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Alchemyst - Nekromanteion

Chronique

Alchemyst Nekromanteion
Actif entre 2009 et 2014, Alchemyst aura eu une carrière particulièrement bien remplie puisqu’en l’espace de cinq ans, le groupe aura tout de même sorti quatre démos, un split, une compilation et surtout un unique album paru en 2012 sur Necroshrine Records (division du label Iron Bonehead Productions spécialisée dans le format CD). Originaire de la région de Thuringe en Allemagne de l’est, le groupe se forme autour de Martin Falkenstein également connu sous le pseudonyme d’Inkantator Koura sous lequel il évolue au sein de Mosaic depuis 2006. Malheureusement, Alchemyst choisira de mettre fin à sa carrière cinq ans plus tard, en grande partie parce que Martin Falkenstein estimait avoir fait le tour de ce qu’il avait à exprimer au sein de cette entité mélangeant Black Metal et Death Metal mais aussi et surtout parce qu’il souhaitait faire avancer son autre projet, Mosaic, remis sur les rails en 2011 suite à la sortie d’un split en compagnie justement d’Alchemyst.

En ce qui me concerne, ma première rencontre avec les Allemands s’est faite sur scène lors de la tournée de 2013 en compagnie de Tribulation, Venenum et Ketzer. A l’époque je n’avais pas été particulièrement impressionné par le résultat même s’il fallait bien lui reconnaître un sens de la mise en scène et une approche très fortement marquée par l’importance des mythes et autres croyances occultes. Il faudra attendre que je mette mon nez dans le premier EP de Mosaic (l’excellent Old Man’s Wyntar paru en 2014) pour que je me décide à redonner une chance aux Allemands. Et à en juger par la note donnée à ce Nekromanteion, il semblerait que j’ai bien fait.

Car ce que je reprochais notamment à Alchemyst lors de sa prestation sur scène était un manque de rythme imputable à de trop nombreuses séquences mid-tempos. Ors à l’écoute de ces dix titres, même si nous sommes ici bien loin des cadences appliquées par d’autres groupes évoluant dans le même univers (celui d’un Black/Death occulte), il m’apparaît évident que la question du rythme n’est pas (ou en tout cas n’est plus) un sujet. Au contraire puisque l’une des plus grandes qualités de ce Nekromanteion est assurément sa diversité en la matière, capable ainsi de passer de séquences plus ou moins tendues à des moments davantage portés sur l’introspection, le recueillement voire la célébration. Car Alchemyst n’est certainement pas un groupe de Black/Death comme les autres. Loin du délire guerre totale, misanthropie, annihilation de l’espèce humaine et élitisme, le groupe apporte un soin tout particulier à la construction d’atmosphères occultes évoquant les grands mythes païens nordiques. Le sujet en soit n’est pas nouveau et bons nombres de groupes l’ont effectivement déjà abordé de manière plus ou moins personnelle mais pour Martin Falkenstein et Alchemyst il ne s’agit pas juste d’une attitude à adopter dans le cadre d’un groupe de Black/Death mais bel et bien d’une façon de vivre au quotidien (un aspect qu’il abordera encore de plus près avec Mosaic).
Sa singularité, Alchemyst la nourrit tout d’abord grâce au chant bien souvent déclamé et/ou halluciné d’Inkantator Koura. Une voix envoûtante et passionnée dotée d’une certaine ferveur qui, dès qu’elle entre en piste, insuffle aux morceaux des Allemands une dimension à la fois surnaturelle et quasi-religieuse. Difficile de ne pas ressentir cette tension quand résonne cette voix sombre et menaçante venue d’en bas ou bien d’être touché par la grâce avec ces cris hallucinés montants vers les cieux. Mais ce n’est pas tout, l’album est truffé de moments où la voix de Martin se fait presque incantatoire (à l’image de "Rites Of The Holy Hills"). Des psalmodies rendus parfois incompréhensibles (par exemple sur la fin de "Kharon (Nekromanteion Pt. II)") comme pour mieux en renforcer l’effet. Le point d’orgue est atteint sur le titre acoustique "Circle Of Elements", véritable messe occulte (à l’image de l’artwork) célébrant très certainement ces quatre éléments (l’air, l’eau, le vent et le feu) sur lesquels repose le principe de l’alchimie.
Une autre des spécificités du Black/Death d’Alchemyst c’est l’intérêt porté par le groupe à l’orgue Hammond. Utilisé dans l’idée de renforcer cette impression de messe occulte et païenne, le groupe ne va pas hésiter à s’en servir à plusieurs reprises ("House Of Aides (Nekromanteion Pt. I)" à 1:50, "Rites Of The Holy Hill" à 1:19, "The Inner Fire" à 4:58, "Okkvltista" à 1:40, l’interlude "A Cave Of Trees", "Oracle of the Dead (Nekromanteion Pt. III)" à 1:32...). Joué ici par un invité de marque (Drakh de Katharsis), les sonorités délicieusement vintages et décadentes de l’instrument vont clairement marquer chaque écoute et surtout contribuer à leurs manières à nourrir ces ambiances mystiques et terriblement sinistres.

Servi par une production qui ne manque certainement pas de cachet (des guitares au son particulièrement rugueux, une basse incroyable qui ne cesse de vrombir comme pour mieux nous remuer les tripes (un régal sur un titre tel que "House Of Aides (Nekromanteion Pt. I)"), une batterie hyper naturelle, le tout avec un rendu offrant puissance et lisibilité), Alchemyst alterne les moments de folies menés le couteau entre les dents à base de blasts haletants, de cymbales épileptiques, de trémolos infernaux, de voix arrachées et passages plus en retenus mais également plus en tension, justement à cause de cette espèce de ferveur occulte et religieuse qui s’en dégage ("Rites Of The Holy Hill", "The Inner Fire", "Circle Of Elements", le début de "Temple Of Medusa"). Dans les deux cas, les Allemands ne manquent pas de se montrer particulièrement efficace, transcendant leur musique à coup de riffs ciselés et habités, de leads sinistres, d’accélérations jouissives et de ralentissements chargés d’atmosphères étranges et menaçantes.

Si la carrière d’Alchemyst aura été de courte durée, les membres du groupe peuvent néanmoins se satisfaire d’une idée simple mais réconfortante, celle d’avoir sorti un unique album assez fantastique et ne souffrant d’aucun véritable défaut particulier. Il faudrait en tout cas être une sacrée tanche pour ne pas se laisser transporter par les ambiances funestes et souterraines dégagées tout au long de ces quarante-sept minutes. Et puis surtout, ce Nekromanteion n’est pas un disque uniquement porté sur les atmosphères et recèle également de nombreux passages extrêmement efficaces qui, eux aussi, ne laisseront certainement pas indifférent l’auditeur.

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2 COMMENTAIRE(S)

dantefever citer
dantefever
09/10/2018 16:12
Très chouette album en effet, bien original
ChuckSchuldiner citer
ChuckSchuldiner
09/10/2018 14:38
note: 8/10
Ah trop bien de le voir enfin ici ! Super album en effet, le Mosaïc (Old Man Wyntar) est aussi bien mais plus atmosphérique et parfois traine un peu plus en longueur. Et merci pour le nom de l'orgue, ça fait un bail que je cherchais comme il s'appelait, après avoir écouté Cult of Fire surtout haha !

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Alchemyst
Black/Death Metal
2012 - Necroshrine Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (1)  8/10
Webzines : (2)  8.95/10

plus d'infos sur
Alchemyst
Alchemyst
Black/Death Metal - 2009 † 2014 - Allemagne
  

tracklist
01.   Pulse Of Tartaros  (02:04)
02.   House Of Aides (Nekromanteion Pt. I)  (05:06)
03.   Rites Of The Holy Hill  (04:24)
04.   The Inner Fire  (06:22)
05.   Kharon (Nekromanteion Pt. II)  (05:30)
06.   Circle Of Elements  (04:10)
07.   Okkvltista  (04:43)
08.   A Cave Of Trees  (00:50)
09.   Temple Of Medusa  (04:23)
10.   Oracle Of The Dead (Nekromanteion Pt. III)  (09:50)

Durée : 47:22

line up
parution
31 Octobre 2012

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