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Commander - Fatalis (The Unbroken Circle)

Chronique

Commander Fatalis (The Unbroken Circle)
Si le Metal de la mort est toujours énormément pratiqué en Allemagne, et comporte bon nombre de formations de très haute tenue, bizarrement le quatuor de Munich est toujours resté dans l’ombre et n’étant connu que d’une poignée d’initiés, malgré près de deux décennies d’existence. Il faut dire que celui-ci ne s’est pas facilité la tâche en sortant ces deux premiers opus sur un obscur label local du nom de Bad Lands Records, et qu’entre ses périodes en activité et celles à l’arrêt (plus ou moins provisoire) tout cela devenait difficile de suivre. En effet après avoir été en vie entre 1999 et 2012 le combo décidait de faire une courte pause, avant de revenir rapidement aux affaires jusqu’en 2014, puis de ne plus trop faire parler de lui jusqu’à cette année où affublé d’un nouveau batteur il revient avec un troisième album (dix ans après le dernier) qui a été composé en plusieurs phases, vu que la musique a été créée entre 2009 et 2014, avant que les paroles n’arrivent plus tard (entre 2014 et 2017). Si les précédents disques voyaient les bavarois exécuter du bon gros Death bien couillu et en place, ceux-ci se dévoilaient bien trop scolaires et linéaires pour captiver sur la durée, du coup on peut logiquement espérer qu’après une si longue attente les choses se soient améliorées et malheureusement ça n’est pas le cas. Car malgré toute leur bonne volonté ça n’est pas encore cette fois-ci qu’ils vont sortir de leur deuxième division duquel ils n’arrivent pas à s’extirper, et dont l’espoir s’amenuise qu’ils y parviennent un jour.

Pourtant les choses avaient relativement bien commencé avec le morceau-titre aux nombreux changements de tempos et au côté remuant légèrement prononcé, mais le souci est que tout cela est très vite répétitif et monotone. En effet outre une durée bien trop longue cette compo d’ouverture montre rapidement ses limites tant les mêmes plans reviennent de manière récurrente, tout comme la construction qui est semblable tout du long, ce qui fait que l’on sait de manière quasi-automatique quand vont intervenir le break, les blasts etc … D’ailleurs cette prévisibilité va être un leitmotiv permanent pendant le reste de l’écoute, et principalement quand le rythme n’est pas trop élevé, comme avec « Locust Infestation » qui essaie pourtant de varier plus les tempos mais qui a du mal à décoller, malgré un excellent solo, ou sur « Chaos Awakening » qui joue plus le grand-écart rythmique (entre passages d’une grande lenteur et d’autre plus énervés) mais qui manque de folie et de surprises pour convaincre totalement.

Cependant le combo essaie d’étonner son auditoire et de le prendre à contre-pied, c’est ce qui se passe avec « Insidious Greed » au démarrage presque Hard-Rock (et inspiré visiblement par les grands guitar-hero), et dont la suite lorgne sans vergogne du côté du Doom. Mais hélas si l’intention est louable le résultat lui n’est pas à la hauteur, car ça ne varie pas des masses et cette simplicité musicale se retourne contre lui, à cause là-encore d’une durée globale excessive et d’une linéarité trop flagrante. Avec « And Death Swings The Scythe » c’est carrément à des ambiances de flamenco auquel on va avoir droit, car servant d’introduction et de conclusion (au milieu d’un océan électrique à la vitesse peu élevée et à la banalité affligeante) c’est le seul bon moment de cette plage, même si on ne voit pas trop ce que vient faire la musique traditionnelle espagnole là-dedans. Pourtant au milieu de cette platitude générale il y’a quand même de bonnes choses, en premier lieu avec le rapide et énergique « Invidia » qui fait preuve d’encore plus de sobriété que le reste, mais où ici paradoxalement le résultat fait mouche. Sans fioritures aucune il réussit à montrer que quand les mecs lâchent les chevaux le résultat n’en est que meilleur, et ce point de vue est confirmé avec « Shattered Existence » qui clôt les débats de fort belle manière, en laissant là-encore plus de place à la vitesse, tout en ne s’éternisant pas sur la durée.

Du coup on ne peut que regretter que les gars ne soient pas allés plus loin et plus longtemps dans cette voie, car en plus d’abuser un peu trop du mid-tempo cette galette souffre aussi d’un vrai manque de puissance (malgré une production impeccable et nette), tant la batterie sonne faiblarde par moments. Avec son jeu très simple où la technique est limitée à son strict minimum l’idée de départ était intéressante, mais à vouloir trop étirer en longueur ils finissent par tirer sur la corde et faire décrocher l’auditeur même le plus indulgent. Du coup il est certain que ça n’est pas avec ça qu’ils vont sortir de l’anonymat d’où ils ne se sont jamais extirpés, et ils risquent d’y rester encore longtemps s’ils n’évoluent pas dans le bon sens. Sans être un ratage en règle, car l’ensemble est quand même assez cohérent et tient la route (vu que les gars maîtrisent leurs instruments et leur sujet), il est en revanche dommage d’avoir mis une décennie pour sortir quelquechose d’aussi plat où l’intérêt ne revient que par intermittence, c’est franchement décevant et ça reflète hélas sans doute le vrai niveau des teutons qui semblent ne pas pouvoir faire mieux, malgré toute leur expérience de vieux briscards.

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Commander
Death Metal
2018 - MDD Records
notes
Chroniqueur : 6.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  8.2/10

plus d'infos sur
Commander
Commander
Death Metal - 1999 - Allemagne
  

tracklist
01.   Fatalis (The Unbroken Circle)
02.   Locust Infestation
03.   Chaos Awakening
04.   New Slave Democracy
05.   Insidious Greed
06.   Invidia
07.   Superbia
08.   And Death Swings The Scythe
09.   Shattered Existence

Durée : 41 minutes

line up
parution
13 Avril 2018

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