chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
62 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Wombripper - From The Depths Of Flesh

Chronique

Wombripper From The Depths Of Flesh
On n'a pas souvent l'occasion de chroniquer un groupe russe. Parce que cette scène n'est pas très représentée malgré un nombre conséquent de formations, parce qu'elle ne s'exporte pas toujours bien et reste méconnue, parce que d'autres nationalités prennent le dessus... tout un tas de raisons qui font que l'on parle rarement de l'ex-URSS en ces pages, en particulier pour du death metal. Dans ce rayon, on a plutôt causé brutal death d'ailleurs avec Abominable Putridity, Aborted Fetus, Katalepsy, Monumental Torment ou encore Odem. Il manque les meilleurs, Scrambled Defuncts, ça viendra peut-être un jour. En death metal pur jus par contre, c'est un peu le néant alors qu'il y aurait pourtant quelques groupes à mettre en valeur. Pyre en old-school récent, Beheaded Zombie pour le versant technique et surtout Graveside en classique de la grande époque, un des meilleurs clones de Deicide. Seul Sakrifiss a profité de la coupe du monde de football chez Poutine pour étoffer notre quota de combos soviétiques. Mais ce n'est pas du jeu, il y a bien plus de formations black que death là-bas! Je dois cela dit confesser que j'aurais très bien pu m'occuper de Wombripper pendant cette période qui a vu la France se faire couronner à la surprise générale. On m'avait en effet envoyé le promo de leur premier full-length dès la mi-mai. C'est con en plus parce que les mecs viennent de Nijni Novgorod là où les Bleus ont battu l'Uruguay en quart de finale. Mais peu importe, on va enfin parler russe et death metal!

Enfin russe... uniquement pour l'origine du groupe parce que sinon, ça ressemble plutôt à du suédois tout ça! Par contre, c'est bien du death metal! Wombripper a beau venir de Russie, il fait du pur old-school Swedish death metal. En dépit d'un artwork classe, sobre et peu commun qui pourrait laisser croire le contraire, rien d'original donc, on vous le dit d'emblée, surtout par les temps qui courent. Mais franchement, à ce petit jeu, ce ne sont pas les plus mauvais. J'ai même envie de dire qu'il y avait un petit bout de temps qu'un album d'OSSDM ne m'avait pas autant foutu la trique, moi qui commençais à être un peu gavé par ce revival. Allez soyons fous, je le dis! Qu'a donc de plus Wombripper pour se démarquer de tous les autres combos s'adonnant au même plaisir régressif impersonnel? Peut-être ce penchant pour Dismember, mon préféré du big four scandinave, tout en dégageant aussi des effluves Entombed de toute façon incontournables quand on touche aux suédoiseries (les viriles hein, pas celles édulcorées de Göteborg). Ils ont aussi déjà des bases très solides, contenant tous les ingrédients nécessaires à la recette du style 90s made in Stockholm. Ce son de guitare estampillé HM-2 qui buzze, c'est un régal pour les tympans avides de friture, d'autant que la production dans sa globalité se fait à la fois grasse et raw pour encore plus de sensations fortes. L'autre composante indispensable, ce sont bien sûr les leads mélodiques sombres sur les ralentissements plombés ou les riffs en tremolo plus ou moins mélos sur les séquences plus rapides. Là aussi, il y a tout ce qu'il faut chez les Russes même s'ils y vont mollo sur ces leads typiques car ils ne décélèrent pas souvent. Mais ce que j'ai préféré chez Wombripper, ce qui m'a fait télécharger le promo et réservé la chronique, c'est l'énergie et l'efficacité dégagées par ce From The Depths Of Flesh des plus brutaux et enragés. Foutre Satan que c'est jouissif! Le morceau d'ouverture, "Still Unborn", m'a cloué à ma chaise. Les gros blast-beats sauvages, le tchouka-tchouka accéléré, le riff sombre et méchant, le chant vénère, le break mid-tempo coolos, le solo chaotico-mélodique bien sympa : du tout bon! Et rebelote sur "Immolation Rites", tout aussi bourrin et bonard! Pas de relâchement avec "Torn By The Nails" qui envoie la purée direct, rappelant les Tchèques de Brutally Deceased, bien affûtés eux-aussi en matière d'hommage musclé au vieux son stockholmois. On sort aussi les rythmiques punk et crust, souvent jamais loin quand on bat pavillon suédois. Efficace et entraînant à mort! Et ce grondement omniprésent? Ce ne serait pas la basse vrombissante qui grinde? Oui, tout comme on l'aime dans le style! "Frantic Exhumation" juste après va lui aussi bien bourrer après un début mid-tempo grassouillet pas non plus déplaisant. "Restless" porte bien son nom ensuite avant un final plus nuancé. "The Suicidal Recreation" prend le relais en levant nettement le pied, restant sur du mid-tempo plus ou moins plombé. À 1'32, le combo basse vrombissante plus d-beat donne envie de tout péter, une tuerie pour le live! Un bon morceau mais on préfère tout de même quand les Slaves accélèrent davantage. D'ailleurs, ils commettent une faute de tracklist sur les deux pistes suivantes, "Locked In The Iced Coffin" et "Godless Slaughter (In The Name Of Doom)", mises l'une à suite de l'autre alors que ce sont les compositions les plus longues et variées, respectivement 5' et 6'30 alors qu'on était plutôt dans le 3' vite expédié jusque-là sans que l'on n'y trouve à redire. Ça part d'une bonne intention de vouloir diversifier un minimum le propos, il aurait néanmoins fallu mieux répartir car on ressent un net coup de mou. Les deux titres restent toutefois loin d'être mauvais heureusement. "Locked In The Iced Coffin" propose une intro plombée à lead pas mal du tout avant de groover sévère, un mid-tempo jubilatoire juste après la troisième minute puis un solo typé heavy de bonne qualité. "Godless Slaughter" crache davantage, offre un refrain avec chœurs très efficace et nous présente même pour la première fois une petite touche Slayer sur les harmonies de sa séquence écrasante. Une influence que l'on retrouvera de façon plus appuyée juste après sur le démarrage ambiancé avec larsens du titre final "Prenatal Death" qui par la suite remonte bien en intensité, l'opus avec. Autopsy fait un petit coucou aussi.

Du coup, effectivement, Wombripper a un peu de mal à tenir la cadence infernale tout du long, en termes de rythme et de qualité. On baisse ainsi légèrement en intensité au fil des minutes et l'attention se relâche quelque peu car les Russes ne sont jamais aussi forts que quand ils dézinguent à tout va. La faute aussi à quelques passages plus génériques qui font perdre de l'intérêt à l'album. Difficile d'être au top tout le temps! C'est d'autant plus vrai sur la version CD de Redefining Darkness (sortie initiale par le label russe Grotesque Sound Productions en tout début d'année) qui contient trois bonus tracks et rallonge la durée à trois quarts d'heure, excessif pour le style à l'arrache de Wombripper malgré les qualités indéniables des morceaux supplémentaires (les mêmes que les autres). On ressent aussi une certaine lassitude au niveau du chant très linéaire et qui braille trop, pas le meilleur atout de la formation. Deux invités issus de Pyre, Internal Damage et Chamber Of Torture viennent épauler le frontman guitariste Dan sur "Restless" et "Godless Slaughter" mais cela ne suffit pas. On validera toutefois sur ce dernier la séquence mammouth à 3'20 sur une intonation arrachée à la Van Drunen qui fait toujours son petit effet. Reste que malgré ces quelques défauts pardonnables, Wombripper s'avère une découverte pas piquée des hannetons et son premier longue-durée une très bonne surprise pour ceux qui peuvent encore ingérer du death metal Sunlight-worship. Celui-ci fait clairement partie du haut du panier grâce à un riffing affûté, un bon sens de la mélodie, un groove efficace et des solos savoureux. Il se classe aussi parmi les éléments les plus radicaux du genre à grands coups de blast-beats dévastateurs et autres rythmiques jouissives de gens pressés, le tout en dégageant une énergie punk ultra communicative. Bref, un exutoire qui fait largement le taf!

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Wombripper
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (2)  8.5/10

plus d'infos sur
Wombripper
Wombripper
Death Metal - 2012 - Russie
  

tracklist
01.   Still Unborn  (03:28)
02.   Immolation Rites  (03:00)
03.   Torn By The Nails  (03:35)
04.   Frantic Exhumation  (03:10)
05.   Restless  (03:39)
06.   The Suicidal Recreation  (03:28)
07.   Locked In The Iced Coffin  (05:01)
08.   Godless Slaughter (In The Name Of Doom)  (06:31)
09.   Prenatal Death  (03:08)

Bonus tracks:
10.   Shredded Corpse Remains  (02:30)
11.   Already Dead  (03:03)
12.   Morbid Aberration  (04:34)

Durée : 45:07

line up
parution
29 Juin 2018

Essayez aussi
Krisiun
Krisiun
The Great Execution

2011 - Century Media Records
  
Father Befouled
Father Befouled
Desolate Gods

2017 - Dark Descent Records
  
Lost Soul
Lost Soul
Scream Of The Mourning Star

2000 - Relapse Records
  
Kataklysm
Kataklysm
Heaven's Venom

2010 - Nuclear Blast Records
  
Morbid Flesh
Morbid Flesh
Embedded In The Ossuary (EP)

2014 - Unholy Prophecies
  

Stortregn pour l'album "Emptiness Fills The Void"
Lire l'interview
Albionic Hermeticism
Ancient Hermetic Purity
Lire la chronique
Primitive Man / Unearthly Trance
Split (Split-CD)
Lire la chronique
Graven Maul
Crushed Skull Moon (EP)
Lire la chronique
Carnation
Chapel Of Abhorrence
Lire la chronique
Get The Shot
Infinite Punishment
Lire la chronique
Spaceslug
Eye The Tide
Lire la chronique
White Wizzard
Infernal Overdrive
Lire la chronique
Deafheaven
Ordinary Corrupt Human Love
Lire la chronique
Lofofora
L'épreuve du concert (Live)
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 15 - Sky Valley Summer Vibes sous l'Océan
Lire le podcast
PPCM #1 - Faut être un peu pessimiste (Pessimist)
Lire le podcast
Mars Red Sky
Stranded in Arcadia
Lire la chronique
Beyond Carnage
Profane Sounds Of The Flesh...
Lire la chronique
Iskald
Innhøstinga
Lire la chronique
Regnat Horrendum
Heathenland
Lire la chronique
Diocletian + Fin + Funeral Desekrator
Lire le live report
Thou
Rhea Sylvia (EP)
Lire la chronique
Wombripper
From The Depths Of Flesh
Lire la chronique
Ozzy Osbourne
No More Tears
Lire la chronique
Metallica
The $5.98 EP - Garage Days ...
Lire la chronique
Black Sabbath
13
Lire la chronique
Blood Of The Wolf
II: Campaign Of Extermination
Lire la chronique
MoM Poésique - Saor / "La Colline sentant les thyms"
Lire le podcast
Torture Rack
Malefic Humiliation
Lire la chronique
Black Howling
Return of Primordial Stillness
Lire la chronique
Isengard
Høstmørke
Lire la chronique
Devastatiön
Drink With The Devil (EP)
Lire la chronique
Mortem
Deinós Nekrómantis
Lire la chronique
Animals as Leaders
The Joy of Motion
Lire la chronique