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Pig Destroyer - Head Cage

Chronique

Pig Destroyer Head Cage
Bon.

On ne fera pas l'affront de présenter Pig Destroyer, tant le groupe a su se poser en pilier d'un genre entier, leur recette de Grindcore acide ayant fait ses preuves et laissé une marque indélébile sur de nombreux auditeurs. Depuis le sommet absolu qu'était, et reste, "Terrifyer", on sentait bien que le groupe cherchait à progresser, JR et sa bande étant probablement frustrés de n'être bons qu'à balancer la sauce - ce qui est, je le rappelle, tout ce que l'on peut attendre d'un groupe de Grindcore, le genre étant plus que limité. Ainsi, notre petite bande a commencé, tout doucement, à arpenter des chemins différents, à infuser quelques menues nouveautés dans leur musique de sauvage. Une progression dans le mauvais, malheureusement... Du bon ("Phantom Limb") en terminant sur de l'anecdotique ("Book Burner"), le groupe s'est fatigué, ne détruisant plus grand chose sinon mon envie de me pencher sur leurs nouvelles sorties. Têtu, j'avais envie d'y croire, surtout six ans après leur dernier full-length. Je m'accrochais encore à l'espoir de revoir le groupe au meilleur de sa forme, rageur, furieux, hystérique, bref, le PxDx comme je les aime. Et ce malgré la voix de JR, flinguée par des années de concerts où il donnait toujours tout, de la première à la dernière date; Malgré leurs expérimentations pas toujours heureuses, j'espérais un "Head Cage" à la hauteur de la légende du combo : une galette qui me donne à nouveau envie de donner des coups de latte dans mon mobilier.

Et finalement, assez logiquement, j'ai été déçu.

Le premier extrait dévoilé, "Army of Cops" et son groove pépère, mais surtout sa production proprement ignoble, cette batterie gonflée artificiellement au mixage pour combler le vide de la composition, aura rapidement eu raison de la maigre flamme d'espoir que j'entretenais. Puis vint le merch. Et j'ai vu le t-shirt reprenant l'iconique scène du très discutable "The Wicker Man" où Nicolas Cage, pris la tête dans une cage (que c'est fin), hurlait "Not the beeees ! Not the beeeees !". D'abord consterné, j'ai finalement trouvé le visuel assez raccord avec le regard que je porte sur "Head Cage", une fois un peu de recul pris. Pas une parodie, pas de second degré, mais un groupe qui prend très au sérieux son évolution pourtant discutable, une sorte d'Uwe Boll qui croirait dur comme fer à son navet sans jamais se rendre compte de l'horreur qu'il s'échine à tartiner.

En ce sens, la petit introduction bruitiste à base de "Nous ne saurions être tenus responsables des dommages causés à vos tympans par une écoute prolongée de ce disque" me fait sourire. D'une part, parce que ce petit prélude d'une minute est ce qu'il y a de plus extrême à se mettre sous la dent dans "Head Cage", d'autre part, parce qu'effectivement, j'aurais presque envie de me boucher les oreilles tant certains titres sont pénibles, masquant leur absence totale d'efficacité derrière la fameuse cachette du "Non mais tu comprends pas, on fait des constructions rythmiques un peu compliquées".

Ha, des constructions complexes ? Tu veux dire, comme "Concrete Beast" ? Son introduction poussive, sorte de prototype d'un Meshuggah déjà passé par quinze destockeurs et dont personne ne veut, n'est même pas sauvé par Kat, pourtant toujours aussi convaincante derrière un micro. Le reste du disque est fait du même bois, ne faisant qu'osciller entre le "mouais" et le franchement pénible. Les quelques petits sursauts du Grindeux d'antan, enfermé dans chacun des musiciens et qui s'arrache probablement les cheveux en entendant ce que le groupe a pu devenir, sont gâchés par cette production monolithique, manquant de précision et rendant les parties blastées aussi incompréhensibles que pénibles ("Terminal Itch", mais surtout les tartines éparses au sein de "The Adventures of Jason and JR"). "Terrifyer" était homogène dans la peur qu'il instillait dans l'auditeur. "Head Cage", lui, a choisi d'être constant dans l'ennui profond qu'il provoque chez moi. J'ai peine à isoler un titre qui m'aurait plus séduit qu'un autre, où même sorti de ma torpeur, puisque les parties qui foncent tête dans le guidon sont complètement gâchées par la production. Et les autres, qui se veulent être le "Pig Destroyer nouveau" sont franchement quelconques, piochant des idées à droite et à gauche sans jamais les exploiter à fond, se contentant d'empiler du riff déjà entendu cinquante fois ailleurs, d'y accoler - au choix - deux ou trois nappes de Noise, une rythmique un peu déconstruite, et de faire passer ça pour quelque chose de novateur. Plus qu'à attendre le pigeo... Client. Du vrai Juan Romano Chucalescu.

Ha, j'ai oublié de préciser que c'était le premier album de Pig Destroyer avec un vrai bassiste à l'intérieur, mince... Dans ce que j'ai pu lire, l'arrivée du bonhomme est un petit évènement. Pourtant, sa participation est aussi vaine que l'album auquel il participe, puisqu'on l'entend vaguement vrombir au démarrage, avant de se noyer dans le reste. Pig Destroyer se retrouve dans une position délicate, le cul entre deux chaises, ne sait plus vraiment s'il veut faire du Grindcore ou construire des compositions un peu plus complexes (hahaha). S'ensuit l'entre-deux qu'est "Head Cage", jamais vraiment mauvais, mais jamais bon non plus. Un disque à peine correct, un mauvais Pig Destroyer, mais dans les deux cas, une sortie absolument quelconque qui me laisse totalement indifférent... Ce qui est peut-être bien le pire qui puisse arriver à un groupe comme PxDx.

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Pig Destroyer
Grindcore
2018 - Relapse Records
notes
Chroniqueur : 4/10
Lecteurs : (1)  7/10
Webzines : (6)  8.62/10

plus d'infos sur
Pig Destroyer
Pig Destroyer
Grindcore - 1997 - Etats-Unis
  

écoutez
tracklist
01.   Tunnel Under The Tracks  (01:21)
02.   Dark Train  (01:11)
03.   Army of Cops 03:18 vidéo
04.   Circle River  (02:45)
05.   The Torture Fields 02:55 vidéo
06.   Terminal Itch  (01:13)
07.   Concrete Beast  (03:21)
08.   The Adventures of Jason and JR  (02:12)
09.   Mt. Skull 01:37 vidéo
10.   Trap Door Man  (01:15)
11.   The Last Song  (02:40)
12.   House of Snakes  (07:07)

parution
7 Septembre 2018

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