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Extremity - Extremely Fucking Dead

Chronique

Extremity Extremely Fucking Dead (EP)
Avec un peu plus d’un an de retard, me voilà qui débarque la queue entre les jambes pour vous parler enfin du premier EP des Américains d’Extremity. Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, j’ai décidé de me mettre un petit coup de pression avant la sortie dans quelques semaines de leur premier album intitulé Coffin Birth. D’autant qu’il s’agit quand même d’une chronique réservée au nez et à la barbe de l’ami Jean-Clint alors il fallait que je m’en acquitte, par simple respect pour mon estimé confrère.
Originaire d’Oakland en Californie, Extremity se forme en 2016 à la suite du split d’Agalloch et sous l’impulsion d’Aesop Dekker (Vhol, ex-Agalloch, ex-Ludicra...). Ce dernier est rejoint par Shelby Lermo (Vastum), Marissa Martinez-Hoadley (Cretin, ex-Repulsion) et Erika Osterhout (Necrosic, Scolex, Trepanation...). Un line-up d’une parité rafraîchissante, notamment pour un groupe de Death Metal. Il faudra alors attendre le mois d’avril 2017 pour voir le groupe sortir son premier EP intitulé Extremely Fucking Dead sur le label 20 Buck Spin. Un disque extrêmement appétissant à en juger par cet artwork emprunté au peintre français Théodore Géricault (Têtes de suppliciés).

Soucieux de faire les choses proprement, Extremity nous plonge dans son univers à travers une courte introduction tirée du film Pet Sematary où l’on y entend, outre quelques créatures inquiétantes dans le lointain, des cordes frottées qui montent petit à petit en tension ainsi que cette petite phrase, "Sometimes, dead is better", lâchée en guise de préambule avant d’attaquer l’auditeur de plein fouet avec l’excellent "Crepuscular Crescend". La messe est dite. Sans surprise, la suite sera naturellement du même tonneau à savoir un Death Metal à l’ancienne largement inspiré par Autopsy (et Necrosic) ainsi que la scène anglaise des années 90, Bolt Thrower en tête. De quoi rendre fébrile un petit gars comme moi pour qui le groupe de Coventry représente l’un des sommets du genre et un groupe encore aujourd’hui inégalé. Toutefois, les liens avec la bande à Karl Willetts sont relativement ténus et n’apparaissent finalement qu’à quelques occasions comme sur les premières secondes de "Bestial Destiny" ainsi qu’à partir de 3:47 ou bien encore sur la fin de "Chalice Of Pus" à compter de 5:19. Le reste du temps, on est effectivement plus proche de ce que des groupes comme Autopsy (le début de "Fatal Immortality" presque calqué sur l’excellent "Twisted Mass Of Burnt Decay") voir Immolation ont pu produire jusqu’ici. Si on repassera pour l’originalité, on restera néanmoins avec plaisir pour l’efficacité de l’ensemble.

Mené avec l’envie d’en découdre et de se faire plaisir, Extremely Fucking Dead n’entend pas bouleverser le petit monde du Death Metal underground mais bel et bien frapper là où ça fait mal à coup de blasts, tchouka-tchouka et autres délices rythmiques du même genre. Un intensité que l’on peut ressentir du début jusqu’à la fin même si de temps à autre, les Californiens ne sont pas sans ralentir la cadence à coup de séquences mid-tempo parfois lourdingues ("Crepuscular Crescend" à 1:36, "Bestial Destiny" à 2:43), parfois mélodiques ("Chalice Of Pus" et ce break acoustique entamé à 2:26, "Fatal Immortality" à 1:03), parfois marquée d’un certain groove ("Crepuscular Crescend" à 0:23, "Chalice Of Pus" à 1:35, "Extremely Fucking Dead" à 1:06). Et si l’atmosphère n’est déjà pas à la rigolade, les nombreux solos dispensés ici et là par la paire Marissa Martinez-Hoadley/Shelby Lermo participent à leur manière à cette ambiance de mort qui plane sur l’ensemble de ces six compositions menées tambour battant. Enfin, on appréciera également la relative diversité du chant puisque le rôle est ici partagé par deux des quatre protagonistes. Bon, les distinguer n’est pas toujours chose aisé tant les voix d’Aesop et de Marissa (anciennement connu sous le nom de Dan) sont parfois relativement proches mais l’exercice est rendu plus facile quand cette dernière opte pour un chant plus arraché du genre que l’on retrouve dans son autre groupe, Cretin.

Dénué de toute notion d’originalité, Extremely Fucking Dead plaira à n’en point douter aux amateurs de Death Metal à l’ancienne pour qui l’atmosphère et l’intensité prime sur tout le reste. Efficace de bout en bout, sans autre défaut que son manque de personnalité, ce premier EP avec ses riffs ultra efficaces et son énergie redoutable laisse entrevoir de belles choses pour la suite. Une suite déjà dans les tuyaux et donc j’espère vous parler assez rapidement. Affaire à suivre donc…

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1 COMMENTAIRE(S)

Jean-Clint citer
Jean-Clint
28/06/2018 12:48
note: 4/5
Héhé merci du clin d'oeil ! Clin d'oeil

Un excellent EP au demeurant qui effectivement ne réinvente rien mais perpétue l'héritage des anciens avec brio et facilité. Sombre, putride et hyper efficace il renvoie avec joie dans l'époque bénie des groupes de Karl Willetts et Chris Reifert. Vivement la suite en tout cas !

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Extremity
Death Metal
2017 - 20 Buck Spin Records
notes
Chroniqueur : 3.5/5
Lecteurs : (1)  4/5
Webzines : (7)  3.76/5

plus d'infos sur
Extremity
Extremity
Death Metal - 2016 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Intro (Mortuus Est Valde)  (00:51)
02.   Crepuscular Crescendo  (05:25)
03.   Bestial Destiny  (04:54)
04.   Chalice Of Pus  (06:03)
05.   Fatal Immortality  (03:54)
06.   Extremely Fucking Dead  (05:44)

Durée : 26:51

line up
parution
3 Avril 2017

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