chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
113 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Kåabalh - Kåabalh

Chronique

Kåabalh Kåabalh
Outre sa scène noire proéminente la France peut aussi se targuer également de posséder nombre de groupes de Death-Metal qui tiennent facilement la comparaison avec les ténors du genre venus de l’étranger. Ces dernières années elle en a vu éclore une quantité pléthorique tous plus intéressants les uns que les autres, dont une bonne partie s’est retrouvée signée chez Dolorem Records. Une fois encore le label tourangeau se distingue par sa qualité musicale et son nez creux en toutes circonstances, car voici les normands de KÅABALH dont le style putride et sombre lorgne du côté de la Finlande comme vers celui d’INCANTATION, DISMA ou encore GRAVE MIASMA. Formé sur les cendres des regrettés TORTURE THRONE par Damien (Chant/Guitare Lead) et Fabrice (Batterie) ceux-ci n’étaient pas décidés à rendre les armes suite à cet arrêt qui s’est fait de façon un peu abrupte et dans des circonstances encore aujourd’hui mystérieuses. Du coup les voici embarqués dans une aventure différente (mais où l’on retrouve les bases de leur ancien combo) en compagnie de deux nouveaux acolytes, et offrent du coup six titres longs et rampants où les atmosphères et ambiances priment sur la violence, certes présente mais contenue.

Car si elle n’est pas absente il est vrai que le début de cet opus est marqué par une forte consonnance Doom, permettant ainsi à la musique de se développer progressivement et réservant ses explosions de violence à ceux qui auront fait l’effort de patienter. Il serait dommage et franchement malvenu de se faire une opinion dès l’excellent « Cabal » qui ouvre les hostilités et montre un quatuor déjà particulièrement inspiré (et dont l’écriture va progresser de façon crescendo). Après une série de larsens place à une rythmique écrasante tant elle se fait lente et suffocante qui ne varie quasiment pas (sauf pour alterner entre simple et double grosse caisse) don retentit un chant caverneux au possible ainsi qu’une production grouillante et humide, d’où rien ne semble pouvoir s’échapper. Si ça ne bouge pas des masses en revanche l’accroche est totale et ne souffre d’aucune redondance, à l’instar du terrible « Acheron » qui conserve le même dynamisme et la même trame générale, tout en proposant plus de variété grâce à des parties à la fois mid-tempo et rapides qui font leur apparition. Montrant ici une palette technique plus poussée on se fait complètement happer par cet univers angoissant qui se trouve à cheval entre la fureur et le bruit des enfers, ainsi que l’odeur des caveaux à l’automne. Gardant néanmoins sa pesanteur doomesque qui prédomine ce morceau continue de faire grimper la pression générale tout en emmenant l’auditeur dans des abîmes cauchemardesques, notamment par l’apparition de solos qui seront tout du long disséminés avec parcimonie mais d’excellente tenue, et qui amèneront une vraie plus-value.

Si ce premier tiers a déjà placé la barre très haut le second va le dépasser car avec « Wrath Of A New God » la double est mise plus à l’honneur, car derrière son kit le frappeur fait preuve d’un vrai feeling et n’en fait pas des tonnes vu que son jeu reste relativement classique et sobre. Aidé par une section rythmique au taquet on a presque envie de bouger la nuque tant la cohérence et le groove ne faiblissent pas, même quand le titre voit l’apparition des premiers blasts et hammerblasts du disque. Mélangeant donc les pointes de vitesse avec de moments plus massifs il offre un large panel des influences de la bande qui n’a pourtant pas encore tout dit. Car voici qu’arrive « The Complete Darkness » dont le contenu est en total raccord avec son nom, vu qu’ici il reprend les mêmes bases qu’entendues précédemment tout en poussant plus loin le délire qui apparaît presque impénétrable. Jouant le grand-écart entre lourdeur et explosivité il laisse cependant ce premier point plus en avant, afin que le suivant ressorte mieux de ce maelström gras et que l’on entende ainsi mieux sa force de tabassage.

D’ailleurs cette ultime doublette va permettre de laisser le champ libre au tempo enlevé grâce à « Heavy Boredom Death » qui va continuer sur la lancée entrevue auparavant, et jouer également les montagnes russes vu que ça n’arrête pas d’accélérer et de ralentir dans tous les sens. Tentaculaire et ambitieux il montre la quintessence d’un groupe en pleine possession de ses moyens, qui va même trouver l’inspiration pour gravir un ultime échelon avec les presque dix minutes de « Death’s Ovation ». Reprenant les idées entendues au démarrage il remet les passages très lents et ronronnants à l’honneur, qui hormis une courte coupure ultra-rapide le temps de poser un passage en lead ne variera pas des masses. Mais là où nombre de combos spécialisés dans le genre font l’erreur de répéter inlassablement les mêmes passages (finissant du coup par lasser plus que de raison), les havrais eux ne tombent pas dans ce piège. Malgré une base statique et répétitive, les subtiles variations incluses ici et là permettent à l’ensemble de respirer qui voit un soupçon de ralenti apparaître à un endroit et/ou une légère poussée énergique à un autre lieu … et l’on pourrait continuer à citer les exemples comme cela encore un peu.

Voyant ici la galette ralentir de plus en plus jusqu’à s’arrêter complètement elle se clôture au bout de presque quarante minutes qui défilent sans longueur ni sentiment de lassitude, malgré des compositions qui prennent leurs aises dans le temps. Avec sa production qui laisse de la place à la réverb’ et permet de renforcer le sentiment de malaise cette première sortie de cette entité est un pur bijou qui prend aux tripes dès les premières secondes pour ne plus rien lâcher jusqu’à sa conclusion, et qui fait preuve d’une vraie maîtrise dans l’écriture comme dans la façon de jouer. Autant dire qu’on est en présence d’un des grands albums de Metal de la mort hexagonal pour cette année qui demandera beaucoup de temps pour être disséqué et analysé, le tout avec une durée de vie assez longue. Ce qui également certain c’est que les promesses entrevues au sein de l’ancienne formation du binôme ont été largement dépassées, et nul doute qu’il va faire parler de lui avec ses acolytes dans un avenir proche tant il rivalise aisément avec les ténors américains ou scandinaves. Tout cela sied également à sa maison de disques qui montre qu’elle a vraiment l’instinct dans le choix de son catalogue qui devient de plus en plus imposant, et qui fait partie dorénavant des plus intéressants dans le genre.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

ERZEWYN citer
ERZEWYN
04/11/2018 18:46
Excellente chronique pour une bien belle pépite française!

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Kåabalh
Death/Doom
2018 - Dolorem Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (2)  7.25/10
Webzines : (1)  7/10

plus d'infos sur
Kåabalh
Kåabalh
Death/Doom - 2016 - France
  

tracklist
01.   Cabal
02.   Acheron
03.   Wrath Of A New God
04.   The Complete Darkness
05.   Heavy Boredom Death
06.   Death’s Ovation

Durée : 39 minutes

line up
parution
26 Octobre 2018

Essayez aussi
Argile
Argile
Monumental Monolith

2010 - Holy Records
  
Tyranny
Tyranny
Aeons in Tectonic Interment

2015 - Dark Descent Records
  
Misanthrope
Misanthrope
Variation On Inductive Theories
(Architecture Screenplans)

1993 - Holy Records
  
Mar de Grises
Mar de Grises
First River Regards (EP)

2010 - Firebox Records
  
Lurk
Lurk
Fringe

2018 - Transcending Obscurity
  

Death Courier
Necrotic Verses
Lire la chronique
Bašmu
Enshrined In Eternity
Lire la chronique
Exocrine
Maelstrom
Lire la chronique
Cryptic Shift
Visitations from Enceladus
Lire la chronique
Bezwering
Aan De Wormen Overgeleverd
Lire la chronique
Odiosior
Odiosior (EP)
Lire la chronique
Non Serviam
Le Cœur Bat
Lire la chronique
Hum
Inlet
Lire la chronique
Nexion
Seven Oracles
Lire la chronique
Mosaic
Secret Ambrosian Fire
Lire la chronique
BLACK METAL qui parle de virus !
Lire le podcast
Gloom
Rider of the Last Light
Lire la chronique
Witchcraft
Legend
Lire la chronique
Front
Antichrist Militia (EP)
Lire la chronique
Pearl Jam
Binaural
Lire la chronique
Buköwski
Grind on the Rocks
Lire la chronique
Le sondage des années 2010
Votre top 10 ! Difficile he...
Voir le sondage
Vspolokh
Помре
Lire la chronique
Zemial
Nykta
Lire la chronique
Meth Leppard
Woke
Lire la chronique
Runemagick / Chthonic Deity
Chthonicmagick (Split 12")
Lire la chronique
Azziard
Liber Secondus - Exégèse
Lire la chronique
Cathedral
The Last Spire
Lire la chronique
Carach Angren
Franckensteina Strataemontanus
Lire la chronique
Xibalba
Años en Infierno
Lire la chronique
Brutal Avengers
Chapter II - Mission to Ext...
Lire la chronique
PPCM #35 - Cherchons du STONER DEATH METAL !
Lire le podcast
Gravesend
Preparations For Human Disp...
Lire la chronique
Grave Circles
Tome II
Lire la chronique
Exumer
Hostile Defiance
Lire la chronique