chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
112 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Moonreich - Fugue

Chronique

Moonreich Fugue
Depuis déjà une décennie la formation menée par l’inoxydable Weddir ne cesse de faire parler d’elle dans l’underground, divisant autant que fascinant elle continue sa route n’ayant que faire des critiques positives comme négatives. Ayant vu défiler dans ses rangs un grand nombre de musiciens réputés au sein de la scène nationale cela ne l’a pas empêché de sortir des albums de manière régulière, même si elle a un peu à se faire pardonner suite à un « Pillars Of Detest » en deçà de ce qu’elle a pu proposer par le passé. Car malgré toute la bonne volonté de ses membres celui-ci se révélait décevant et moins accrocheur que les excellents « Loi Martiale » et « Terribilis Est Locus Iste », tout en étant plus court et moins crade que par le passé, mais surtout qui manquait de titres se détachant de la masse, même si l’ensemble restait d’un niveau élevé et bien au-dessus de la plupart de la concurrence. Si pour n’importe quel autre groupe la copie rendue aurait largement fait l’affaire, pour les parisiens cela était un peu juste quand on connait le potentiel de son leader et de ses acolytes, qui semblent avoir rectifié le tir en continuant dans leur style bien à eux.

Voyant toujours l’apparition de nombreuses et diverses influences, où se mêlent le Progressif, le Post-Black et un soupçon d’Orthodoxe, ce quatrième album semble être à la fois dans la continuité de son prédécesseur tout en n’oubliant pas le côté plus direct et cru des deux premiers. On obtient donc un disque habile et très fouillé, qui en conservant une direction relativement classique réussit à surprendre et à laisser le temps à chacune des compos de se révéler sans jamais trop s’étirer en longueur. Et pourtant après avoir un peu raccourci son propos précédemment le combo est revenu à des longs moments musicaux pour atteindre presque une heure d’écoute, comme cela était le cas au début de sa carrière, confirmant ainsi le mélange entre l’ancien et l’actuel MOONREICH. D’ailleurs la doublette d’ouverture « Fugue, Pt. 1 : Every Time She Passes Away » et « Fugue, Pt. 2 : Every Time The Earth Slips Away » va montrer ces deux facettes, avec pour la première quelquechose de très froid et éthéré où la violence est certes présente mais contenue. Oscillant à la fois entre des breaks doux et aériens et des passages plus lourds, l’ensemble se révèle très varié et comporte de nombreuses cassures, ce qui demande une bonne attention de la part de l’auditeur, le tout étant parfaitement bien produit tant la basse est audible et les notes de guitares précises et détaillées. Si ce démarrage est excellent ça n’est pas le cas en revanche de la seconde partie bien trop longue et répétitive, qui met d’ailleurs beaucoup trop de temps à entrer dans le vif du sujet, se contentant lors de cette longue introduction d’essayer de décoller vers les étoiles sans y parvenir totalement, tout comme sur la suite qui manque de pêche et a du mal à captiver totalement sur la durée.

Heureusement cette erreur de parcours sera la seule, car les compos suivantes vont être plus inspirées, et bien qu’étant différentes les unes des autres vont conserver une trame et un style relativement semblables. Après un début où la brutalité a été un peu mise de côté, celle-ci revient en force sur l’excellent et classique « With Open Throat For Way Too Long » où les blasts prédominants au départ vont progressivement s’effacer devant le mid-tempo, avant que les deux ne s’équilibrent et permettent ainsi de varier les débats tout en voyant l’ajout d’une petite dose de mélodie qui fait du bien. Ce point-ci va d’ailleurs trouver son summum sur la fin du disque, avec d’abord le somptueux « Carry That Drought Cause I Have No Arms Anymore » à la fois d’une froideur extrême et d’une lourdeur massive, tout en jouant le grand-écart en proposant des passages ultra-rapides. Proposant ici un des titres les plus ambitieux de cette galette, les gars se font plein de mélancolie (notamment via un soli très léger) tout en montrant leur palette technique, et prouvant surtout qu’ils savent rester efficace même quand l’obscurité et la noirceur se font plus éloignés, à l’instar de « The Things Behind The Moon » au nom bien trouvé. Car ici les ambiances prennent plus de place qu’entendu jusque-là, et même si on retrouve toute l’énergie du quatuor et sa force écrasante, celles-ci se font plus discrètes à mesure qu’on s’approche de la conclusion de ce titre où le côté cotonneux et apaisant prend le pas sur le reste, malgré une fin qui traîne un peu trop en longueur.

Au milieu de ces passages marquants le groupe se montre plus direct et bas du front, sans pour autant dépouiller sa musique, car le court et rapide « Heart Symbolism » va être remuant comme il faut via un riffing imparable aux relents épiques. Nul doute que ça va être un incontournable scénique des prochains concerts, tant c’est entraînant et l’alternance vitesse et mid-tempo fait mal, bref c’est parfait pour garantir une totale cohésion entre ses créateurs et leur public. Ce constat sera le même pour « Rarefaction » plus martial et technique qui n’hésite pas à partir dans de nombreuses directions où le côté massif et étouffant côtoie les passages plus doux et souples, tout en ajoutant un soupçon d’explosivité, afin d’obtenir un rendu superbe qui mélange avec brio l’ensemble des influences de cette galette.

Pratiquement sans fausses notes ni redondance, cette fugue confirme le retour en force de la bande après une précédente livraison en demi-teinte, et montre surtout son éventail très large d’idées pour créer une musique très personnelle et de plus en plus ambitieuse. Sans renier son passé, elle s’ouvre à de nouvelles perspectives plus grandiloquentes mais jamais pompeuses, le tout avec une production qui rend vraiment grâce à ces 54 minutes qui ne faiblissent que très rarement. Autant dire que le projet de Weddir reste bel et bien à part au sein de la scène nationale, continuant son petit bonhomme de chemin envers et contre tous, sans faire de bruit et en restant intéressant de bout en bout, avec ce disque où classicisme et originalité seront de mise, et qui sans être parmi les bilans de l’année possède suffisamment d’atouts intéressants pour qu’on y prête une attention des plus pointues.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

AlexP citer
AlexP
24/07/2018 17:19
Je ne connais pas les 1er albums. en tout cas suis d'accord avec la chronique (encore que j'aime bien Fugue part II).
Gros travail sur les guitares et une prod qui honore tous les instruments.
Du black moderne très dynamique mais qui reste lugubre.
Le batteur fait un super travail et apporte beaucoup de mouvement.
Pareil qu'Elzear le morceau Carry ... est celui que je préfère (la mélodie principale est assez entêtante).
belle et inattendue surprise
Elzear citer
Elzear
11/07/2018 23:00
Album superbe. Le saut qualitatif est indéniable et la production sans faute.
Une sacrée claque !
Mon morceau préféré reste, pour le moment, Carry That Drought Cause I Have No Arms Anymore.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Moonreich
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (6)  7.67/10

plus d'infos sur
Moonreich
Moonreich
Black Metal - 2008 - France
  

tracklist
01.   Fugue, Pt. 1 : Every Time She Passes Away
02.   Fugue, Pt. 2 : Every Time The Earth Slips Away
03.   With Open Throat For Way Too Long
04.   Heart Symbolism
05.   Rarefaction
06.   Carry That Drought Cause I Have No Arms Anymore
07.   The Things Behind The Moon

Durée : 54 minutes

line up
parution
15 Juin 2018

voir aussi
Moonreich
Moonreich
Pillars Of Detest

2015 - Les Acteurs de l'Ombre
  

Essayez aussi
Dark Fortress
Dark Fortress
Seance

2006 - Century Media Records
  
Kriegsmaschine
Kriegsmaschine
Apocalypticists

2018 - No Solace
  
Enthroned
Enthroned
Tetra Karcist

2007 - Napalm Records
  
Clandestine Blaze
Clandestine Blaze
City of Slaughter

2017 - Northern Heritage
  
Aosoth
Aosoth
III

2011 - Agonia Records
  

Damnation Defaced
The Devourer
Lire la chronique
Malum
Legion
Lire la chronique
ALL #1 - L'histoire conceptuelle de l'album "Hypertrace"
Lire le podcast
METAL MEAN FESTIVAL XV - 2019
Asphyx + Au-Dessus + Bloodb...
Lire le live report
Kaltfront
Feuernacht
Lire la chronique
Morbid Illusion
In the Crypt of the Stifled
Lire la chronique
Detherous
Hacked To Death
Lire la chronique
ShadowStrike
Legends of Human Spirit
Lire la chronique
Oranssi Pazuzu
Kevät / Värimyrsky (EP)
Lire la chronique
Shit Life
Reign In Bud
Lire la chronique
State Faults
Resonate/Desperate
Lire la chronique
Ebola
III
Lire la chronique
Rogga Johansson
Entrance To The Otherwhere
Lire la chronique
Black Majesty
Seventh Kingdom of Edom (EP)
Lire la chronique
Whore Black Metal : STOP AU SEXISME
Lire le podcast
SYLAK OPEN AIR 2019
Apocalyptica + Black Flag +...
Lire le live report
Ravenzang
Uit een duister verleden
Lire la chronique
DISOWNING pour l'album "Human Cattle"
Lire l'interview
Cerebral Rot
Odious Descent Into Decay
Lire la chronique
Hate
Auric Gates Of Veles
Lire la chronique
Shape Of Despair
Shades Of...
Lire la chronique
METALHERTZ - S02E04 - Symphonic PACA Metal
Lire le podcast
PPCM #21 - Ces ALBUMS que JE NE DEVAIS PAS AIMER
Lire le podcast
Destruction
Born To Perish
Lire la chronique
Metal Church
Damned If You Do
Lire la chronique
Gestapo 666
Satanic Shariah
Lire la chronique
Memoriam
Requiem For Mankind
Lire la chronique
Beheaded
Only Death Can Save You
Lire la chronique
Epitaphe
I
Lire la chronique
Burial Remains
Trinity Of Deception
Lire la chronique