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Witchthroat Serpent - Swallow the Venom

Chronique

Witchthroat Serpent Swallow the Venom
Sang-Dragon, précédent album des Français de Witchthroat Serpent, avait fonctionné chez moi comme une révélation. Révélation d’une musique qui n’avait pas besoin de s’excuser d’être l’enfant d’une autre (pour les retardataires : les Toulousains doivent pas mal de choses à Electric Wizard, et ne le cachent à aucun moment) ; révélation d’un groupe qui, pourtant, parvient à exister seul, ses références n’étant que des points d’appui pour s’enfoncer en solitaire dans la forêt des sorcières et leurs rites vécus ici au première loge, quitte à en devenir la victime centrale. Autant dire que j’en suis ressorti les yeux brûlés, mais enchantés !

Swallow the Venom, lui, ne me fait clairement pas le même effet. Impossible de procurer une deuxième fois un sentiment aussi intense ! Non, tous les signes emmènent vers une simple confirmation, jusqu’à la signature sur un label aux allures d’adoubement – Svart records, expert des bizarreries finlandaises et du doom metal raffiné, s’il vous plaît ! Et c’est sans surprise que l’on a ici un disque qui n’illumine pas l’esprit mais donne envie de croire en lui à chaque instant. Un album de conviction en somme, où il s’agit de persévérer avant de retrouver. Car la beauté aperçue ne s’affiche pas tout de suite, dans cette petite bestiole faisant le dos rond en affichant toujours les mêmes figures tutélaires avant de s’approcher, les griffes à l’air libre : tout paraît bien fait mais justement un peu trop bien fait, lustré, charnel, classique, jusqu’à une production oscillant gentiment entre lourdeur et nappes atmosphériques, fuzz et heaviness, liste de course complète et autre passage en caisse peu affriolant.

Il faut donc y croire au départ, la récompense arrivant heureusement rapidement. Witchthroat Serpent finit en effet par être ensorceleur comme prévu, épatant sans surprise, immersif tel qu’attendu. Son venin s’infiltre sans en avoir conscience, là une ligne mélodique donnant envie de la tamponner du sceau du doom (« Pauper’s Grave »), ici une élévation presque imperceptible et cependant enivrante, où l’esprit vogue, empoisonné, sans retrouver l’arme du crime (« Scorpent Serpion »). Pas de doute, Swallow the Venom est fin, se déguisant comme déclinaison d’Anglais copiés et recopiés, branleur comme eux, horrifique comme eux, et malgré cela parvenant à rendre les images de sabbat, de sacrifice, d’actes pervers perpétrés dans une vallée d’arbres complices sous une lune ricanante, plus concrètes, plus palpables, plus délicieuses.

Trop tard pour éteindre l’écran : le film n’en était pas un ! Facile de se laisser avoir par ces codes connus, cette atmosphère familière ; la lame nue que nous pose à la gorge les riffs séduisants de Witchthroat Serpent n’en est que plus insidieuse. Au travers de titres comme « Hunt for the Mountebank » (et ses accélérations inattendues) ou encore « No More Giant Octopussies », les Français montrent qu’ils sont définitivement des experts de la nuance, du détail où se niche le diable, et cela dès la païenne « Feu sacré » posant le ton général. La voix de Fredrik Bolzann reste le parfait exemple de ce tour de magie, par son anonymat de surface voilant une ferveur de meurtrier élégant, maître de cérémonie de cet appel au sang.

Il n’empêche que Swallow the Venom n’est pas, pour dire les choses franchement, un album qui changera la donne dans le petit cercle du doom metal. Classique autant que classe, il prend tant le parti-pris de correspondre au mieux à un style n’ayant pas besoin de changer, qu’il est finalement plus agréable que marquant, plus quotidien qu’inédit. Ce qui n’est pas nécessairement un défaut pour qui cherche, non pas une œuvre le tatouant à vie, mais une certaine définition d’un certain sous-genre. De fait, la note n’indique en rien l’amour que je porte à cette formation, ouvrière du doom n’oubliant pas d’y apporter ce qu’il faut d’identité. Après tout, inutile de maquiller ses sentiments ; il s’agit plutôt de les exprimer autant que possible, dans toutes leurs déclinaisons, leur complexité, sous une forme simple, sincère. Les amateurs de doom sauront sans doute de quoi je parle.

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Witchthroat Serpent
Psychedelic Doom Metal
2018 - Svart Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  9/10

plus d'infos sur
Witchthroat Serpent
Witchthroat Serpent
Psychedelic Doom Metal - 2011 - France
  

nouveaute
A paraître le 23 Novembre 2018

vidéos
Scorpent Serpion
Scorpent Serpion
Witchthroat Serpent

Extrait de "Swallow the Venom"
  

tracklist
01.   Feu sacré
02.   Lucifer's Fire
03.   Pauper's Grave
04.   The Might of the Unfailing Source
05.   Scorpent Serpion
06.   Hunt for the Mountebank
07.   Red Eyed Albino
08.   No More Giant Octopussies

Durée : 46 minutes 18 secondes

line up
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2016 - Deadlight Entertainment
  

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