Agonized Display Demo - 1993)  (02:56)
07.   Asphyxiation Cremation (Agonized Display Demo - 1993)  (03:22)
08.   Shadows Of Death (Agonized Display Demo - 1993)  (02:19)
09.   Beyond The Grave (Agonized Display Demo - 1993)  (02:33)
10.   Decomposed Anatomy (Agonized Display Demo - 1993)  (03:41)
11.   Agonized Display (Deterioriate Demo - 1992)  (02:38)
12.   Shadows Of Death (Deterioriate Demo - 1992)  (02:24)
13.   Decomposed Anatomy (Deterioriate Demo - 1992)  (3:31)
14.   Beyond The Grave (Deterioriate Demo - 1992)  (02:34)
15.   Religious Fatum (Gather The Nebbish Demo - 1995)  (03:59)
16.   Ode To A Mortal (Gather The Nebbish Demo - 1995)  (03:33)
17.   Daeva Come... (Gather The Nebbish Demo - 1995)  (6:24)
18.   Gather The Nebbish (Gather The Nebbish Demo - 1995)  (02:47)
19.   Evaporated Battle Ground (Gather The Nebbish Demo - 1995)  (3:44)
20.   Devoured (Gather The Nebbish Demo - 1995)  (02:39)

Durée : 94:40

line up
parution
1 Juin 1993

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