chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
154 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Leather - II

Chronique

Leather II
J'aurais adoré avoir Leather Leone comme mère! Pas que je n'aime pas la mienne même si elle me casse les couilles mais Leather quoi! Une belle femme passionnée au caractère bien trempé, qui n'a pas peur de montrer ses sentiments, a le heavy metal dans le sang et une voix incroyable. Je ne suis pas un grand amateur des chanteuses dans le metal mais s'il ne devait en rester qu'une, mon choix se porterait sans hésiter sur elle. Clairement, Leather est ma chanteuse préférée. Les quatre-cinq premiers albums de Chastain, le groupe qui l'a révélée, sont indispensables à tout fan de heavy metal qui se respecte. La voir y revenir en 2013 après plus de dix ans d'absence m'avait procuré une grande joie, bien que Surrender To No One et We Bleed Metal n'aient pas l'aura des anciens opus du combo de Cincinnati. De retour à 100% dans la scène metal, Leone décide même de sortir cette année un nouvel album solo, presque trente piges après le très bon Shock Waves (1989). Pour ce faire, l'Américaine s'est entourée de quatre jeunes musiciens d'origine brésiliennes peu connus qui ont déjà tourné pour Paul Di'Anno et Rob Rock. Et c'est au printemps dernier chez High Roller Records, toujours un des top labels quand il est question de heavy metal de qualité, qu'a débarqué ce deuxième album sous le nom de Leather, sobrement intitulé II.

La pochette, un poil narcissique mais typique d'un album solo, se fait sombre. Bien plus que la couverture de son premier disque qui revêtait des couleurs plus vives. Autre époque, autres sentiments. On le sait, Leone a été très affectée par la mort de Ronnie James Dio, son père spirituel, à qui elle dédie cet album. Les "metal horns", c'est pour lui. L'atmosphère de II n'est donc pas à la rigolade. Mais loin de se laisser abattre, Leather montre comme d'habitude une sacrée force de caractère. Ça ne pleurniche pas. Ça lève le poing, fier et solide malgré l'adversité qui ne nous rendra que plus fort, comme sur tout bon album de heavy metal. Je n'attendais rien de spécial de l'œuvre, juste le plaisir d'entendre la voix de Leather, et je dois dire que j'ai été agréablement surpris par la qualité de l'ensemble. Le son carré, moderne et puissant ne fait pas semblant déjà, apportant la force de frappe nécessaire à la musique du combo qui se veut la plupart du temps bien pêchue et dynamique avec du mid-tempo headbangant appuyé ou un peu plus enlevé. On sent que le batteur est jeune et joue dans des formations plus extrêmes car il a tendance à mettre de la double partout. Mais c'est bien, cette jeunesse, ça dynamise les compos et donne un air frais au heavy de Leather qui conserve ses racines old-school. II reste en effet un album très classique de heavy metal traditionnel, très typé années 1980. On pense à Judas Priest et Dio entre autres. On trouve aussi quelques influences années 70 comme sur le morceau final au groove rock 'n roll dur "Give Me Reason" qui fait penser au "Road Racin'" de Riot. Pour le solo à 2'32, on est par contre plus sur des notes aériennes et spatiales à la Satriani. Voilà sans doute le morceau qui se démarque le plus de la tracklist. Je ne l'aurais toutefois pas mis en dernier. Certains riffs plus lourds évoquent eux Black Sabbath ("Black Smoke", "Annabelle", "Sleep Deep", "American Woman"). Des références pour le moins prestigieuses.

Pas vraiment original par contre, c'est sûr. Mais c'est du heavy metal, qu'est-ce qu'on s'en fout, pas vrai?! D'autant qu'il s'avère plutôt pas mal cet album. Des riffs de pur heavy metal, solides à défaut d'être vraiment géniaux, des mélodies sympas démontrant un réel feeling, notamment sur des solos pas dégueulasses, ça passe tout seul chez moi. Des titres très efficaces comme "Juggernaut" (le meilleur morceau dès le début), "Lost At Midnite", "The One", "Hidden In The Dark", "Let Me Kneel" (un peu de Riot aussi sur le riff mélodique d'intro) et "American Woman" devraient pouvoir convaincre sans peine tout amateur de heavy. "Annabelle", dans un registre plus posé type power ballade mais grave par l'atmosphère, se taille aussi une part de choix dans la liste des pistes à retenir avec une belle deuxième position. Surtout grâce à Leather d'ailleurs, quoique l'intro et l'outro en son clair aident bien à la beauté triste du morceau. Oui parce que les riffs et les solos ont beau être cools, la production tip-top et le batteur en forme, l'album doit quand même beaucoup de sa réussite à la frontwoman. Sans sa présence, pas sûr que II m'aurait fait le même effet. On le savait déjà en ayant écouté les deux derniers Chastain, l'Américaine n'a rien perdu de sa voix. La puissance, l'émotion, la conviction, tout est là. On reconnaît ainsi sans peine le timbre légèrement éraillé et si prenant de la chanteuse. Marquée par la vie, elle a en plus gagné ce grain d'expérience qui enrichit ses intonations et sa palette d'émotions. Leather nous gratifie ainsi de rythmiques et de mélodies vocales emballantes qui font mouche la plupart du temps sur les couplets. Un peu moins sur les refrains que l'on ne gardera pas forcément en tête pendant une semaine mais qui s'avèrent tout de même assez efficaces (certains boostés par des chœurs/backing vocals de ses compères masculins comme "Juggernaut", "Black Smoke", "Let Me Kneel") et catchy (le grand gagnant "Hidden In The Dark", "The Outsider", "Lost At Midnite", "Sleep Deep", "American Woman").

Donc non, tout n'est pas parfait évidemment. Certains morceaux se révèlent aussi un peu moins inspirés ("The Outsider" trop répétitif malgré un riff principal énergique très correct), en particulier les plus mid-tempos, trop mollassons, qui finissent par lasser ("Black Smoke", "Sleep Deep"). Le côté très classique et sans surprise ne gêne pas mais la construction très similaire des compositions, avec par exemple un solo quasiment toujours après le refrain suivant le deuxième couplet, donne un aspect un peu trop scolaire et rébarbatif à l'ensemble. Et si les guitaristes sont loin d'être des manchots, on reste quand même loin de la virtuosité galopante de David T. Chastain sur les meilleures œuvres de son groupe. L'opus ne concourra donc pas pour le titre de meilleur album heavy metal de l'année mais cela ne l'empêche pas de s'imposer comme une réussite. J'en suis moi-même tout à fait satisfait et je ne doute pas que tous les amoureux de la voix de Leone devraient partager cet avis. Cette deuxième aventure solo vaut d'ailleurs largement les deux derniers Chastain, surtout en matière de chant. II nous offre suffisamment de titres forts pour passer trois bons quarts d'heure en compagnie de cette chère Leather et de ses nouveaux copains. Bravo Maman!

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Leather
Heavy Metal
2018 - High Roller Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (8)  8.19/10

plus d'infos sur
Leather
Leather
Heavy Metal - 1989 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Juggernaut  (03:15)
02.   The Outsider  (04:31)
03.   Lost At Midnite  (04:34)
04.   Black Smoke  (04:41)
05.   The One  (03:17)
06.   Annabelle  (05:37)
07.   Hidden In The Dark  (04:50)
08.   Sleep Deep  (04:24)
09.   Let Me Kneel  (03:53)
10.   American Woman  (04:22)
11.   Give Me Reason  (04:01)

Durée : 47:25

line up
parution
13 Avril 2018

Essayez aussi
Holy Martyr
Holy Martyr
Invincible

2011 - Dragonheart Records
  
Yngwie Malmsteen
Yngwie Malmsteen
Trilogy

1986 - Polygram Music
  
Savage Master
Savage Master
Creature Of The Flames (EP)

2017 - Skol Records
  
Visigoth
Visigoth
Conqueror's Oath

2018 - Metal Blade Records
  
Attic
Attic
Sanctimonious

2017 - Ván Records
  

Mütiilation
The Lost Tapes (Compil.)
Lire la chronique
Kriegsmaschine
Apocalypticists
Lire la chronique
Acid Bath
Paegan Terrorism Tactics
Lire la chronique
SOS Chanteurs ! (Famine / Kvarforth / Ravenlord)
Lire le podcast
Blurr Thrower
Les Avatars Du Vide (EP)
Lire la chronique
At The Gates + Behemoth + Wolves In The Throne Room
Lire le live report
Horns
Czerń
Lire la chronique
Wolvennest
Void
Lire la chronique
Napalm Death
Nazi Punks Fuck Off (EP)
Lire la chronique
Cantique Lépreux
Paysages Polaires
Lire la chronique
Hexenbrett
Erste Beschwörung (EP)
Lire la chronique
Mortal Scepter / Deathroned
Mortal Scepter / Deathroned...
Lire la chronique
Nyctophilia
Ad Mortem et Tenebrae
Lire la chronique
Bilan 2018
Lire le bilan
Feral
Flesh For Funerals Eternal
Lire la chronique
Ossuarium
Living Tomb
Lire la chronique
AC/DC
Flick Of The Switch
Lire la chronique
PPCM #7 : Pour ce soir, tu mangeras les RESTES (VITAUX) !
Lire le podcast
Sunwheel
I Am the One
Lire la chronique
Cannibal Corpse
Tomb Of The Mutilated
Lire la chronique
Obscenity
Summoning The Circle
Lire la chronique
Vetala
Retarded Necro Demential Hole
Lire la chronique
Psychotomy
Aphotik
Lire la chronique
Seigneur Voland
Consumatum Est (Compil.)
Lire la chronique
John Garcia
John Garcia and The Band Of...
Lire la chronique
Carnal Forge
Gun To Mouth Salvation
Lire la chronique
Monstrosity
The Passage Of Existence
Lire la chronique
Guðveiki
Vængför
Lire la chronique
Maniac
Ruthless (EP)
Lire la chronique
Lord Ketil
Long Lone Among the Wolves
Lire la chronique